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Denormandie visite une ferme euroise en catimini.

Le nouveau ministre de l’Agriculture était vendredi dernier dans l’Eure pour sa première visite de terrain. Ni presse, ni syndicat n’étaient conviés.

Sans tambour, ni trompette. D’après nos sources, le nouveau ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie, a décidé de faire « discrètement » un tour de France des productions en visitant plusieurs fermes cet été. Il a commencé vendredi en Normandie, sur une exploitation située près d’Evreux, à Aviron, dans l’Eure. Si ni la presse ni les syndicats agricoles n’étaient invités à cette visite surprise organisée au dernier moment, le ministère a néanmoins aussitôt posté sur son site internet et sur son compte twitter les photos de ce rendez-vous.« Nous avons été prévenus très tard, la veille au soir pour le lendemain matin, mais ça s’est bien passé », explique Régis Dubos, de l’Earl des Tourelles qui a été choisi par la préfecture et la DDTM pour la première visite de terrain du ministre. L’agriculteur était en train de moissonner lorsqu’il a reçu l’appel à 20 h 30 et il lui a fallu ranger la cour, réfléchir à sa présentation en très peu de temps. Il a été aidé en cela par sa femme Odile. « J’ai accepté parce qu’ils m’ont dit qu’il n’y aurait pas de journalistes, pas de caméras, et que cela se ferait en petit comité ».

 

Des échanges « constructifs »et « ouverts »

Peu d’invités donc : le préfet Jérôme Filippini, le député de la circonscription Fabien Gouttefarde et le président de la chambre d’agriculture Gilles Lievens, mais des échanges « constructifs » et « ouverts » d’après l’agriculteur. En pleine moisson, l’Eurois a pu souligner des résultats en colza qui sont mitigés cette année. Il a abordé différents sujets, allant des zones de non-traitement, du glyphosate, de l’apprentissage à celui de la viande et du bien-être animal, car Régis Dubos produit du lait avec des Prim’Holstein et de la viande bovine avec des Blondes d’Aquitaine. Pour ces dernières, les cours ne sont pas très bons et l’agriculteur s’est tourné vers la vente directe depuis deux ans, avec succès. D’après Odile Dubos, qui juge le discours du ministre comme « assez réaliste sur le métier », l’agribashing est un problème qui semble tenir à cœur de ce proche de Macron. Comment améliorer la communication vers le grand public ? « Il est très au fait de nos problèmes, il nous a dit que le gros de son boulot serait de faire de la com, de valoriser le monde agricole ». Les agriculteurs ont insisté sur les efforts réalisés par la profession, avec pour exemple la charte de bon voisinage en vigueur dans le département. « Pour Denormandie, c’est une évidence qu’il faut axer la communication là-dessus ». Le ministre a conclu sa visite en expliquant que c’était la première d’une série de rencontres avec des agriculteurs sur le terrain. Visiblement, le but était de prendre la température, mais sans avoir à affronter les questions des journalistes et les revendications des syndicalistes, est-ce vraiment possible ?

Un robot pour alléger le travail

Pour l’atelier laitier, le couple Dubos songe à investir dans un robot, car la traite reste une contrainte, à laquelle s’ajoute des douleurs aux genoux pour l’éleveur qui mesure 2 mètres. L’année 2016 avait été catastrophique pour l’EARL des Tourelles et le couple avait alors essayé de vendre ses vaches. Mais comme on leur en proposait seulement 900 euros et que ce n’était à l’époque que des acheteurs étrangers qui ne voulaient prendre que les meilleures, laisser partir la génétique a freiné Régis Dubos qui est revenu sur sa décision. En 2017, le prix du lait a commencé à remonter. « Et avec le lait, on a une rentrée d’argent tous les mois, on en a besoin ». La génétique du troupeau, la ferme y travaille depuis vingt ans, la solution est peut-être ailleurs, dans un robot par exemple. Evidemment, c’est un investissement de 160 000 euros, mais Régis Dubos compte sur une aide  à l’innovation qu’il a demandé et dont il attend la réponse avant la fin de l’année.

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