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Intelligence artificielle : quand le conseil agricole passe à l'ère du "prompt"

Dans l'amphithéâtre du campus Naturapôle d'Yvetot, le 22 janvier dernier, une soixantaine d'agriculteurs lèvent la main pour livrer leur ressenti face à l'intelligence artificielle (IA). Le ton est donné : l'IA intrigue, interroge, mais surtout, s'invite dans les pratiques agricoles du quotidien...

Organisée par les Chambres d'agriculture de Normandie, la soirée a démystifié une technologie déjà bien présente sur le terrain. 

De la théorie aux champs 

" L'IA ne remplace pas le raisonnement humain, elle l'accompagne ", pose d'emblée Florian Fougy, responsable numérique & data des Chambres d'agriculture de Normandie (Can). Définitions, repères historiques, mythes et réalités : le cadre et les bases du sujet sont fixés dès l'ouverture.

D'un côté, l'IA spécialisée, déjà utilisée en agriculture pour la détection de maladies, le désherbage autonome, l'irrigation de précision ou la robotisation en élevage. De l'autre, l'IA générative, capable de produire du texte, des images ou des synthèses à partir de simples consignes, appelées "prompts". " La qualité de la réponse dépend directement de la qualité de la question ", résume l'intervenant.

Une erreur de diagnostic... révélatrice

Place au moment fort de la soirée : une mise en situation inspirée du terrain. Le public, photo de blé à l'écran, est invité à interroger une IA comme il le ferait sur son exploitation.

  • Premier essai : un prompt trop vague. Le blé serait atteint par la rouille jaune.
  • Deuxième essai : un rôle défini, un contexte agronomique détaillé, un stade de la culture, une météo, une variété... La réponse devient utile et le diagnostic tombe : une septoriose, et non une rouille jaune.

" Ce n'est pas l'outil qui fait l'erreur, c'est souvent l'utilisateur ", glisse Hugo Sigel, conseiller cultures à la Can. Le message passe : l'IA peut aider à décider, mais elle ne remplacera jamais l'œil et l'analyse de terrain.

Des applications déjà bien réelles

Du côté des grandes cultures, Gauthier Savalle, animateur agroéquipement à la Fédération des Cuma Seine-Normande, présente des outils d'aide à la décision et de pilotage des matériels : un pulvérisateur intelligent capable de distinguer les adventices de la culture principale (Ara de Ecorobotix), ou encore des trieurs optiques de pommes de terre incluant du Deep Learning pour accroître leur performance et leur précision.

Nicolas Maillard, expérimentateur à l'Institut technique de la betterave (ITB), présente quant à lui les différentes applications de l'IA dans son travail. Celles-ci s'étendent de la planification des essais, avec répartition aléatoire des modalités, jusqu'à la rédaction des comptes rendus annuels et des synthèses pluriannuelles.

En élevage, Anne-Sophie Courseaux, agricultrice et ancienne conseillère chez Lely, détaille l'apport des robots de traite dans la conduite de son élevage et les systèmes de suivi automatisés pour la santé et l'alimentation des troupeaux.

Vincent Lemonnier, agriculteur et représentant de Littoral Normand, met en lumière Pilot'Élevage, une solution numérique permettant de centraliser reproduction, identification, performances et suivi sanitaire.

Données, cadre légal et vigilance

L'enthousiasme de la salle est toutefois tempéré par un rappel essentiel : les données agricoles sont stratégiques. RGPD, Data Act, futur IA Act... Le cadre réglementaire évolue, et la prudence s'impose dans le partage d'informations sensibles font savoir les intervenants.

Une technologie qui s'ancre dans le réel

À Yvetot, l'intelligence artificielle n'a pas été présentée comme une révolution lointaine, mais comme un nouvel outil dans la boîte à outils du conseil agricole. Puissant, rapide, parfois bluffant mais toujours à manier avec méthode, esprit critique et expertise de terrain.•

Témoignage de Guillaume Burel, agriculteur et élu référent de l'antenne de Fauville-en-Caux 

" On observe aujourd'hui un développement de l'IA dans nos métiers. Nous, agriculteurs, avons besoin d'informations sur son fonctionnement et ses applications en agriculture. Le sujet de cette soirée a été choisi à la demande des agriculteurs de l'antenne de Fauville-en-Caux afin qu'ils puissent monter en compétence sur le sujet. Il faut savoir que, grâce à l'IA, plusieurs solutions existent pour les agriculteurs qui permettent de faciliter notre quotidien : systèmes automatisés, robotisés… Cette soirée nous a éclairés et nous a rappelé les principes de base à respecter ". 

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