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Financement des projets de méthanisation : de nombreuses solutions possibles en Normandie

Étape cruciale pour la réussite d’un projet de méthanisation, son financement. La Normandie accompagne les porteurs de projets. Tour d’horizon des solutions existantes.

© D. R.

Une unité de méthanisation représente un investissement qui peut aller de plusieurs centaines de milliers d’euros à plusieurs millions. La recherche de financement est donc une étape cruciale pour mener à bien un projet de méthanisation, particulièrement dans le contexte actuel de diminution des aides publiques, d’évolution des tarifs, de hausse des taux d’emprunts et d’inflation des coûts des projets. Il existe toutefois en Normandie de nombreux dispositifs mobilisables pour faciliter le financement de ces projets.

La méthanisation encore subventionnée en Normandie

Classiquement, les porteurs de projet mobilisent leurs fonds propres, sollicitent les financeurs publics pour obtenir des subventions et font appel à une ou plusieurs banques pour financer la part restante par de l’emprunt. En Normandie, la puissance publique accompagne le développement de la méthanisation depuis de nombreuses années. La part des aides publiques reste relativement élevée dans le financement des projets : 10 % à 15 % de l’investissement lorsque les projets sont éligibles. Ces subventions proviennent de l’Ademe et des fonds européens Feder gérés par la Région Normandie. À cela s’ajoute un dispositif de prêt à taux zéro mobilisable auprès de l’Agence de développement de la Normandie.

Les tiers investisseurs, une solution sans perdre la gouvernance

Compte tenu de l’ampleur des sommes en jeu, les porteurs de projet ne disposent pas toujours d’assez de fonds propres pour boucler leur financement. Ils peuvent alors faire appel à des tiers investisseurs publics ou privés. Ceux-ci investissent dans le projet tout en restant minoritaires. Ils peuvent aussi jouer un rôle précieux d’accompagnement dans le développement du projet. La SAS Métha Groupe des Marais dans la Manche travaille ainsi en partenariat avec la SEM West Energies. Bruno Martin, agriculteur et président de la SAS, témoigne : « L’avantage c’est que nous sommes restés majoritaires, nous exploitants. La SEM nous a apporté une garantie auprès des banques. Ce partenariat nous a vraiment aidés. »

Le financement participatif, un levier économique mais aussi social

Un autre type de financement peut venir compléter le tour de table : le financement participatif. Celui-ci peut prendre la forme d’un investissement citoyen : les riverains prennent une participation dans le projet sur toute la durée d’exploitation et accèdent à la gouvernance. Plus classiquement, il prend la forme d’un prêt participatif. Plus coûteux que des prêts classiques, ces dispositifs sont néanmoins intéressants pour débloquer des financements bancaires. Sébastien Gros, chargé d’affaires énergies renouvelables à la Banque Populaire Grand Ouest précise : « Mieux vaut un projet qui aboutit avec un outil de financement un petit peu plus coûteux qu’un projet qui ne se fait pas. » Outre les aspects financiers, ce type de financement permet d’intéresser la population au projet et de faciliter ainsi son intégration dans le territoire. •

 

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