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Chez Maxime Lemaire, le chêne sessile arrive dans les alignements du pays de Caux

Un jeune agriculteur passionné par les clos masure a planté des arbres de haut jet sur son exploitation, aidé par le dispositif Carbolocal.

Il y a trois ans, Maxence Lemaire s'est installé sur une exploitation familiale située sur la commune d'Auberville-la-Renault et a décidé de réhabiliter cet ancien clos-masure en plantant des arbres de haut jet sur talus.

La plantation s'est déroulée le 12 février dernier, avec des volontaires en service civique encadrés par Tanguy Henocque, en charge de l'outil Carbolocal à la communauté urbaine Le Havre Seine Métropole, et Jacqueline Gandar, animatrice Bac d'Yport Nord.

Préparation du talus

Le jeune homme de 27 ans est passionné par les clos-masure du pays de Caux depuis qu'il a suivi un module proposé lors de sa formation au lycée agricole d'Yvetot. "Madame Bargeon, documentaliste et Monsieur Stalin, professeur de géographie, nous ont parlé des paysages cauchois, des alignements d'arbres, de leurs fonctions, du rôle bien précis de chacun des bâtiments de la ferme. Cela m'a passionné", explique le jeune homme qui a rejoint sans hésiter l'association Clos Masure, Racines et Avenir de Caux.

Maxence Lemaire est sur une ferme de polyculture élevage. Il engraisse des taurillons et a un projet de développement d'un élevage allaitant. Après ses études en alternance (un BTS et deux licences en développement durable et élevage bovin viande), et une année d'expérience professionnelle, il s'installe sur cette exploitation dont il décide de réhabiliter les bâtiments agricoles et de restaurer les alignements d'arbres.

Il faut trouver de la terre de qualité

" J'ai retrouvé des plans de la ferme datant de 1900. À la place d'un mur qui délimitait la ferme à l'époque, j'ai décidé de créer un talus de 100 mètres et de planter des arbres de haut jet. J'ai trouvé de la bonne terre végétale chez un agriculteur et j'ai demandé les services d'un terrassier pour la mise en forme du talus qui est là depuis un an. C'est important car il faut le laisser se reposer pour favoriser le retour d'une vie biologique".

" Tous les ans, il y a environ 10 kilomètres de haies qui sont plantés sur la Pointe de Caux. Nous avons de plus en plus de projets sur le territoire, mais des plantations sur talus comme le projet de Maxence sont plutôt rares car il est difficile de trouver de la bonne terre végétale et cela coûte cher ", explique Tanguy Henocque.

Un dispositif Carbolocal pour planter

Le projet Carbolocal de Maxence concerne deux étapes de plantation : la première s'est déroulée en 2025, avec 250 mètres de haies plantées dans une parcelle cultivée, pour protéger une bétoire. La seconde étape concerne le talus planté dans le clos-masure ce mois de février.

Pour son projet, Maxence avait sollicité de nombreuses compétences : il s'est rapproché de la CU Le Havre Seine Métropole qui porte le dispositif de crédit carbone. Avec cette plateforme locale de contribution carbone, la collectivité souhaite encourager les entreprises du territoire à financer des projets portés par des agriculteurs, pour réduire leur bilan carbone. Du côté du monde agricole, ce dispositif a été mis en place pour l'encourager à s'impliquer davantage dans la préservation de la ressource en eau, la prévention des inondations, la préservation de la biodiversité et des paysages.

Tanguy Henocque a donc aidé Maxence à monter son dossier et l'a accompagné dans ses choix.

Pour le choix des essences, le jeune homme a également été conseillé par Jean-Marie Hébert, un botaniste spécialisé dans les arbres : "il m'a conseillé le chêne sessile car malheureusement le hêtre ne semble plus adapté au changement du climat. C'est une essence qui n'aime ni le trop sec, ni le trop humide. Le chêne sessile a un port qui ressemble au hêtre et il pousse très vite. Je me suis également rapproché du Conseil d'architecture, d'urbanisme et de l'environnement du département (CAUE 76) qui m'a également aidé dans le choix des essences de bourrage. Jacqueline Gandar, animatrice agricole du bassin d'alimentation de captage (Bac) d'Yport a été plus concernée par la première partie de mon projet de plantation en plaine l'an dernier".

Mobiliser des fonds privés

Les arbres et arbustes de bourrage ont été achetés auprès de la pépinière Crété dans la Somme, spécialiste de la production d'arbres et d'arbustes à partir de graines locales.

En rémunérant la tonne de carbone par des fonds privés, Carbolocal permet d'offrir aux agriculteurs une aide pour financer leur projet. "Les fonds qui ont aidé Maxence Lemaire dans son projet proviennent de GRDF. Nous allons chercher des fonds privés qui permettent d'aider l'agriculteur à hauteur de 90 % parfois ", précise Tanguy Henocque.

Maxence Lemaire ne compte pas s'arrêter en si bon chemin. Toujours dans l'optique de réhabiliter et de préserver son clos-masure, son prochain projet pour 2027 est l'abattage d'arbres vieillissants et la replantation sur le talus existant.•

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