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Des dispositifs pour valoriser l'élevage normand

Jeudi 22 mai, Interbev Normandie a organisé une après-midi consacrée à la contractualisation au domaine Inrae du Pin (Orne). Deux dispositifs : Viandes de Normandie et Ma Prim'Normande y ont été présentés. L'occasion de mettre en valeur les produits du terroir normand et d'inciter de nouveaux éleveurs à devenir adhérents de ces marques.

"L'objectif des marques, Viandes de Normandie et Ma Prim'Normande, est de valoriser le terroir normand", introduit Charlène Lacroix, directrice d'Interbev Normandie, lors d'une après- midi dédiée à la contractualisation, au domaine Inrae du Pin.

Viandes de Normandie

Créée en 2022 par l'interprofession Interbev Normandie, Viandes de Normandie a d'abord eu pour vocation de "parler au grand public" afin d'encourager les consommateurs à choisir les viandes ovines et bovines de la région. Les adhérents à la marque s'engagent donc à ce que leurs animaux soient nés, élevés et abattus en Normandie.

Charlène Lacroix ajoute que cette marque s'est déployée lors de plusieurs manifestations, à l'attention de différents publics - professionnels, sportifs, etc. Pour renforcer encore sa visibilité, Viandes de Normandie s'est associée à Saveurs de Normandie, commercialisée depuis 2024 dans des grandes surfaces et des boucheries. Au total, huit adhérents sont engagés autour de cette marque, dont les éleveurs de la Charentonne, Socodn, ou encore cinq abattoirs, dont l'abattoir EVA à Saint-Pierre-en-Auge (Calvados) par exemple. "La filière élevage représente 25 000 emplois en Normandie", détaille la directrice d'Interbev Normandie, rappelant que la marque valorise les savoir-faire normands à différents niveaux de la filière pour contribuer à l'économie locale.

Ma Prim'Normande

Le deuxième dispositif présenté est Ma Prim'Normande, née d'un partenariat entre Elvéa Normandie et l'abattoir EVA de Saint-Pierre-en-Auge, en 2024.

"Notre première mission est de valoriser les prim'holsteins et les normandes de nos adhérents", explique Guillaume Perdriel, directeur d'Elvéa Normandie. "Nous nous sommes rencontrés il y a trois ans, et nous partagions les mêmes ambitions pour la Normandie", acquiesce Sébastien Grochêne, directeur d'EVA de Saint-Pierre-en-Auge. "Notre rêve est de faire découvrir nos produits à l'ensemble des Normands", clament-ils. Leur objectif est donc également de toucher le plus d'éleveurs possible. En 2025, le dispositif comptait 140 éleveurs adhérents. Par ailleurs, 1 800 animaux ont été valorisés dans cette filière de viande locale. Comme l'indique leur cahier des charges, l'abattoir valorise ainsi des vaches, génisses, bœufs de race mixtes (56-56) avec un poids supérieur à 350 kg, une conformation 0- à R-, et un état d'engraissement 3-4. Pour les vaches, génisses, bœufs de races laitières (66-66) ou croisées lait mixte, le poids de la carcasse doit être supérieur à 330 kg, la conformation P = à 0 = et l'état d'engraissement de 3-4. Le cahier des charges comporte également des démarches RSE (responsabilité sociale des entreprises), avec la Charte des bonnes pratiques d'élevage (CBPE) sur le bien-être animal, ou encore la démarche Quali-Négoce créée par la FFCB (Fédération française des commerçants en bestiaux), permettant de valoriser le travail des négociants. Quali-Négoce s'appuie sur quatre axes : la bientraitance animale, le respect de l'environnement, les conditions de travail des collaborateurs et les liens avec les partenaires.

Rassurer les éleveurs

"C'était important pour nous de sécuriser, de rassurer les éleveurs par un engagement contractuel réciproque avec leur négociant", explique Guillaume Perdriel. L'objectif était également de "mettre en avant notre production régionale avec des Viandes de Normandie qualitatives à un prix équitable pour les éleveurs, les négociants et les consommateurs. L'évolution des marchés enfin favorable aux éleveurs depuis deux ans a montré l'intérêt de cette démarche", ajoute-t-il. Toutefois, "la conjoncture très récente de baisse de la consommation ne nous aide pas forcément. Il faut néanmoins rester optimiste car nos produits normands savent se distinguer", positive Sébastien Groschêne.

Guillaume Perdriel rappelle qu'en contrepartie du respect du cahier des charges, les éleveurs reçoivent une plus-value de 15 à 25 centimes par kilo de carcasse. Frédéric Launay, directeur du site Inrae du Pin, est sous contrat avec Ma Prim'Normande depuis un an. "La démarche locale nous paraissait plus que pertinente et répond à des attentes sociétales sur le bien-être animal. Le fait de travailler avec un négociant qui respecte le bien-être de nos animaux était important pour nous. Par ailleurs, la prime est intéressante, nous sommes gagnants sur tous les tableaux". Il insiste également sur la transparence avec les éleveurs, et le fait de "faire le point toutes les semaines avec eux et de leur envoyer la grille Europ afin qu'ils aient de la visibilité sur le prix de leurs bêtes." À l'avenir, leur souhait serait de développer des partenariats avec la restauration hors domicile.•

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