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Fête des mères : « Demandez de la fleur française à vos fleuristes ! »

Pour votre maman, pourquoi ne pas offrir un joli bouquet de fleurs normandes ? Le choix et la qualité sont au rendez-vous chez nos floricultrices seinomarines.

En 2021, Alice Boissonnet s'est reconvertie dans la production de fleurs coupées, elle a passé son BTS horticulture bio en distanciel à l'ESA d'Angers, et a créé son entreprise "Du vent dans les bottes". À l'époque elle a la seule ferme florale du département de Seine-Maritime. Aujourd'hui, elles sont deux à proposer une fleur locale aux fleuristes seinomarins grâce à l'installation de Chloé Buquet de la Ferme florale de Villedieu à Haucourt, dans le pays de Bray.

Un beau printemps pour la production de fleurs

Cette année, toutes les conditions sont réunies pour une belle production de fleurs, la lumière et le soleil sont au rendez-vous. « J'ai commencé mon activité avec une année de pluie. Cela a été très compliqué mais cette année je suis contente de mes cultures. Tout est très beau et arrive au bon moment », se réjouit Alice.

La jeune femme produit des fleurs vivaces et des annuelles sur environ 9 000 m2 et 580 m2 de serres, sur un terrain familial situé à Héricourt-en-Caux. Cette année, il y a quelques nouveautés parmi la centaine de variétés cultivées : la nielle des blés et les campanules. Alice produit également du feuillage et des variétés de graminées qui donnent beaucoup de légèreté aux bouquets.

Les fleuristes encore trop timides

La floricultrice se rend au marché d'intérêt national (Min) de Rouen deux fois par semaine, avec ses fleurs récoltées la veille. Elle vend aux fleuristes, ainsi qu'au grossiste Agora implanté sur le Min rouennais.

Elle vend également en direct sur le marché des Prés d'Artemare, à Saint-Vaast-Dieppedalle, les vendredis soirs et propose des bouquets à la commande pour les particuliers, à venir chercher dans son atelier de Criquetot-sur-Ouville où elle a une chambre froide. « Je travaille aussi beaucoup avec des fleuristes événementiels, Bouquet Passion à Luneray et Les fleurs de mademoiselle à Roumare. C'est très agréable car elles osent, elles ont envie de nouveautés et de couleurs. Elles nous font confiance à Chloé et moi ».

Alice aimerait vendre plus de fleurs aux fleuristes locaux qui sont encore trop timides pour proposer des produits un peu différents, moins classiques à leurs clients : « Aujourd'hui, ils n'ont plus à avoir peur de l'approvisionnement car nous sommes deux sur le département avec Chloé. Nous préparons les commandes, nos fleurs ne sont pas plus chères que les fleurs importées, elles sont plus résistantes en vase et l'empreinte carbone est beaucoup moins élevée car il y a moins de transport, pas d'avion, ni de longs trajets en camion. Il nous faut communiquer tous ces avantages auprès des fleuristes locaux qui défendent encore trop peu la fleur française ». Adhérente au Collectif de la fleur française, Alice qui participe à la reconstruction d'une filière floricole locale, est depuis peu formatrice au sein de Naturapôle.

Chaque plante a un rendement et un coût de revient

« Depuis quatre ans que je suis installée, j'apprends à apprivoiser le sol de la parcelle qui est plutôt pauvre et séchant. Je maîtrise mieux mes successions de cultures. Il y a deux à trois cultures par saison sur chaque planche. J'ai appris à mieux planifier les différents chantiers de plantation, semis et récolte. C'est important de bien optimiser l'espace pour que mon activité soit rentable. Je cultive avec un objectif de production. Chaque plante a un rendement et un coût de revient. Je produis des fleurs, je ne fais pas mon jardin. Nous devons récolter au bon moment et au bon stade. Cela doit être de l'ultra frais, la qualité n'est pas une option pour le fleuriste. J'ai acheté un tracteur qui me permet de cultiver plus vite et d'être moins dépendante de la météo. J'ai délégué la partie semis à l'entreprise Dehais à Lillebonne qui travaille très bien et qui me permet de me décharger un peu en travail », explique Alice qui a deux salariées et une stagiaire. « Je vais avoir besoin d'embaucher une à deux personnes pour deux jours par semaine, pour la cueillette ».•

 

Du vent dans les bottes : bouquets sur commande au 06 52 40 96 00.

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