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Installation : accueillir la nouveauté

Pour un renouvellement serein des générations, chacun doit s'impliquer à la hauteur de la diversité des aspirants agriculteurs.

© iSotck

« Si la ferme France vieillit, on ne peut pas parler de choc démographique. La pyramide des âges est celle des dirigeants de PME. Mais certains trouvent peut-être intérêt à dramatiser le sujet ». Ainsi Christophe Perrot (Idele) a-t-il planté le décor à l'occasion du séminaire final du Casdar Renouer*, le 10 février à Paris. Le taux de remplacement atteint 70 % au niveau national, mais il ne dépasse pas 50 % en Bretagne du fait de la persistance de « pertes d'emplois très importantes en élevage ». En revanche, la Bretagne installe la moitié des porteurs de projets qui avaient contacté son Point d'accueil installation (PAI), contre un tiers seulement au niveau national. La Charte de l'installation adoptée par la Région en 2014, qui associe désormais 35 partenaires, vise à atténuer les multiples causes de découragement mises en avant par les candidat(e)s à l'installation : attractivité et/ou pénibilité des métiers, accès au foncier et au capital, manque de références technico- économiques...

Pour tenter de rapprocher la valeur économique et la valeur patrimoniale d'une exploitation et, ainsi, favoriser le passage de flambeau, la coopérative Agrial entreprend des démarches auprès des futurs retraités, mais elle n'a pas encore trouvé "La" solution, reconnaît son 1er vice-président, Sébastien Chevalier. D'autres pistes existent : « les lycées agricoles sont pleins. Nous devons chasser en meute pour parler positivement et donner envie d'agriculture. Une fois le/la jeune installé(e), nous lui donnons des droits à produire pour lui offrir une visibilité à 4 ou 5 ans », explique en substance l'agriculteur mayennais.

Penser les Nima

Les Cuma, elles aussi, se veulent un « outil d'aide à l'installation », assure Pierre Supervielle, secrétaire général de la Fédération nationale des Cuma, dans la mesure où la mécanisation représente 35 % des charges en France, « contre 19 % en moyenne européenne », note-t-il. L'association Terre de liens apporte aussi sa pierre à l'édifice en achetant des fermes (437 à ce jour), ou, parfois seulement, en mettant un logement à la disposition du/de la futur(e) exploitant(e). « Mais cela peut faire la différence », témoigne Caroline Dumas, chargée de mission installation. Le nœud du problème, c'est la « reprenabilité » des fermes, résume Marie-Isabelle Le Bars, chargée de mission installation-transmission à la Chambre d'agriculture de Bretagne.

Bertille Thareau, enseignante- chercheuse à l'École supérieure d'agriculture d'Angers (ESA), relève, elle aussi, une inadéquation entre l'offre de fermes à reprendre et les projets ou les moyens des potentiels repreneurs. Cela impose de repenser «  les modèles économiques des modalités d'installation. Les non-issus du milieu agricole (Nima) ont des coûts plus importants. Il faut l'objectiver pour adapter l'accompagnement mais la question est encore flottante au sein des organisations. » Pourtant, assure-t-elle, la « rupture de la transmission familiale » est engagée : un tiers des nouveaux agriculteurs s'installe hors cadre familial (HCF), la moitié seulement est l'enfant d'un agriculteur - c'est 80 % pour les exploitants en place et c'était 90 % par le passé, note Christophe Perrot. Les HCF exploitent des fermes plus petites (50 ha vs 80 ha), plus souvent en ovin-caprin ou maraîchage, moins souvent en élevage bovin ou en grandes cultures. Ils sont plutôt mieux formés que la moyenne alors que, globalement, un tiers des installés n'a pas de formation agricole, souligne Bertille Thareau. Alors, les trois quarts des nouveaux agriculteurs seront-ils des Nima d'ici à dix ans, comme l'envisageait Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, en 2023 ?•

Renouvellement des actifs : cooperation entre organisations locales pour l'accompagnement de nouveaux projets.

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