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Du colza associé à des plantes compagnes pour un gain avéré

Semer des légumineuses dans le colza est une pratique qui se répand. Gain en rendement et économie d’azote sont les principaux avantages. La Groupe Carré abordait le sujet lors d’une journée technique le 22 juin, sur sa ferme pilote de Gouy-sous-Bellone (62).

colza associé à des plantes compagnes
© Cérience

Trois quintaux par hectare de plus en moyenne, et 30 unités d’azote économisées. Comptez aussi sur une amélioration de l’exploitation racinaire, une diminution du risque altises et méligèthes, du nombre d’adventices, et donc une réduction de l’indice de fréquence de traitement (IFT). Ce sont les résultats qui se dégagent des essais que mènent le négoce nordiste Groupe Carré (62), et le semencier Cérience, sur le colza associé à des plantes compagnes. Comptez entre 30 et 60 euros/ha de semences certifiées selon les espèces choisies, pour 30 à 130 euros/ha de marge supplémentaire. La technique est donc vite rentable au vu de ses bénéfices. Mais ces résultats dépendent cependant d’une technique bien maîtrisée.
Première étape : réussir le semis. « Il faut pouvoir semer le plus tôt possible après la moisson, idéalement avant une pluie annoncée », préconise-t-on au Groupe Carré. Le facteur limitant, pour le semis de plantes compagnes, est alors le matériel. Le plus adapté est un semoir double trémie pour un semis en un seul passage : une trémie pour le colza, l’autre pour la plante compagne. Avec une simple trémie, le semis en un seul passage peut aussi être envisagé, avec un mélange colza-plante compagne bien dosé. Un semis des plantes compagnes au semoir à céréales, puis un semis du colza cinq jours plus tard au semoir à précision se pratique également. La nutrition optimale du colza devra alors être assurée pour une bonne levée : « Un apport de phosphore au semis, ainsi que de fertilisant minéral ou organique sont des facteurs favorables à l’obtention d’un colza robuste ».
Quelles espèces choisir ? Des légumineuses essentiellement, pour leur apport d’azote. « Les espèces sont choisies au regard de leur facilité d’implantation et de destruction ». Selon les pratiques de l’agriculteur, telle espèce sera plus judicieuse qu’une autre. La fèverole est plébiscitée, mais la lentille et le fenugrec sont également appréciés pour leur précocité et leur vulnérabilité au gel. 
Autres critères de choix : la rapidité de croissance à l’automne, ou encore la puissance du système racinaire pour lutter contre l’hydromorphie. Le semencier Cerience propose un mélange avec 50 % de trèfle d’Alexandrie et 50 % de fenugrec, à semer entre 5 et 10 kg/ha.

Un désherbage raisonné

L’association de plantes compagnes nécessite d’adapter les programmes de désherbage classiques du colza, tout particulièrement les interventions antidicotylédones. « Le risque est de détruire la plante compagne avant qu’elle ne soit suffisamment développée pour bénéficier au colza. » La technique est donc à réserver pour des parcelles relativement propres. La destruction du couvert, elle, se fait en général en entrée d’hiver, par voie chimique. •

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