Enrubannage : une teneur en matière sèche à maîtriser
Face à des conditions climatiques de plus en plus instables, l’enrubannage s’impose comme une solution fiable pour récolter des fourrages de qualité. Mais cette technique exige rigueur et précision à chaque étape. De la fauche au stockage, quels sont les points clés à maîtriser pour garantir une conservation optimale et une valeur alimentaire élevée ?
Face à des conditions climatiques de plus en plus instables, l’enrubannage s’impose comme une solution fiable pour récolter des fourrages de qualité. Mais cette technique exige rigueur et précision à chaque étape. De la fauche au stockage, quels sont les points clés à maîtriser pour garantir une conservation optimale et une valeur alimentaire élevée ?
Méthode de récolte réputée souple et adaptée aux petites surfaces, l’enrubannage s’est imposé comme une solution intermédiaire entre ensilage et foin, avec des atouts bien spécifiques. Mais ses avantages ne sont réels que si la technique est bien maîtrisée. À la différence de la voie sèche, ce mode de conservation permet de récolter des fourrages plus humides, qui s’avèrent donc plus riches en protéines.
50 à 60 % de matière sèche
Toutes les espèces se prêtent à la conservation enrubannée. Même si d’une manière générale, les mélanges prairiaux ou les légumineuses demeurent plus délicats à travailler. Le fourrage est récolté avec un taux de matière sèche (MS) compris entre 50 et 60 %, contre 80 % pour le foin. « Bien qu’il soit possible techniquement de réaliser de l’enrubannage à des teneurs en MS inférieures, précise l’institut Arvalis, ce seuil constitue une sécurité vis-à-vis des risques sanitaires et de la qualité protéique du fourrage. En deçà, le risque de formation d’acide butyrique augmente rapidement, tandis qu’au-delà, la menace viendra de la moisissure. » Précision : ce pourcentage doit toutefois « être homogène sur la totalité de la balle, et non simplement une moyenne ».
On évitera de faucher trop ras. La Chambre d’agriculture préconise de viser « une hauteur minimale de 5 cm, idéalement 7-8 cm, pour faciliter le séchage et éviter l’incorporation de terre, source de spores butyriques ».
La qualité de l’enrubannage repose également sur la confection de balles à la fois denses et faciles à manipuler. Un andain large et régulier favorise un remplissage optimal de la chambre de pressage.
Le type de presse joue aussi un rôle : les modèles à chambre variable permettent généralement d’atteindre des densités plus élevées que ceux à chambre fixe.
Bien stocker
La bonne conservation en enrubannage repose avant tout sur le maintien d’un milieu anaérobie. L’intégrité du film plastique est donc déterminante : la moindre perforation peut entraîner une dégradation rapide du fourrage.
Trop souvent choisi sur le seul critère du prix, le choix de ce film joue pourtant un rôle déterminant. Étanchéité à l’air, résistance mécanique, tenue dans le temps : autant de paramètres qui dépendent directement de ses caractéristiques.
Les balles doivent être manipulées avec précaution et leur stockage se fait de préférence sur un sol propre et drainé, à l’abri des objets tranchants et des animaux susceptibles d’endommager le plastique. Le choix d’un emplacement stable permettra un gain de temps autant qu’une meilleure conservation. Un contrôle régulier est conseillé.
Il convient d’attendre environ trois semaines, soit la fin de la fermentation lactique, avant de procéder à la distribution des fourrages enrubannés. Un point d’autant plus important pour les espèces riches en protéines. Après ouverture, il sera donc nécessaire de le consommer rapidement pour en conserver sa qualité.•
Rotocut : pour réduire la taille des brins
De plus en plus répandu, le système de hachage rotocut réduit la longueur des brins de fourrage, facilitant ainsi la distribution de la ration et limitant les refus. Situé entre le pick-up et la chambre de la presse, son utilisation entraîne toutefois une consommation de carburant légèrement supérieure. Sur des fourrages sensibles comme la luzerne, il peut accentuer les pertes mécaniques. Son impact sur la conservation reste limité, notamment au-delà de 45 % de MS. En revanche, il contribue à améliorer légèrement la densité des balles, sans que cet effet soit systématique.