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Des agents de remplacement minutieux et engagés

Mercredi 19 mars, près de 70 agents de remplacement ont relevé le défi de venir se mesurer les uns aux autres à l'occasion du concours régional des Services de remplacement. La troisième édition a eu lieu sur la ferme du lycée agricole du Robillard, dans le Calvados.

C'est avec concentration, minutie et envie de bien faire que les 70 participants au championnat régional des Services de remplacement (SR) ont concouru mercredi 19 mars. Sur l'exploitation du lycée agricole du Robillard, dans le Calvados, ils se sont mesurés afin de remporter le titre de meilleur agent de remplacement de la région. L'objectif des organisateurs : « Mettre le métier en avant et honorer les agents », décrit Émilie Lebrun, directrice du SR de la Manche.

« C'est un métier qui demande de l'adaptation et qui a besoin d'être valorisé. »

Une première édition à cinq départements

Si le concours est organisé depuis trois ans déjà, c'est la première fois que l'on comptait les cinq départements normands autour de la stabulation. La Seine-Maritime a rejoint le groupe l'année passée. Et cette année, c'est l'Eure qui a intégré le concours avec une équipe locale. Au total, 17 équipes de quatre personnes se sont mesurées lors de huit épreuves différentes : la manipulation bovine, la conduite de tracteur, la soudure et l'élaboration de clôture (représentée par un binôme à chaque fois), mais aussi le passage de consignes pour la traite (pour évaluer l'écoute, la communication), la culture générale agricole et SR, la reconnaissance de pommes (distinction pommes à cidre et pomme à couteau), l'identification de graines, et enfin, la désignation de vaches françaises via une carte - une photo était à placer, en plus de trouver le nom, la race et le fromage associé.

La clôture mystère

C'était Thomas Guérard, président du SR 27, qui était aux commandes de l'épreuve mystère. Les concurrents ont découvert à leur arrivée un plan de base avec des distances. « Il faut qu'il fasse une clôture électrique en ruban, en forme de N, dans un carré de 10 x 10 m. Démontage compris, ils ont 30 minutes. Il faut le bon nombre de piquets, au bon emplacement », a-t-il commenté, évaluant la tenue du ruban, « avec des nœuds faciles à enlever », l'installation d'un poste électrique relié à la terre, une poignée d'entrée bien positionnée, l'utilisation de l'enrouleur et l'entente entre candidats.

Finale nationale

Glenn Abondo (50) a été sacré meilleur agent 2025. Il est accompagné d'Anne-Charlotte Dhaisne (27), d'Erwan Herry (76), de Vincent Lange (61) et d'Étienne Lavolé (14). Tous les cinq ont tiré leur épingle du jeu aujourd'hui. En fin de journée, ils ont été désignés comme les meilleurs agents de remplacement de leur département. À ce titre, ils sont invités à représenter la Normandie lors de la finale nationale qui se tiendra en septembre aux Terres de Jim, à Vieux-Manoir.

Par ailleurs, Fréderic Férard (61) est désigné meilleur soudeur, Charlotte Fourmont (14) est sacrée meilleure agent en manipulation de bovins, tandis que Vincent Lange (61) s'est hissé meilleur conducteur de tracteur et que Marie Tasteyre (14) a écopé de la 1re place en clôture.

Plébiscité

Avec 46 associations locales, 6 500 adhérents et 1 800 agents de remplacement, l'organisme est en constante progression depuis trois années. « Nous sommes une région assez dynamique. Nous réalisons 10 % de l'activité nationale », a précisé Émilie Lebrun. En 2024, 487 000 heures ont été réalisées en Normandie. Parmi elles, 69 % répondent au besoin de « congés » - dont 17 % rien que pour les congés maternité et paternité. « C'est une bonne nouvelle. Cela signifie qu'il y a de la trésorerie dans les exploitations et ce sont des remplacements qui confortent nos agents car renouvelables d'une période à l'autre, etc. », a-t-elle souligné. On retrouve le motif accident et maladie à hauteur de 23 % et complément de main-d'œuvre pour 7 % (remplacements ponctuels). « 90 % des remplacements en Normandie interviennent dans la filière lait », a concédé Émilie Lebrun.

Afin d'attirer encore davantage et de fidéliser les agents, la structure a développé le tutorat. « C'est un système complémentaire où le professionnel agricole apporte de la technicité et l'agent expérimenté véhicule du savoir-être et ses attentes et besoins en matière de repères dans la ferme à l'agent en formation », a-t-elle conclu.•

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