Aller au contenu principal

Des inégalités entre les jeunes femmes des villes et celles des champs.

Alors que le gouvernement vient de nommer un nouveau secrétaire d'Etat à la Ruralité, la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (DREES) qui dépend de différents ministères, vient de publier une étude soulignant les inégalités de formation et d'emploi entre les jeunes femmes rurales et leurs homologues urbaines.

file-alt-63594
© Pixabay - composition : E.P.

Si l'on en croit l'étude que la DREES a rendue publique fin juillet, il existe bien d'un côté les femmes des villes et de l'autre, celle des champs que de nombreuses caractéristiques semblent différencier. La DREES s'est basée sur des statistiques de 2014 pour réaliser cette étude sur les jeunes femmes, âgées de 18 à 24 ans. Celles-ci représentent environ 45 % de cette strate d'âge habitant à la campagne contre 50  % pour celles qui habitent en ville. « De fait, parmi les jeunes issus du monde rural, les femmes quittent plus souvent leurs territoires que les hommes à ces âges », expliquent les statisticiens de la DREES. Ils remarquent aussi que fin 2014, 46 % des jeunes femmes rurales étaient en cours d'études contre 55 % pour leurs alter-ego urbaines. Les premières (47 %) visent d'ailleurs « des études plus courtes  » (Bac+3) que les secondes (35  %). Ce phénomène s'explique en partie « par la structure de l'emploi dans les territoires ruraux, caractérisée par une demande d'emploi peu qualifiée [...] source d'une ambition professionnelle plus limitée  », explique l'étude. Les jeunes citadines visent un Bac+5 qui leur donnerait plus aisément un poste à responsabilité avec de meilleures opportunités de rémunération.

 

Davantage d'activités sportives

Cela étant, après leurs études, les jeunes femmes rurales trouvent aussi souvent un emploi (59  %) que les urbaines (61 %) mais moins que les jeunes hommes ruraux (64 %) « ce qui peut s'expliquer, en partie par des choix différenciés de formation ainsi qu'un tissu d'emploi aggravant la ségrégation professionnelle », toutes choses égales par ailleurs, tient à préciser la DREES. Il n'en reste pas moins que les jeunes femmes ont des emplois plus précaires (à durée déterminée, aidé, intérim.) à la campagne (41 %) qu'à la ville (34 %), avec des horaires plus irréguliers  : « En effet, 30 % des jeunes rurales n'ont pas d'horaires de travail fixes contre 24 % des jeunes urbaines  », indique la note. Par ailleurs, les femmes des territoires ruraux vivent plus souvent en couple, à âge identique (43 %), qu'en milieu urbain (30 %) et doivent ainsi assumer une vie de famille plus rapidement. Elles déclarent aussi dépenser autant d'argent que celle des villes pour leurs loisirs mais « davantage pour des activités sportives et deux fois moins pour voyager à l'étranger », rapporte la DREES qui explique cette tendance par le fait qu'en zone rurale « l'accessibilité plus faible [...] à des moyens de transport internationaux peut limiter la possibilité de partir en voyage  ». Cependant, les jeunes rurales déclarent aussi moins souvent se priver de loisirs (livres, ordinateur, tablette, sorties culturelles...) que les jeunes urbaines. « Elles sont 62 % à ressentir au moins une privation contre 70 % chez les urbaines  ». Finalement, selon cette étude, les jeunes femmes rurales seraient moins favorisées qu'en ville. Voilà de quoi donner un peu de grain à moudre au nouveau secrétaire d'Etat à la Ruralité, Joël Giraud.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Union agricole

Les plus lus

Les Prés d’Artemare à Saint-Vaast-Dieppedalle (22 juillet).
Concerts à la ferme : carton plein en Seine-Maritime

Près de 900 personnes sont venues assister aux cinq concerts à la ferme qui se sont tenus en Seine-Maritime du 20 au 24…

L'aide à l'achat d'engrais minéraux azotés simples va de 50 à 70 € la tonne. Épandage d'engrais azoté sur blé.
Plan engrais 2026 : l'aide est aujourd'hui disponible

Le dispositif d'urgence exceptionnel qui accompagne les exploitations agricoles face à la hausse des coûts des intrants liée…

Adoption définitive de la loi d'urgence agricole le 21 juillet 2026. Pour la FNSEA, « cette loi constitue une véritable bouffée d'oxygène pour les exploitations agricoles ».
Adoption définitive de la loi d'urgence agricole

L'Assemblée nationale puis le Sénat ont définitivement adopté le projet de loi d'urgence agricole mardi 21 juillet au soir.…

Philippe Sellier, membre du bureau de la FNB et éleveur allaitant dans l'Eure, martèle, devant le directeur de l'abattoir, que Bigard, leader français des abatteurs, orchestre une baisse continue des prix qui in fine se retournera contre toute la filière.
Les éleveurs bovins dénoncent des baisses de prix injustifiées

Dès 4 heures du matin, mardi 28 juillet, près d'une centaine d'agriculteurs venus de tous les départements normands ont bloqué…

Au printemps, David Léger composte la litière deux fois à 15 jours d'intervalle. Il l'épand ensuite, sans l'incorporer sur ses prairies temporaires.
Une litière en plaquette bois pour booster la vie du sol

À Esteville, les vaches de David Léger logent sur une litière mixte construite sur de la plaquette bois. Sans impact sur le…

Au 20 juillet, les prairies sont fortement touchées par la sécheresse. Les éleveurs s'inquiètent pour les fourrages à venir.
Sécheresse : mobilisation autour des fourrages

Face à la baisse des fourrages, les éleveurs s'inquiètent. Le réseau FDSEA-FRSEA de Normandie lance une enquête afin d…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 300 €/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site L'Union agricole
Consultez le journal L'Union agricole au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal L'Union agricole