Aller au contenu principal

Cidre : la croissance passe par l’innovation.

Les chambres d’agriculture de Normandie ont organisé en visioconférence leur quatrième forum d’innovation, qui permet de découvrir des travaux qui pourraient révolutionner l’agriculture à plus ou moins long terme.

file-alt-63353
Fleurs du pommier produisant la variété rouge de Ruiz.
© D. R.


Pour le quatrième forum d’innovation, organisé par les chambres d’agriculture de Normandie, l’institut français des productions cidricoles (IFPC) avait choisi de présenter ses recherches sur les pommes à chair rouge. Celles-ci ont débuté en 2015 et les premiers résultats sont encourageants.

L’objectif de ce programme de recherche, c’est de pouvoir proposer un nouveau produit sur le marché français, le cidre rosé, avec l’aide de variétés adaptées. « Les producteurs souhaitent gagner de nouveaux consommateurs en élargissant la gamme, en proposant des cidres aromatisés et des cidre rosés, constatant que les vins rosés pétillants sont à la mode », explique Marie-Cécile Vergneaud, agronome à l’IFPC.

Elargir la gamme pourrait permettre de sortir de l’image trop véhiculée : le cidre se consomme à l’Epiphanie et à la Chandeleur. La couleur serait donc un levier pour conquérir un nouveau public, plus urbain et plus féminin.

 

Un jus coloré sans oxydation

L’IFPC et l’Inrae ont réalisé un travail de sélection sur une trentaine de variétés de pommes à chair rouge pour arriver au résultat attendu : un cidre qui conserve sa couleur rose naturelle, ne nécessitant pas l’utilisation de colorants additionnels. La coloration des cidres issus de pommes à chair rouge est due à un polyphénol, l’anthocyane, proche des composés colorés du vin. Les anthocyanes viennent en plus des polyphénols responsables de la couleur jaune. Dans les variétés classiques, ces anthocyanes se retrouvent essentiellement dans la peau, et seules les pommes à chair rouge en contiennent aussi dans la chair permettant de produire un jus coloré sans oxydation.

Cependant, elles ont tendance à perdre la couleur après quelques mois en bouteille quand de l’air est incorporé lors du conditionnement. « On suit les arbres depuis 2015 et on a transmis les pommes à nos collègues qui travaillent sur la transformation. Ils ont fait des jus, et des oxydations forcées pour voir si la couleur rouge demeurait », détaille Marie-Cécile Vergneaud.

Parmi les variétés évaluées, une dizaine ont été écartées car elles virent au orange. Celle qui présente le plus d’intérêt est la rouge de Ruiz, une variété de pomme sauvage du Kazakhstan, qui au départ, est une variété de pommes à couteau. « Quand on coupe cette pomme, c’est comme un steak, c’est très très rouge », remarque Marie-Cécile Vergneaud.

Des résultats complémentaires sur les plantations de 2017 sont attendus en 2022 mais les premiers retours sont encourageants. « Techniquement, pour celui qui transforme, cela ne change rien au procédé, on ajoute des pommes à chair rouge avec des pommes traditionnelles. Il faut juste être vigilant car la couleur arrive avant la maturité de la pomme et son intensité diminue ensuite ». La rouge de Ruiz a été inscrite au catalogue pour pouvoir être multipliée et prochainement commercialisée. Le travail de sélection variétale se poursuit, avec des tests où elle est croisée avec d’autres variétés.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Union agricole

Les plus lus

Les Prés d’Artemare à Saint-Vaast-Dieppedalle (22 juillet).
Concerts à la ferme : carton plein en Seine-Maritime

Près de 900 personnes sont venues assister aux cinq concerts à la ferme qui se sont tenus en Seine-Maritime du 20 au 24…

L'aide à l'achat d'engrais minéraux azotés simples va de 50 à 70 € la tonne. Épandage d'engrais azoté sur blé.
Plan engrais 2026 : l'aide est aujourd'hui disponible

Le dispositif d'urgence exceptionnel qui accompagne les exploitations agricoles face à la hausse des coûts des intrants liée…

Adoption définitive de la loi d'urgence agricole le 21 juillet 2026. Pour la FNSEA, « cette loi constitue une véritable bouffée d'oxygène pour les exploitations agricoles ».
Adoption définitive de la loi d'urgence agricole

L'Assemblée nationale puis le Sénat ont définitivement adopté le projet de loi d'urgence agricole mardi 21 juillet au soir.…

Philippe Sellier, membre du bureau de la FNB et éleveur allaitant dans l'Eure, martèle, devant le directeur de l'abattoir, que Bigard, leader français des abatteurs, orchestre une baisse continue des prix qui in fine se retournera contre toute la filière.
Les éleveurs bovins dénoncent des baisses de prix injustifiées

Dès 4 heures du matin, mardi 28 juillet, près d'une centaine d'agriculteurs venus de tous les départements normands ont bloqué…

Au printemps, David Léger composte la litière deux fois à 15 jours d'intervalle. Il l'épand ensuite, sans l'incorporer sur ses prairies temporaires.
Une litière en plaquette bois pour booster la vie du sol

À Esteville, les vaches de David Léger logent sur une litière mixte construite sur de la plaquette bois. Sans impact sur le…

Au 20 juillet, les prairies sont fortement touchées par la sécheresse. Les éleveurs s'inquiètent pour les fourrages à venir.
Sécheresse : mobilisation autour des fourrages

Face à la baisse des fourrages, les éleveurs s'inquiètent. Le réseau FDSEA-FRSEA de Normandie lance une enquête afin d…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 300 €/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site L'Union agricole
Consultez le journal L'Union agricole au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal L'Union agricole