Centenaire de l'Œuvre du Blé eucharistique
La fête du Blé eucharistique est un moment de fraternité entre l'Église et le monde rural. Cette année, ce sont les 100 ans de cette tradition qui consacre la générosité des agriculteurs seinomarins envers l'église. Elle sera célébrée le mercredi 20 mai à la cathédrale de Rouen.
La fête du Blé eucharistique est un moment de fraternité entre l'Église et le monde rural. Cette année, ce sont les 100 ans de cette tradition qui consacre la générosité des agriculteurs seinomarins envers l'église. Elle sera célébrée le mercredi 20 mai à la cathédrale de Rouen.
"Tout le monde est invité au centenaire qui aura lieu le 20 mai à la cathédrale de Rouen ! Et notre souhait est de faire participer les jeunes à cet événement !", explique Thierry Ricœur, diacre permanent à la paroisse Notre-Dame de Doudeville-Saint-Laurent, depuis 11 ans, en charge de son organisation.
L'Œuvre du Blé eucharistique est née en 1926 sous l'impulsion de Monseigneur André du Bois de La Villerabel, archevêque de Rouen de 1920 à 1936. Ce dernier demanda à quelques agriculteurs réunis autour de lui s'ils pouvaient prendre part à la fabrication des hosties en fournissant la farine aux religieuses du carmel. Faute de bonnes récoltes de blé, le prix très élevé de la farine cette année-là mettait en péril leur fabrication. Les agriculteurs ont répondu présents et ont fourni du blé. Le nombre de quintaux étant supérieur à celui sollicité par les religieuses, l'archevêque demanda l'autorisation d'utiliser le surplus pour les séminaristes et les prêtres âgés. L'Œuvre du Blé eucharistique était née. Il en confia l'organisation à l'abbé Adolphe Picard.
Un lien avec le monde agricole qui perdure
Depuis 100 ans, l'Œuvre du Blé eucharistique joue donc un rôle primordial dans la fabrication des hosties pour les diocèses de Rouen et du Havre. Durant des années les agriculteurs seinomarins ont fait un don de blé pour la fabrication des hosties, mais depuis une vingtaine d'années, cet élan de générosité est plus financier que céréalier, géré par des correspondants cantonaux et des collecteurs locaux.
Ils sont 3 448 donateurs entre le diocèse de Rouen et celui du Havre avec une augmentation importante du nombre de donateurs en 2025 sur les deux diocèses. Ce sont des agriculteurs en activité ou à la retraite, des ruraux et même des citadins.
Dans chaque canton rural du département, un correspondant coordonne la collecte de farine et/ou d'argent effectuée en avril et en mai dans chaque paroisse par les collecteurs paroissiaux.
En 2025, la collecte s'est élevée à 76 438 euros sur le diocèse de Rouen et 39 480 euros sur celui du Havre
613 400 hosties fabriquées en 2024
Ces dons ont permis la fabrication des hosties qui sont redistribuées gratuitement aux paroisses collectrices. Les paroisses urbaines achètent leurs hosties. L'excédent est toujours distribué aux prêtres âgés et à la formation des séminaristes comme il y a 100 ans.
Ce lien très fort entre le monde rural et l'Église se traduit tous les ans par une messe d'action de grâce qui a lieu au mois de mai à la cathédrale de Rouen, présidée par l'évêque du Havre, Monseigneur Jean-Luc Brunin, et l'archevêque de Rouen, Monseigneur Dominique Lebrun. " Tous les ans, la cathédrale est pleine ! Monseigneur Lebrun tient beaucoup à ce rendez-vous. À cette occasion près de 4 500 pains sont bénis et remis aux donateurs de l'Œuvre ", explique Thierry Ricœur.
Les hosties sont fabriquées par la communauté des sœurs carmélites de Micy-Orléans, dans le Loiret. Leur fabrication est artisanale et rigoureuse (lire encadré). 613 400 hosties ont été fabriquées en 2024.
Une grande fête ouverte à tous
Cette grande journée d'anniversaire débutera à 10 heures dans la cathédrale de Rouen avec trois interventions :
- Arnold Puech d'Alissac, président de l'organisation mondiale des agriculteurs (OMA), parlera de l'agriculture en France et dans le Monde ;
- le père Arnaut Favard, délégué à la mission rurale à la Conférence des évêques de France expliquera comment l'Église prend la mesure de l'évolution du monde rural ;
- le père Frédéric Louzeau, prêtre du diocèse de Paris, directeur du pôle de recherche du collège des Bernardins, délivrera une catéchèse sur le blé, "fruit du travail des Hommes qui devient le Corps du Christ".
Sur le parvis aménagé, il y aura plusieurs animations dont une présentation de l'Œuvre du Blé eucharistique. La minoterie Capron présentera son travail et expliquera l'importance d'avoir une farine de qualité. " L'objectif est de créer un lien entre monde urbain et monde rural. Le souhait de Jean Claude Desmares, président de l'Œuvre du Blé eucharistique est de rajeunir l'assemblée ", précise Thierry Ricœur.
Les Jeunes agriculteurs (JA) de Seine-Maritime ont accepté de participer à l'événement : ils se chargeront de la restauration, de l'organisation d'un petit marché fermier et de la présentation de quelques animaux sur le parvis.
Les évêques de la province de Normandie seront présents, ainsi que les représentants du monde agricole et les maires ruraux.
Faire participer les jeunes
" Nous sommes en lien avec les aumôneries, les collèges, le lycée agricole de Mesnières-en-Bray car l'idée est de faire participer les jeunes qui pourront visiter le carillon de la cathédrale. Le carillonneur sonnera d'ailleurs des airs agricoles qui seront repris durant la messe qui aura lieu à 15 heures. Les jeunes participent actuellement à sa préparation en choisissant les chants. Pendant la cérémonie religieuse, ils participeront à la procession des offrandes : les gerbes de blé, la croix et le pain béni ", ajoute Thierry Ricœur.
Après la messe, tout le monde se réunira sur le parvis.•
La fabrication des hosties avec un blé certifié
Grâce aux dons des agriculteurs seinomarins, les carmélites de Micy-Orléans achètent la farine au Moulin des Gaults à Poilly-lez-Gien (45). Elles sont très exigeantes sur la qualité de la farine qui provient de blés issus de la filière CRC (culture raisonnée contrôlée). Cette filière représente 10 % des blés français destinés à l'alimentation humaine.
" Nous sommes allés visiter l'atelier de fabrication des hosties ". C'est l'activité principale des carmélites qui souhaitent préserver un peu leur recette, pas de photos ! Cela se prépare comme une pâte à crêpe, avec de l'eau et de la farine, pas de levain. Durant le temps de pétrissage, les sœurs sont à la prière. Il y a des hosties brunes et des hosties blanches, la différence vient du temps de repos de la pâte. La cuisson de cette pâte se fait sur des plaques. Une fois humidifiées, ces plaques de pâte cuite passent à l'emporte-pièce en fonction de la taille de l'hostie voulue. Les hosties sont ensuite triées, conditionnées et expédiées.