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Cinq frères et un camembert

La famille Bréant à Bermonville a monté un atelier de transformation de son lait en camembert. Les amateurs de fromages locaux vont pouvoir déguster ce nouveau produit, "Le 5 Frères de Bermonville ».

Charles Bréant, revenu sur l'exploitation familiale, est à l'initiative de ce projet de camembert cauchois. « Historiquement, il existait une production de camembert en Seine-Maritime. Jusqu'en 2008, notre département faisait partie de la zone AOP camembert de Normandie qui couvrait les cinq départements depuis 1983. Aujourd'hui, nous ne sommes donc plus dans la zone mais je souhaite me faire connaître en tant que producteur de camembert au lait cru fabriqué en Seine-Maritime. J'ai fait le choix de ce fromage car tout le monde le connaît et mon étude de marché a fait ressortir une attente des distributeurs et fromagers que j'ai rencontrés », explique le jeune homme.

En 2017, augmentation de la production et développement commercial
Durant toute l'année 2016, Charles a mis au point le camembert. Il s'agit d'adapter la recette à son propre environnement en travaillant bien son lait. Il y a eu des problèmes d'humidité et des soucis de ferments en automne dernier, mais les réajustements permettent aujourd'hui de proposer le fromage souhaité.
Une formation à l'école nationale de l'industrie laitière à Poligny (Jura) a permis au jeune homme d'acquérir les connaissances techniques : « Pour répondre à une forte demande, cette école a créé une formation à destination des jeunes porteurs d'un projet de transformation du lait à la ferme. J'ai suivi cette formation durant 8 mois, à raison d'une semaine par mois. Je suis également allé en stage à côté de Flers chez Patrick et Francine Mercier  qui ont commencé à fabriquer du camembert en 2012 (« Le Champ secret »). Aujourd'hui, nous sommes quatre producteurs fermiers de camembert en Normandie et je suis le seul en Seine-Maritime ».
Charles Bréant est ingénieur agricole. Il a suivi ses études à LaSalle Beauvais ainsi qu'à Audencia, école de commerce nantaise, où il a appris la gestion d'entreprise. Il a travaillé deux ans dans un cabinet conseil de Nantes puis est devenu chargé d'affaires au Crédit Agricole avant de revenir en 2015 sur la ferme familiale de Bermonville pour réaliser son projet de transformation.
Alix et Laurent Bréant ont cinq garçons. Pierre et Victor sont installés sur l'exploitation avec leurs parents. Charles est pour le moment salarié des quatre associés. Chacun a son rôle : la production laitière, la transformation, les productions végétales. Les deux derniers, Côme et Martin, sont encore en formation et souhaitent également revenir sur la ferme.
Le troupeau laitier comprend 200 vaches laitières dont 25 qui produisent le lait qui est transformé en camembert. Ce troupeau mixte de normandes et holstein reçoit une alimentation spécifique : une quantité de maïs moins importante (8 à 10 kilos contre 30 à 35 kilos pour l'autre troupeau), de la luzerne, du foin et le pâturage. « Le troupeau dédié à la transformation a une production moyenne de 20 kilos avec des taux de matière grasse et protéique plus élevés. Pour le moment, nous achetons la luzerne en bouchons mais nous allons l'introduire dans notre rotation. Nous avons également un projet de séchage en grange dans quelque temps. »

Tous les cinq impliqués dans le projet
Environ 200 000 euros ont été nécessaires pour construire le laboratoire et acheter le matériel. La Région a participé à hauteur de 25 000 euros à cet investissement qui permet aujourd'hui de fabriquer 100 camemberts par jour, qui sont en cours d'affinage. Pour le moment, les fromages sont commercialisés dans des épiceries ( Ets Soudry à Valmont, les Fermes Normandes à Saint-Valery-en-Caux ),  chez un fromager ( Olivier à Rouen ) et dans un magasin à la ferme ( Le Porc Pailloux à Baons-le-Comte ).
« Nous sommes tous les cinq impliqués dans ce projet et nous partageons les objectifs ensemble. C'est grâce à la complémentarité de chacun que nous avons mis au point un produit de qualité qui rentre maintenant dans sa phase de développement », ajoute Charles.

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