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Au Gaec des Hogues, rien de tel que le travail en famille

Consolidation et diversification, tels sont les maîtres mots que les associés du Gaec des Hogues se sont donnés pour conduire leur activité laitière en famille et la pérenniser.

À quelques encablures de Fécamp, le Gaec des Hogues, situé dans le petit village de Saint-Léonard, a coutume d’ouvrir ses portes pour montrer le fonctionnement de ses deux robots de traite installés en mars 2021. À eux seuls, ils symbolisent une ère nouvelle sur l’exploitation : l’arrivée des enfants au sein du Gaec en 2023. « Sans la volonté de Thomas, mon fils aîné, et de Louise, sa compagne, de nous rejoindre, nous n’aurions pas franchi le pas », expliquent de concert Michael Letellier (51 ans) et Nathalie (51 ans), sa femme. Et pour cause. L’investissement dans la robotisation à 10-15 ans de la retraite a été conséquent mais tous aujourd’hui s’en réjouissent.

Un outil de travail pérenne

Thomas (26 ans) et Louise (25 ans) ont tous les deux suivi des études agricoles au lycée d’Yvetot et sont passionnés d’élevage. « C’est clairement l’intérêt des enfants pour l’élevage laitier qui a été l’élément décisif de ce choix et tout ce projet a été mené dans la concertation », précise Michael. « Depuis trois ans que ces deux robots fonctionnent, nous ne regrettons ni le choix du fabricant DeLaval, ni celui du SAV réalisé par la société Bouet Service Élevage. Nos 120 laitières de race prim’holstein y ont gagné en bien-être et productivité, et nous, nous y avons gagné en confort de travail et en qualité de vie, assure-t-il. Notre niveau de stress a bien baissé et nous sommes moins assommés par les astreintes de la traite. Désormais nous n’avons plus de salariés, nous nous relayons pour superviser l’installation et cela nous laisse du temps pour développer d’autres ateliers. » 
« La robotique de façon générale permet aux jeunes qui s’installent d’avoir une vie plus facile, souligne l’éleveur, une vie qui n’a rien de commun avec ce que nous avons vécu ma femme et moi lors de nos installations respectives ». Lui, non issu du milieu agricole, s’est installé avec son beau-père en 1997, après un bac pro et un BTS Acse au lycée agricole d’Yvetot ; elle en 2007, après un bac pro, également passé à Yvetot, un BTS technico-commercial puis plusieurs années d’activité commerciale salariée. « Notre travail avec le robot est aussi plus propre, renchérit Nathalie, et nous avons moins de douleurs articulaires. » « Sans compter que c’est sympa de ne plus sentir la vache », ajoute Louise en riant. « Ce ne sont que des avantages, reconnaît Michael. De ce fait la robotisation nous permet d’offrir une qualité de vie à nos enfants. C’est un élément très important d’autant qu’il s’associe à un niveau de vie et de dépenses plus élevé – tout en restant modeste – auquel chaque jeune aspire aujourd’hui et c’est bien normal (nourrice, confort 
matériel, etc.). Et puis cela nous permet aussi d’envisager plus sereinement la transmission à venir de l’exploitation et donc sa pérennité ».

Une amélioration des conditions de travail en continu

Durant toutes ces années, Michael et Nathalie Letellier n’ont eu de cesse de faire progresser l’activité laitière et de développer leur outil de travail : à la faveur d’un agrandissement en 2013 tout d’abord, par l’acquisition d’une ferme voisine, puis de l’installation de Louise en 2023 et de Thomas sur une exploitation distante de quelques kilomètres. Ce second site a permis au Gaec de gagner quelques hectares de SAU en plus et a offert au jeune couple une indépendance nécessaire à l’arrivée d’un enfant. 
Au fil des ans, chiffres à l’appui, le troupeau est ainsi passé de 25 vaches en 1997 pour se stabiliser à 120 en 2023 et la salle de traite de jadis en 2 x 4 s’est transformée en 2 x 6 puis en 2 x 12 avant robotisation. « Nous produisons à ce jour 1 275 000 litres de lait à l’année et sommes en capacité de faire plus », précise Michael. En trois ans, les problèmes sanitaires ont nettement diminué, les vaches sont moins sujettes aux mammites ou aux métrites – l’application qui gère les datas collectées via le système de traite permet une meilleure prévention –, la quantité de lait par vache a augmenté et la qualité du lait est plus constante. Cerise sur le gâteau, ajoute Michael : « nous n’avons pas hésité à changer de laiterie, en choisissant désormais de travailler avec Novandie (qui commercialise les marques Bonne Maman et Mamie Nova), ce qui nous a permis d’être mieux rémunérés ».

Une diversification opérée de longue date

Chez les Letellier, la diversification des ateliers a été envisagée très en amont. Nathalie se charge ainsi depuis 2013 d’une activité gîte à quelques mètres de la mer qui s’est sensiblement développée ces dernières années (90 % de taux d’occupation à l’année aujourd’hui). En arrivant sur l’exploitation Thomas et Louise ont quant à eux ajouté un élevage allaitant. Vingt belles limousines occupent désormais l’espace d’un bâtiment. Le jeune homme s’est aussi réservé une petite surface maraîchère pour régaler les restaurants alentour de ses légumes de saison. Quant aux 250 ha que totalisent les deux sites d’exploitation, ils sont mis à profit pour couvrir les besoins alimentaires herbagers et fourragers des animaux et accueillir des cultures de vente – blé, colza et lin textile – indispensables à l’équilibre économique et à la viabilité du système développé par les quatre associés.•

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