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Avec le charançon et la cécidomyie des siliques, un seul traitement peut suffire

Lors de la rencontre technique de Terres Inovia (session Normandie) du 18 novembre, au Havre, il a été aussi question de la lutte contre les charançons et cécidomyies des siliques, deux ravageurs des colzas.

D'après les enquêtes 2024 de Terres Inovia, les traitements visant le charançon des siliques pendant la floraison représentaient 40 % des hectares de colza en Normandie contre 22 % à l'échelle de la France entière. Dans ce contexte, Jean Lieven, ingénieur développement, et Céline Robert, chargée d'études ravageurs des cultures chez Terres Inovia, ont rappelé quelques notions destinées à raisonner les applications insecticides dans la gestion du tandem charançon et cécidomyie des siliques.

Savoir les identifier

Pour se nourrir et pour pondre, le charançon des siliques perfore les jeunes siliques, mais sa nuisibilité est quasi-nulle : les larves ne mangent que quelques graines par silique et le colza compense en partie ces pertes.

La cécidomyie, quant à elle, est incapable de percer un trou pour pondre. Elle profite de ceux réalisés par le charançon des siliques pour déposer ses œufs. Les dégâts engendrés par les larves de la cécidomyie sont plus préjudiciables. En s'alimentant, les larves entraînent l'éclatement des siliques et, les attaques étant plus tardives, les capacités de compensation du colza sont plus limitées. Malgré tout, la nuisibilité de cet insecte, bien que réel est rarement importante.

Les charançons arrivent par vagues successives d'avril à mai. Ils envahissent d'abord les bordures avant de pénétrer au cœur des parcelles. Les cécidomyies colonisent également les parcelles via les bordures mais pénètrent moins facilement dans le cœur de la parcelle que le charançon des siliques.

La surveillance doit être continue et régulière pendant toute la période de sensibilité, de la formation des premières siliques (G2) aux 10 premières siliques bosselées (G4). En début d'infestation, un traitement de bordures peut suffire à gérer les infestations.

Proscrire les traitements systématiques

En revanche si les charançons ont diffusé au-delà des bordures, il est nécessaire d'intervenir sur toute la parcelle si le seuil de 1 charançon pour 2 plantes est dépassé. Si les vols de charançons sont précoces et importants avant le stade G2, l'intervention dans les 8 jours après le début de la migration, uniquement en bordure, peut se justifier.

Pour Céline Robert, « il est indispensable de proscrire les traitements systématiques sur l'ensemble de la parcelle car, à cette période, la culture de colza abrite de très nombreux insectes non préjudiciables à la culture, mais également utiles comme des pollinisateurs ou des ennemis naturels des ravageurs du colza, altises, charançons, méligèthe et pucerons ».•

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