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santé
"Dormir est un réflexe du corps quand il ne contrôle plus rien"

Le sommeil n'est pas quelque chose que l'on décide mais c'est une réponse au corps qui peut alors se mettre en "off". La Fédération des Groupements féminins de développement agricole et rural (GFDAR) a organisé un atelier sur le sommeil en janvier pour mieux comprendre son mécanisme.

Le système nerveux doit recevoir des signaux corporels très clairs, pour lui faire comprendre que la journée est terminée, qu'il n'y a plus rien à gérer. Les écrans sont quant à eux à proscrire.
Le système nerveux doit recevoir des signaux corporels très clairs, pour lui faire comprendre que la journée est terminée, qu'il n'y a plus rien à gérer. Les écrans sont quant à eux à proscrire.
© Shutterstock

Qu'est-ce qui empêche le corps de s'arrêter ? Pourquoi n'arrive-t-il pas à se mettre en "off" pour se reposer. La Fédération des Groupements féminins de développement agricole et rural de Seine-Maritime s'est intéressée au sujet. Lors d'une réunion le 22 janvier dernier à Tôtes, elle avait sollicité des spécialistes qui ont donné quelques pistes de compréhension ainsi que quelques conseils.

Apprendre à se mettre en "off"

Nous sommes tous très actifs, toujours en mode "action" et si le cerveau ne reçoit pas le message que la journée est finie, qu'il faut se mettre en mode "off", le sommeil ne peut pas venir. Donc pour que le sommeil arrive, le système nerveux doit recevoir des signaux corporels très clairs, pour lui faire comprendre que la journée est terminée, qu'il n'y a plus rien à gérer, que l'on peut relâcher le contrôle. Ces signaux n'ont pas besoin d'être compliqués, bien au contraire : on pense très vite à la respiration mais il peut y avoir bien d'autres rituels à mettre en place, en fonction des sensibilités de chacun : la lenteur des gestes, le toucher, les rythmes répétitifs, l'automassage... « Tant que le corps ne se sent pas en sécurité, le mental reste de garde. Le but est de laisser un message à notre système nerveux », explique Caroline Hucher, réflexologue, professionnelle dans la prévention et la gestion du stress dans le style : « tu peux ralentir, quelqu'un veille ».

Pourquoi le sommeil se dérègle ?

Dans nos journées chargées, nous mettons souvent de côté la partie émotionnelle pour continuer à avancer et souvent, la nuit, quand tout est calme, les émotions ressortent. Si nous sommes toujours en mode gestion, les troubles du sommeil peuvent apparaître.

S'endormir, c'est tout lâcher : ses muscles, sa volonté, son attention et le temps. « Ce n'est pas facile de supprimer son stress mais il est possible d'aider notre corps à retrouver de l'apaisement par la respiration, le sport, l'alimentation, la lecture, quelques petits rituels qui font comprendre à notre système nerveux que la journée est finie, que nous n'avons plus rien à gérer, rien à retenir. Le sommeil apparaît quand on se sent en sécurité », ajoute Caroline Hucher.

En fait, il s'agit d'inviter notre corps à aller vers autre chose que l'hypervigilance pour que notre sommeil revienne naturellement. Par exemple, « la cohérence cardiaque est une technique de respiration pour détendre le système nerveux et soulager les tensions. Cette respiration propose au corps de se calmer. Prendre 5 minutes 3-4 fois dans la journée peut être bénéfique sans que cela soit trop contraignant. Il existe beaucoup de petites applications proposant la cohérence cardiaque sur nos téléphones portables ».

Oméga-3 et tryptophane

Après respirer et s'hydrater, dormir est le troisième besoin vital de l'Homme, avant de se nourrir. « L'Homme est le seul animal qui peut devenir insomniaque car il a une capacité à trop penser. Il veut toujours être performant et résister à tout », ajoute la naturopathe Sophie Caugy. « Mais pour résister, notre corps produit du cortisol qui l'abîme. Si la production de cette hormone du stress est trop importante, cela peut induire un mauvais sommeil et aller jusqu'au burn-out. La nuit, quand nous dormons, le corps se nettoie du cortisol ».

En parallèle de la mise en place de rituels pour faire comprendre à notre cerveau que la journée de travail est terminée, l'alimentation peut aider à préparer son sommeil. Par exemple, les oméga-3 ont un rôle d'apaisement. Il y a de nombreux aliments riches en oméga-3 : les poissons gras, l'avocat et les oléagineux (noix, noisette, noix de cajou, amande...), mais aussi l'huile de lin et l'huile de colza, également très riches en oméga-3.

Pensées positives

Il est conseillé de dîner plus léger, réduire le sel et les excitants, la charcuterie et les fritures, favoriser la volaille le soir plutôt que le bœuf, réduire le sucre, favoriser, les légumes.

Le tryptophane est un acide aminé essentiel précurseur de la sérotonine, hormone qui favorise la régulation de l'humeur et de la mélatonine qui est l'hormone du sommeil. C'est vers 17 heures, que notre corps produit le tryptophane, la mélatonine et la sérotonine.

Mais plus le corps vieillit, plus la production de mélatonine se réduit. La consommation d'aliments riches en tryptophane (banane, pommes, ananas, fraises, chocolat noir) à partir du goûter peut donc favoriser le sommeil.

Quelques tisanes apaisantes peuvent convenir à certains : la valériane agit sur les ruminations mentales et la passiflore sur les anxiétés, le tilleul fait partie des hypnotiques comme le coquelicot.

Écouter le train du sommeil, c'est-à-dire écouter son corps. Quand il se refroidit le soir, c'est un signe qu'il est temps d'aller se coucher. « Je conseille de ne pas se coucher fâché ou de mauvaise humeur. Et penser à des choses agréables, les petits moments sympas de sa journée par exemple », conclut Sophie Caugy.•

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