Aller au contenu principal

Défendre ensemble la viande de qualité

Les syndicats de race à viande de Haute-Normandie préparent leur vente en commun de reproducteurs le 19 mars à Forges-les-Eaux.

file-alt-64578
Près de deux-cents bovins, reproducteurs et ovins sont attendus.
© Lucie Debarenne

« Toutes les races à viande sont solidaires. Elles ont les mêmes problématiques, il faut qu'elles se défendent ensemble ». Voici le message mené par tous les syndicats de race à viande et leur président Pierre-Luc Pivert pour annoncer la vente en commun de Forges-les-Eaux (76) le 19 mars prochain. Une soixantaine de reproducteurs de toutes les races à viande seront présentés à cette exposition vente qui attire en général beaucoup d'éleveurs de Seine-Maritime et de l'Eure.
Il faut être honnête, cette volonté de travailler ensemble n'a pas toujours existé mais aujourd'hui, les générations changent et il y a moins d'individualisme. Il y a une forte prise de conscience de l'intérêt du collectif.

Les seuls à communiquer sur les prix de vente

Les syndicats de race organisent des concours bien sûr mais ils ont également bien d'autres rôles et veulent le faire savoir : « nous donnons aux adhérents des informations que personne ne donne : par exemple nous faisons de la pédagogie sur les techniques de pointage, sur les techniques de dressage et de préparation aux concours. Surtout, nous sommes les seuls à communiquer sur les prix. Nous affichons les prix des reproducteurs que nous mettons à la vente. Nous échangeons librement sur ces aspects de commercialisation et nous communiquons les grilles de tarifs. Il y a encore des éleveurs qui commercialisent leurs animaux à des prix trop bas. Ils perdent de l'argent car ils sont mal informés », tient à rappeler Pierre-Luc Pivert .
« Le grand avantage pour les éleveurs adhérents est que nos discussions portent sur du vécu. Il n'y a rien qui remplace le partage d'expériences pour avancer. C'est pourquoi le syndicat Rouge des Près regroupe aujourd'hui les éleveurs du Nord, de Picardie et de Normandie qui ont décidé ensemble de travailler autour de la promotion de la race auprès des éleveurs et des consommateurs, de redonner du dynamisme au groupe et donner une image positive de notre métier. Nous échangeons sur nos problématiques mais sans jamais oublier la convivialité », ajoute Tony Ferment, président du syndicat des éleveurs de race Rouge des Prés.

Ne pas rester seul dans une conjoncture de crise

Les syndicats s'intéressent aux initiatives qui se mettent en place ailleurs : « dans le Limousin, les éleveurs ont créé un centre d'allotements par le biais de leur syndicat. Cela pourrait peut-être se faire chez nous », explique Anthony Grisel, président des éleveurs de race limousine. « Il faut savoir que les syndicats n'ont pas vocation de gagner de l'argent avec les cotisations. L'objectif est de pouvoir offrir aux éleveurs les services dont ils ont besoin. Cela doit être considéré comme un investissement. Dans notre syndicat, aujourd'hui nous proposons par exemple une nouvelle offre pour favoriser les achats de reproducteurs locaux ».

Promouvoir la génétique locale

« Pour redynamiser notre syndicat, nous organisons un concours tous les ans. C'est l'occasion de mettre en avant les meilleurs animaux et leurs éleveurs mais c'est  également une journée d'échanges avec les éleveurs. C'est une belle vitrine pour prouver qu'il y a de très bons reproducteurs en Haute-Normandie, pour montrer que nous sommes aussi performants que les élevages du berceau de la race », ajoute Sébastien Quibeuf, président de la race charolaise. Tous les syndicats sont unanimes et mettent en avant leur rôle dans la valorisation des cheptels locaux par le biais des concours et des actions de promotion. « Nos syndicats sont là pour préserver les qualités de chacune de nos races. Pour la Salers, nous travaillons à conserver ses qualités de vêlage et ses grandes qualités maternelles. Nous avons instauré l'aide à la génétique et l'aide à l'insémination artificielle. Pour redynamiser notre syndicat, nous allons organiser notre assemblée générale avec le Calvados et la Manche », ajoute Marie Roussel, présidente du syndicat des éleveurs de race Salers. Aujourd'hui, les syndicats de race veulent mobiliser autour de manifestations tous les éleveurs de race à viande qui ont la même passion. Au-delà de leur rôle technique et commercial, ils souhaitent être acteurs d'événements favorisant les échanges et le lien social, aspects tellement importants en situation de conjoncture difficile.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Union agricole

Les plus lus

Les Prés d’Artemare à Saint-Vaast-Dieppedalle (22 juillet).
Concerts à la ferme : carton plein en Seine-Maritime

Près de 900 personnes sont venues assister aux cinq concerts à la ferme qui se sont tenus en Seine-Maritime du 20 au 24…

L'aide à l'achat d'engrais minéraux azotés simples va de 50 à 70 € la tonne. Épandage d'engrais azoté sur blé.
Plan engrais 2026 : l'aide est aujourd'hui disponible

Le dispositif d'urgence exceptionnel qui accompagne les exploitations agricoles face à la hausse des coûts des intrants liée…

Philippe Sellier, membre du bureau de la FNB et éleveur allaitant dans l'Eure, martèle, devant le directeur de l'abattoir, que Bigard, leader français des abatteurs, orchestre une baisse continue des prix qui in fine se retournera contre toute la filière.
Les éleveurs bovins dénoncent des baisses de prix injustifiées

Dès 4 heures du matin, mardi 28 juillet, près d'une centaine d'agriculteurs venus de tous les départements normands ont bloqué…

Adoption définitive de la loi d'urgence agricole le 21 juillet 2026. Pour la FNSEA, « cette loi constitue une véritable bouffée d'oxygène pour les exploitations agricoles ».
Adoption définitive de la loi d'urgence agricole

L'Assemblée nationale puis le Sénat ont définitivement adopté le projet de loi d'urgence agricole mardi 21 juillet au soir.…

Au printemps, David Léger composte la litière deux fois à 15 jours d'intervalle. Il l'épand ensuite, sans l'incorporer sur ses prairies temporaires.
Une litière en plaquette bois pour booster la vie du sol

À Esteville, les vaches de David Léger logent sur une litière mixte construite sur de la plaquette bois. Sans impact sur le…

Au 20 juillet, les prairies sont fortement touchées par la sécheresse. Les éleveurs s'inquiètent pour les fourrages à venir.
Sécheresse : mobilisation autour des fourrages

Face à la baisse des fourrages, les éleveurs s'inquiètent. Le réseau FDSEA-FRSEA de Normandie lance une enquête afin d…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 300 €/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site L'Union agricole
Consultez le journal L'Union agricole au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal L'Union agricole