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Dans l'attente insoutenable des résultats d'analyses.

La profession agricole est très inquiète et en colère face au manque de réactivité de l'administration après la catastrophe industrielle Lubrizol.

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Samedi 28 septembre sur la ferme de Stéphane Donckele à Catenay.
© Catherine Hennebert



« On préfère sentir la merde que d'avoir ce qu'il y a dans ce pot chez nous ! Aujourd'hui, je suis très en colère car les services de la préfecture n'ont pas mesuré la gravité de la situation assez rapidement ! Il était évident que le nuage n'allait pas s'arrêter aux portes de l'agglomération ! », s'insurge Stéphane Donckele ce 29 septembre, montrant à Hervé Morin la couleur de l'eau prélevée après le passage de fumée de l'incendie Lubrizol.
Le président de la Région s'est rendu sur l'exploitation laitière de Stéphane Donckele, à Catenay, pour discuter avec les agriculteurs de la zone touchée. Depuis l'arrêté préfectoral du 28 septembre, le secrétaire général de la FNSEA 76 jette son lait dans la fosse à lisier, comme tous ses voisins venus exprimer leurs inquiétudes.
D'autres élus étaient également présents  : Catherine Morin Dessailly, sénatrice de Seine-Maritime, qui posera la question au gouvernement de la nécessaire déclaration de catastrophe industrielle, Patrick Chauvet, vice-président du conseil départemental, qui demande des mesures d'accompagnement très claires et réactives, à la hauteur des enjeux, et Xavier Lefrançois, conseiller régional, qui évoque le préjudice moral de cette catastrophe.

Pas question d'être responsable de la mise en marché des produits
Samedi 28 septembre, le préfet a donc pris un arrêté suspendant les récoltes à titre de précaution, dans les communes situées dans une zone Rouen - Dieppe - Beauvais (voir carte), en attendant les résultats des prélèvements. Cette suspension a été prise en accord avec la profession agricole dans le but de protéger les populations et les agriculteurs. Cependant, les élus de la chambre d'agriculture précisent que dans cet arrêté, l'administration a pris seule la décision de suspendre également la collecte des produits animaux.
Depuis, les éleveurs jettent leur lait car les trois laiteries de la zone (Sodial, Lactalis et Danone) ne viennent plus collecter, les maraîchers détruisent leurs légumes, les récoltes de betteraves et les ensilages de maïs sont stoppés, les ramassages des silos de betteraves sont suspendus, les réserves de nourriture s'amenuisent dans les élevages.
Tout le monde attend donc ses fameux résultats d'analyses qui doivent être publiés ce jeudi. Dimanche dernier, Laurence Sellos, présidente de la chambre d'agriculture de Seine Maritime, a accompagné les services de l'Etat pour les relevés d'échantillons dans six fermes de la zone touchée. Des prélèvements de fourrages, d'oeufs et de lait ont été effectués et sont partis dans un laboratoire spécialisé à Nantes. Il a été demandé des analyses spectrométriques les plus larges possibles pour écarter tous les risques. « Les éleveurs veulent être lavés de tout soupçon. Ils ne veulent pas être traités de pollueurs. Il nous faut les résultats de ces analyses au plus vite », précise Laurence Sellos.
« Nous contestons également l'article 4 de cet arrêté. Pas question pour les exploitants agricoles d'être tenus pour responsables de la mise en marché de leurs produits après la levée des mesures de consignation. Si les résultats d'analyses lèvent le doute de contamination, il nous faut un nouvel arrêté autorisant la remise en marché sans responsabilité de l'agriculteur », exige Sébastien Windsor, président de la chambre régionale. « Le sujet de l'indemnisation est crucial, insiste-t-il. Après la réception des résultats des analyses, la question des responsabilités sera plus claire mais il faut dans un premier temps débloquer des fonds très rapidement ».
En attendant, les éleveurs demandent à ce que leurs laiteries reprennent la collecte de leur lait : « qu'ils le mettent de côté ou qu'ils le jettent. Cela sera plus facile pour quantifier le préjudice. Et ce n'est pas à nous de jeter le lait. Quand nous faisons des erreurs, nous devons assumer mais là nous ne sommes en rien responsables » déclarent les éleveurs.
Hervé Morin a entendu les demandes.
« Du côté de la Région, nous allons regarder rapidement pour appréhender les exploitations en difficulté afin de faire le relais si nécessaire en attendant les indemnisations ». Le président de la Région a également été très sensible aux arguments avancés sur les risques de dégradation de l'image des produits normands vis-à-vis du grand public.o

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