Continuer ou se reconvertir ? Lorsque prendre du recul permet de mieux avancer
Au cours de leur carrière, les agriculteurs voient leurs aspirations professionnelles évoluer. Lassitude, perte de motivation, envie de nouveaux horizons, tous ces signaux doivent être écoutés et pris au sérieux. Les Chambres d'agriculture proposent aux agriculteurs concernés de faire un break et de prendre le temps de se questionner sur leur avenir professionnel.
Au cours de leur carrière, les agriculteurs voient leurs aspirations professionnelles évoluer. Lassitude, perte de motivation, envie de nouveaux horizons, tous ces signaux doivent être écoutés et pris au sérieux. Les Chambres d'agriculture proposent aux agriculteurs concernés de faire un break et de prendre le temps de se questionner sur leur avenir professionnel.
En 2024, les caisses de la MSA ont enregistré 6 000 signalements de mal-être. Les raisons sont multiples : changement climatique, pression économique, contraintes administratives, problèmes de santé... Avant de tomber dans le doute ou le découragement, il est essentiel de pouvoir faire une pause, de prendre du recul sur son activité et ses aspirations. Lorsque ces émotions négatives deviennent fréquentes, il faut commencer à se renseigner sur les différentes options permettant de raviver la passion du métier (nouveaux projets, rupture avec le modèle actuel...) ou d'envisager des pistes de reconversion.
La fin du modèle de carrière linéaire
En France, suite à la pandémie de Covid-19, les chiffres de reconversions professionnelles ont explosé. Perçue comme un effet de mode, cette tendance se banalise et touche aujourd'hui 1,4 million d'actifs (environ 7,4 % de l'ensemble). Les carrières professionnelles sont de moins en moins linéaires : en moyenne, un salarié connaîtra entre cinq et dix entreprises différentes au cours de sa vie professionnelle. Cette réalité témoigne d'une transformation profonde et continue du marché du travail à laquelle les agriculteurs ne sont pas exempts.
Donner un second souffle à son projet
La reconversion n'est pas la seule option pour retrouver du sens. Impulser de nouveaux projets sur son exploitation suffit parfois à retrouver de l'autonomie, de la fierté, de l'envie ou du bonheur. Un rapprochement avec un collectif, un projet d'association, l'arrêt ou la création d'un atelier, une réorientation du système permet de se réinventer et de s'accomplir. Les solutions sont multiples et parfois il suffit de peu pour remotiver les troupes.
Faire un break pour réfléchir
Les Chambres d'agriculture de Normandie, en partenariat avec les caisses de la MSA, proposent pour la première fois une formation "Continuer ou se reconvertir ?", spécialement conçue pour les agriculteurs et agricultrices en réflexion sur la suite de leur parcours : poursuivre, faire évoluer ou transformer leur activité, voire envisager une reconversion.
Cette formation se déroulera sur quatre jours : du 25 au 27 novembre à Courseulles-sur-Mer (14), dans un cadre propice à la réflexion et loin de l'agricole, et une journée de bilan le 17 décembre. Pendant les trois jours d'immersion, les participants pourront échanger entre pairs et bénéficier de l'appui de différents intervenants (coach professionnel, conseillers sur la qualité de vie au travail, préventeurs, professionnel de la formation et de la reconversion professionnelle).
Quatre jours pour sortir la tête du guidon
Pour construire un nouveau projet professionnel, la formation prévoit plusieurs étapes :
- pour prendre du recul sur sa situation ;
- redonner du sens à son projet professionnel ;
- clarifier ses choix et d'identifier les leviers d'action ;
- élaborer un plan concret pour atteindre ses objectifs personnels et professionnels.
La formation et les frais de séjour sont financés à 100 % selon les situations, grâce à l'appui des caisses de la MSA Côtes Normandes, Haute-Normandie et Mayenne-Orne-Sarthe, ainsi que des Chambres d'agriculture de Normandie, du programme régional de développement agricole et rural et du fonds de formation Vivéa. Une prise en charge totale ou partielle du Service de remplacement est aussi possible.•
Il a dit
Agriculteur, c'est sûrement le plus beau métier du monde mais ce peut être également, dans certains cas, une impasse ou une prison. Des conjonctures, des choix, des conflits amènent quelquefois à des situations sans issues visibles. Face à ces situations, accordons-nous le droit à l'erreur, ce droit à l'erreur que nous réclamons souvent. Faire évoluer un atelier, devenir double actif, trouver un associé... des solutions existent pour rester dans le métier ou, pour d'autres fois, le quitter. C'est le sens de notre formation. Cette initiative est l'occasion de s'accorder une pause professionnelle pour prendre du recul et avoir les ressources afin de faire un choix qui nous correspond. »
CLÉMENT LEBRUN, éleveur bovin à Gonneville-sur-Mer et vice-président de la Chambre d'agriculture du Calvados.