Aller au contenu principal

Taxe carbone
Engrais : un accord européen valide la mise en œuvre progressive d’une taxe carbone à partir de 2026

Après une semaine de négociations difficiles à Bruxelles, les institutions européennes sont parvenues le 18 décembre à un paquet de compromis qui va notamment permettre l’entrée en vigueur progressive d’un mécanisme d’ajustement carbone aux frontières de l’UE touchant le secteur des engrais. Les organisations agricoles de l’UE craignent que ce dispositif entraîne une nouvelle hausse des prix.

 

En 2034, le dispositif “taxe carbone” entrera pleinement en application et touchera le secteur des engrais.
© Gabriel Omnès

Les négociateurs du Parlement européen et du Conseil avaient conclu le 13 décembre un accord sur un mécanisme d’ajustement carbone aux frontières de l’UE dont les détails, notamment sa date d’entrée en vigueur effective, dépendaient des discussions à venir sur la révision du système d’échange de quotas d’émission de l’UE. Un compromis a été trouvé dans la nuit du 17 au 18 décembre (après 29 heures de pourparlers) sur ce deuxième volet. Il prévoit la suppression progressive à partir de 2026 des quotas alloués gratuitement aux industriels du l’UE. Au moins 2,5 % de ces quotas seront supprimés en 2026, puis 10 % en 2028, 48,5 % d’ici 2030, et ils disparaîtront totalement en 2034, date à laquelle la “taxe carbone” pourra donc pleinement entrer en application. Une période-test sera lancée en octobre 2023, durant laquelle les entreprises importatrices devront seulement collecter des données puis à partir de 2026 elles commenceront à déclarer les émissions liées au processus de production, et si celles-ci dépassent le standard européen, acquérir un certificat d’émission au prix du carbone dans l’UE.
Ce dispositif s’appliquera à l’acier, à l’aluminium, au ciment, à l’électricité, à l’hydrogène et – au grand dam des organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) – aux engrais. « Le prix du carbone s’établira autour de 100 euros/tonne pour les industries. Aucun autre continent n’a un prix du carbone aussi ambitieux », s’est réjoui l’eurodéputé Pascal Canfin qui préside la commission de l’environnement au Parlement européen. Et pour que les industriels concernés ne soient pas désavantagés sur le marché mondial, un mécanisme sera élaboré d’ici 2025 pour soutenir les industriels européens exportant vers des pays hors UE sans tarification carbone comparable. Ces nouveaux paramètres conduiront à une réduction des émissions des secteurs couverts par le système de 62 % d’ici à 2030.

« Insupportable » pour les agriculteurs

Pour le Copa-Cogeca, ce mécanisme d’ajustement carbone aux frontières va « faire grimper les prix des engrais en flèche, augmentant le coût de la production agricole en Europe, tout en rendant l’utilisation de produits alimentaires importés plus compétitive et plus attractive ». Une « double peine » jugée « insupportable, compte tenu de l’augmentation actuelle et prévisible du prix des engrais, qui ont déjà atteint un niveau historique ». Le Copa-Cogeca demande donc soit d’étudier la possibilité d’inclure à l’avenir l’agriculture dans le mécanisme afin de la protéger des importations de pays tiers, soit de développer un autre instrument adéquat pour empêcher les fuites de carbone dans l’agriculture. L’organisation bruxelloise demande aussi que les revenus générés par le nouveau système permettent de soutenir les secteurs touchés tels que l’agriculture. •
 

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Union agricole

Les plus lus

Les Prés d’Artemare à Saint-Vaast-Dieppedalle (22 juillet).
Concerts à la ferme : carton plein en Seine-Maritime

Près de 900 personnes sont venues assister aux cinq concerts à la ferme qui se sont tenus en Seine-Maritime du 20 au 24…

L'aide à l'achat d'engrais minéraux azotés simples va de 50 à 70 € la tonne. Épandage d'engrais azoté sur blé.
Plan engrais 2026 : l'aide est aujourd'hui disponible

Le dispositif d'urgence exceptionnel qui accompagne les exploitations agricoles face à la hausse des coûts des intrants liée…

Philippe Sellier, membre du bureau de la FNB et éleveur allaitant dans l'Eure, martèle, devant le directeur de l'abattoir, que Bigard, leader français des abatteurs, orchestre une baisse continue des prix qui in fine se retournera contre toute la filière.
Les éleveurs bovins dénoncent des baisses de prix injustifiées

Dès 4 heures du matin, mardi 28 juillet, près d'une centaine d'agriculteurs venus de tous les départements normands ont bloqué…

Adoption définitive de la loi d'urgence agricole le 21 juillet 2026. Pour la FNSEA, « cette loi constitue une véritable bouffée d'oxygène pour les exploitations agricoles ».
Adoption définitive de la loi d'urgence agricole

L'Assemblée nationale puis le Sénat ont définitivement adopté le projet de loi d'urgence agricole mardi 21 juillet au soir.…

Au printemps, David Léger composte la litière deux fois à 15 jours d'intervalle. Il l'épand ensuite, sans l'incorporer sur ses prairies temporaires.
Une litière en plaquette bois pour booster la vie du sol

À Esteville, les vaches de David Léger logent sur une litière mixte construite sur de la plaquette bois. Sans impact sur le…

Au 20 juillet, les prairies sont fortement touchées par la sécheresse. Les éleveurs s'inquiètent pour les fourrages à venir.
Sécheresse : mobilisation autour des fourrages

Face à la baisse des fourrages, les éleveurs s'inquiètent. Le réseau FDSEA-FRSEA de Normandie lance une enquête afin d…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 300 €/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site L'Union agricole
Consultez le journal L'Union agricole au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal L'Union agricole