Aller au contenu principal

Être vétérinaire pendant le confinement.

Urbain ou rural, vétérinaire est un métier difficile. À quelques jours du déconfinement, Benoit Grosfils analyse une crise sanitaire qui laissera des traces.

file-alt-63662
© Bernard Griffoul

Depuis la mi-mars, les vétérinaires sont studieux et appliqués,« car on leur a demandé de rester ouverts, de faire les urgences et de reporter tout ce qui peut l’être » déclare Benoit Grosfils le Président du conseil de l’ordre des vétérinaires de Normandie. Seulement, selon le praticien « cela a posé des problèmes au niveau de la gynécologie des juments en pleine saison, des vaches parce que ce n’est pas urgent alors que les inséminateurs continuent à en faire ou encore pour les vaccinations des chiens quand on dépasse les dates des rappels ». Malgré la poursuite de la prophylaxie, il s’interroge aussi sur « la certification des bovins qui partent à l’étranger. Cela parait bizarre ce mélange de l’urgence économique vis-à-vis du médical ».

 

Apprendre à travailler différemment

Malgré cela, l’ordre des vétérinaires a donné des préconisations pour les cabinets et la pratique en ferme :« recevoir les clients un à un pour conserver la distanciation sociale et assurer les gestes barrières. Nous avons aussi tous réclamé la téléconsultation encadrée pour une téléexpertise afin d’échanger avec les spécialistes et pour le suivi de dossier avec les clients. L’ordre national a déposé un projet au ministère de l’Agriculture. Le dossier est passé le 8 avril en Conseil des ministres et sera débattu au Conseil d’Etat fin avril pour une dérogation de six mois. Cela aurait été bien trois semaines plus tôt, mais cela permettra tout de même d’essayer pour le futur » explique Benoit Grosfils.

 

Vers un déconfinement progressif

À l’annonce du président de la République Emmanuel Macron, celui du Conseil de l’Ordre des vétérinaires de Normandie a bien retenu la date du 11 mai. Selon lui, les instances ordinales « aimeraient bien que ce soit un déconfinement progressif toujours dans le respect des gestes barrières et la distanciation sociale. Conserver pendant encore des semaines l’accueil individuel des clients afin que chacun puisse se prémunir et s’équiper. Ensuite, pour la pratique, autoriser tous les actes ».

 

Une expérience épuisante

Avec 25 ans d’expérience, le vétérinaire tire de cette période le sentiment « d’avoir prêché dans le désert. La majorité des professionnels ont bien réagi, mais il y a toujours des cas. Ceux qui s’en moquaient ! Nous avons été exemplaires dans la région même si le retour ne fut pas à la hauteur. Nous avons voulu prêter des respirateurs. A priori, il y en avait trop, ils n’ont pas été demandés. On a proposé de participer à la réserve sanitaire, on n’a même pas eu un demi-mail d’accusé de réception. Il y a une dizaine de jours, j’ai écrit au président de Région Hervé Morin pour lui demander des masques. Toutes les régions ont été dotées sauf nous. J’attends toujours la réponse (interview réalisé le lundi 27 avril). Il sera difficile d’envoyer les salariés au casse-pipe sans équipement de protection ! ».  Pour conclure, Benoit Grosfils affirme que la profession va souffrir. « Moins dans le rural que l’urbain et surtout l’équin. Je pense que la crise va achever les cabinets à la limite de la rentabilité. Les plus fragiles ne passeront pas l’année. Notamment, chez les vétérinaires ruraux. La crise va les pousser vers la sortie ».

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Union agricole

Les plus lus

Les ovalies.
Les Ovalies, un tournoi de rugby universitaire unique en Europe

La 31e édition des Ovalies va se dérouler les 8 et 9 mai prochains au stade Marcel-Communeau de Beauvais (Oise). L'…

Pour Albéric Avenel, « Chaque brin d’herbe doit servir à faire du lait ».
Prolonger le pâturage l’été grâce aux stocks sur pied

Stocker de l’herbe sur pied est une technique simple, économique, qui peut s’adapter à différents contextes. Elle fait partie…

Jérémie Fleury, président de la Cuma du Bosmelet : « le fissurateur fait le boulot des vers de terre. Peut-être que dans dix ans, lorsqu’on aura retrouvé une population de vers de terre suffisante, on ne s’en servira plus. C’est notre but. Mais pour le moment, on ne peut pas faire sans. »
Casser les semelles de travail : fissurateur ou décompacteur ?

L’attention accrue portée à la structuration des sols conduit de nombreux agriculteurs à s’intéresser au fissurateur. Celui-ci…

Paul-Henry Langlois : « je ne suis pas stressé de nature. Quand je me lève le matin,  je me dis que je fais le plus beau métier du monde ».
Rencontre avec le nouveau président de JA Normandie

Paul-Henry Langlois vient de succéder à Emmanuel Roch à la présidence de JA Normandie. De la ferme du Château à Chavigny-…

De g. à d. : Hélène Méline, salariée, Jean-Joseph Roussignol, président de l'association, Jean-Luc Duclos, trésorier, et Sophie Adam, vice-présidente.
Solidarité Paysans 76 : un collectif toujours sur le pont

L'association Solidarité Paysans 76 qui vient en aide aux agriculteurs en difficulté a tenu son assemblée générale le 23…

Courses de tracteurs à pédales à la ferme des Châtaigniers à Catenay.
Carton plein pour la Chasse aux œufs à la ferme

Ce samedi 4 avril, pour la 4e édition, deux fermes de Seine-Maritime ont vibré au rythme des enfants : la…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 300 €/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site L'Union agricole
Consultez le journal L'Union agricole au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal L'Union agricole