Aller au contenu principal

« Apporter de la valeur ajoutée à nos produits. »

Les participants à l'assemblée générale de la FNSEA 76, mardi 5 mars à Fauville-en-Caux, ont souligné la nécessité de renforcer les agriculteurs dans leurs négociations avec l'aval.

file-alt-64152
Stéphane Donckele, secrétaire général de la FNSEA 76, a commencé son rapport d'activités en rappelant les pressions autour de l'eau et de la biodiversité qui pèsent sur les agriculteurs.
© L.G.

Stéphane Donckele, secrétaire général de la FNSEA 76, a commencé son rapport d'activités en rappelant les pressions autour de l'eau et de la biodiversité qui pèsent sur les agriculteurs. « Les relations avec les syndicats des bassins versants se tendent un peu, sur le dossier des retournements de prairies. J'appelle au bon sens. Je rappelle que les bassins d'alimentation de captages pour l'instant sont le fruit de démarches volontaires. L'exception, c'est la protection des bétoires, mais qui peut permettre de résoudre 80 % des problèmes ».

Sur le dossier du lait, le secrétaire général, appuyé par Marie-Thérèse Bonneau, représentant la FNPL, a rappelé que les effets des Etats généraux de l'alimentation ne sont pas encore visibles, le léger mieux provenant davantage d'un effet conjoncture. Un éleveur dans la salle s'interroge sur les promotions de Carrefour avec 50 % de remise sur le deuxième produit Danone ou 60 % sur des lardons. D'après lui,« de sacrées sommes qui nous passent sous le nez ». Marie-Thérèse Bonneau regrette que les hypermarchés misent « toujours sur le prix le plus bas ».

 

Table ronde sur la PAC

Stéphane Donckele rebondit en rappellant l'importance d'aller vérifier régulièrement les étiquettes dans les magasins pour pouvoir signaler les anomalies et les fraudes,comme de la viande étrangère étiquetée viande bovine francaise, par exemple. « Le signaler à la DGCCRF n'est pas inutile. »Interpellé, Jocelyn Pesqueux, de l'interprofessionlaitière régionale, insiste sur le pas à faire vers le consommateur, en relançant les fermes ouvertes ou en médiatisant la charte des bonnes pratiques d'élevage. Soigner son image est un nouvel enjeu pour les agriculteurs trop souvent victimes d'agribashing. Cela concerne le bien-être animal, mais aussi l'utilisation des phytos.« Une bataille difficile », souligne Daniel Peyraube, président de l'AGPM, remplaçant au pied levé Philippe Pinta de l'AGPB.« La réduction de l'utilisation des phytos,ce n'est pas zéro phytos »,rappelle-t-il. La recherche et l'expertise scientifique doivent permettre d'avancer sur le dossier.

La table-ronde proposée par la FNSEA 76 a porté sur la PAC, avec des témoignages de représentants espagnol et belge. Joseph Puxeu est agriculteur en Espagne, viticulteur et producteur d'olives et de cerises. Pieter Verhelst est salarié de la Boerenbond,équivalent de la FNSEA en Belgique flamande. La question posée par Arnold Puech d'Alissac qui animait les débats est simple : est-ce que l'Union européenne(UE) vaut le coup ? « On est challengé par les pays de l'est qui de concurrents, sont passés membres de l'UE ». Daniel Peyraubesouligne qu'il faudrait qu'ils soient plus autonomes. Pour Marie-Thérèse Bonneau, la question n'est pas de sortir du marché unique mais d'avoir les mêmes règles du jeu à l'interieur. « Les produits que l'on exporte sont de plus grande qualité que ce que l'on importe. »

Pour la Belgique, le marché national intérieurest très petit et le marché extérieur très grand.« Nous allons vers de la valeur ajoutée plutôt que du standard, explique Pieter Verhelst. On exporte de plus en plus de frites congelées par exemple. » Pour le Belge, la PAC n'est plus « politique mais davantage économique ».

Pour l'Espagnol,« le marché européen paye bien mais n'est pas suffisant en taille. De nouveaux acteurs, la Chine et l'Inde, sont très actifs. Le marché intérieur de l'UE doit être notre priorité sion ne veut pas que d'autres y arrivent. »Concernant les nouveaux membres del'UE, pour lui, « beaucoup sont disposés à prendre l'argent mais pas à en mettre sur la table ».

Marie-Thérèse Bonneau pense qu'il va être« difficile de donner davantage de valeuraux produits avec les entreprises qui le sont volontairement standardisés pour en faire un minerai. Comment rendre la valeur à la matière première ? On est arrivé enbout de course ou quand c'est gratuit, c'est encore trop cher. » En conclusion, tous sont d'accord sur le fait qu'il faille renforcer les agriculteurs dans leurs négociations,car la pression est toujours très forte.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Union agricole

Les plus lus

Les Prés d’Artemare à Saint-Vaast-Dieppedalle (22 juillet).
Concerts à la ferme : carton plein en Seine-Maritime

Près de 900 personnes sont venues assister aux cinq concerts à la ferme qui se sont tenus en Seine-Maritime du 20 au 24…

L'aide à l'achat d'engrais minéraux azotés simples va de 50 à 70 € la tonne. Épandage d'engrais azoté sur blé.
Plan engrais 2026 : l'aide est aujourd'hui disponible

Le dispositif d'urgence exceptionnel qui accompagne les exploitations agricoles face à la hausse des coûts des intrants liée…

Philippe Sellier, membre du bureau de la FNB et éleveur allaitant dans l'Eure, martèle, devant le directeur de l'abattoir, que Bigard, leader français des abatteurs, orchestre une baisse continue des prix qui in fine se retournera contre toute la filière.
Les éleveurs bovins dénoncent des baisses de prix injustifiées

Dès 4 heures du matin, mardi 28 juillet, près d'une centaine d'agriculteurs venus de tous les départements normands ont bloqué…

Adoption définitive de la loi d'urgence agricole le 21 juillet 2026. Pour la FNSEA, « cette loi constitue une véritable bouffée d'oxygène pour les exploitations agricoles ».
Adoption définitive de la loi d'urgence agricole

L'Assemblée nationale puis le Sénat ont définitivement adopté le projet de loi d'urgence agricole mardi 21 juillet au soir.…

Au printemps, David Léger composte la litière deux fois à 15 jours d'intervalle. Il l'épand ensuite, sans l'incorporer sur ses prairies temporaires.
Une litière en plaquette bois pour booster la vie du sol

À Esteville, les vaches de David Léger logent sur une litière mixte construite sur de la plaquette bois. Sans impact sur le…

Au 20 juillet, les prairies sont fortement touchées par la sécheresse. Les éleveurs s'inquiètent pour les fourrages à venir.
Sécheresse : mobilisation autour des fourrages

Face à la baisse des fourrages, les éleveurs s'inquiètent. Le réseau FDSEA-FRSEA de Normandie lance une enquête afin d…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 300 €/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site L'Union agricole
Consultez le journal L'Union agricole au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal L'Union agricole