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Avez-vous répondu au recensement agricole ?

Le recensement agricole a pour objectif d'actualiser les données sur l'agriculture française et de mesurer son poids dans l'agriculture européenne. Il se terminera le 30 avril 2021.

Tous les 10 ans, cette grande collecte d'informations auprès de tous les agriculteurs permet d'avoir une image précise et complète du monde agricole, à tous les niveaux : national, régional, départemental, cantonal... même européen puisque tous les pays de l'union européenne font leur recensement.

« Le recensement est obligatoire. Il permet d'obtenir une mine d'informations pour les collectivités territoriales, les organismes professionnels agricoles, le syndicalisme agricole, le ministère de l'Agriculture bien sûr. C'est indispensable d'avoir une vision précise de la situation pour étayer les orientations prises en matière de politique agricole mais c'est également un outil pour élaborer les documents d'urbanisme à l'échelle locale. Entre deux recensements, nous avons deux enquêtes par sondage permettant de voir les tendances d'évolution » précise Michel Delacroix, directeur du service régional d'information statistique et économique de la Draaf.

L'intérêt du recensement est d'avoir des données exhaustives et précises sur la façon dont les agriculteurs s'adaptent. « Ces informations très objectives permettent parfois de rectifier certaines idées reçues » ajoute Michel Delacroix.

 

Nouveauté : une grande partie de la collecte s'effectuepar Internet

La collecte s'est déroulée différemment cette année. « Le rendez-vous avec l'agent recenseur prend du temps. Pour réduire la charge des enquêtes pour les agriculteurs, ils ont cette année la possibilité d'être plus autonomes et de remplir leur questionnaire par internet, au moment où cela les arrange le mieux. 85 % de la population concernée a été sollicitée pour répondre au recensement de cette manière. Ceux qui n'ont pas internet ont pu fournir les informations par téléphone. Pour le moment, il y a environ 70 % de retour en Normandie ».

Le réseau d'enquêteurs a effectué la collecte d'information en face à face auprès des 15 % d'agriculteurs restant. Auprès de ces derniers, le questionnaire est plus détaillé, permettant de creuser les sujets pour aller plus loin dans l'analyse. Depuis quelques jours, les agents ont commencé la collecte par téléphone auprès de ceux qui n'ont pas répondu par internet.

Une fois la phase de collecte terminée, tout est traité au sein des services statistiques des directions régionales. Il s'agit d'un contrôle de validation afin de ne pas laisser passer des anomalies.

Une fois validées, les données sont reprises au niveau national par des méthodologues qui réalisent toutes les opérations statistiques. Ce travail dure environ 4 mois.

 

Premières publications fin 2021

Tous les services statistiques de la Draaf recevront l'ensemble des données en automne 2021. Elles seront traitées et analysées pour être diffusées. La publication des premiers résultats devrait se faire pour la fin de l'année. Ensuite, en 2022, suivront des publications plus spécifiques, par thème. « Dans nos publications, nous proposons différents outils de lecture, des cartes et des graphiques, et cette année des outils de visualisation plus modernes. L'objectif est de rendre autonome l'utilisateur dans ses recherches ».

« Une grande diversité d'exploitations. »

Dominique Drouet, enquêteur sur le secteur de Fécamp. « J'étais étudiant en géographie quand j'ai pris ce travail d'agent enquêteur sur la Seine-Maritime en 1970. J'ai fait ma carrière dans l'Education nationale. C'est mon 6ème recensement mais cette année c'était différent car je n'ai visité que 15 % des agriculteurs de mon secteur, Fécamp, Valmont, Pointe du Havre. Cela correspond à 105 exploitations sur 53 communes. Maintenant je contacte par téléphone les agriculteurs qui n'ont pas répondu au questionnaire sur internet.

En 50 ans d'enquête, j'ai croisé plusieurs générations sur les exploitations. Je me suis rendu compte de l'évolution du monde agricole dans le Pays de Caux. Dans un village comme Angerville la Martel, il y avait 64 exploitations quand j'ai commencé. Aujourd'hui il y en a 4. A l'époque, à part les maraîchers, il y avait beaucoup de doubles actifs qui avaient quelques animaux et étaient soit chauffeurs de tracteur dans une ferme voisine, soit saisonniers pour la campagne sucrière à Colleville, soit salariés à la coopérative.

Les exploitations sont de plus en plus grandes et les formes sociétaires ont évolué. Bien que les Gaec se maintiennent, il y a de plus en plus de SCEA et de Sarl, surtout au sein des exploitations qui font des pommes de terre. Les troupeaux laitiers sont également de plus en plus gros et le bio en lait et en viande se développe. Mais aujourd'hui je retiens surtout qu'il y a de plus en plus de diversités dans les pratiques culturales et commerciales : agriculture raisonnée, agriculture biologique ou de conservation....

Les jeunes qui s'installent sont plus diplômés, ils ont au minimum un BTS agricole. Ils utilisent beaucoup de nouvelles technologies et je trouve qu'ils sont très mécanisés. Il y a malgré tout de plus en plus d'achats de matériels en commun. Je vois une réelle volonté de réduire les intrants, et d'essayer de nouvelles cultures, il y a beaucoup de projets et beaucoup d'enthousiasme dans cette nouvelle génération. »


Propos recueillis par Catherine Hennebert

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