Aller au contenu principal

Améliorer le dialogue avec la société

L'assemblée générale de la FNSEA 76 s'est déroulée mercredi 22 mars à Malaunay. Une table ronde sur les attentes de la société pour l'agriculture s'y est tenue avec des représentants d'horizons différents.

La table ronde organisée par la FNSEA 76 pour son assemblée générale du 22 mars à Malaunay portait cette année sur les attentes de la société. Christophe Bouillon, député de Seine-Maritime, est intervenu en tant que membre de la commission d'enquête sur les conditions d'abattage des animaux de boucherie. « Les préoccupations des consommateurs ont évolué. Nous sommes passés des enjeux de sécurité sanitaire et d'hygiène vers le bien-être animal », remarque-t-il. S'il ne remet pas en cause la consommation de viande « qui fait partie de l'équilibre alimentaire, c'est évident », il souligne la difficulté de communiquer sur la mort des animaux.
« Il existe une grande diversité d'abattoirs, mais ce n'est pas évident pour le grand public ». Les investissements ne sont pas les mêmes et le niveau de formation du personnel non plus. « Il faut s'intéresser au bien-être des salariés si on veut le bien-être animal ». Le député souligne la dureté du métier et la difficulté de trouver du personnel.
Des comportements d'achat variables
Philippe Bernard, directeur du partenariat avec les PME et le monde agricole chez Carrefour, rappelle que les consommateurs ne sont pas tous logés à la même enseigne.
« Leur comportement d'achat est différent en début et en fin de semaine. Il existe un double niveau d'attente : satisfaire son besoin sur le nutritionnel et la sécurité alimentaire et ensuite se préoccuper du bilan carbone, du bien-être animal », explique-t-il.

Le poids des lobbies
Alain Rouziès, d'UFC-Que Choisir, était le seul représentant des consommateurs à cette table ronde. Un costume peut-être un peu grand pour lui, car ses interventions ont provoqué des émois dans la salle, face à sa difficulté de reconnaître les progrès déjà réalisés et sa défiance sur le poids des « lobbies », y compris agricoles. « Un certain nombre de sujets nous préoccupe. Le regard de la société a évolué sur la viande. Des études mettent en garde sur l'utilisation des phytos... », insiste-t-il.


Conserver le dialogue entre les agriculteurs et la société
Pour Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, « les militants ont bien fait leur boulot, ils ont poussé le bouchon très loin et cela fait mal au coeur des agriculteurs car cela se propage et devient la pensée dominante [...] Mais la France, c'est aussi les prairies, l'emploi, la captation du carbone... On peut présenter les choses de façon différente. Rappelons tout de même que l'OMS a salué notre niveau de sécurité alimentaire ». Entre le discours des consommateurs et leur comportement réel, il y a parfois un gouffre. « Le samedi c'est la course aux prix les plus bas quand la semaine, on veut le plus beau, le plus bio... ». Elle ajoute : « on assiste à la disneyisation des animaux avec davantage d'émotion aujourd'hui sur la maltraitance des animaux que celle des personnes. » Il est donc nécessaire de renforcer le dialogue entre les agriculteurs et la société. « Il y a beaucoup à faire face au tsunami de critiques dont on a fait l'objet, ne baissez pas la tête ».

Regarder le chemin qui a été fait
Samuel Bouquet, agriculteur et administrateur à l'agence de l'Eau Seine-Normandie suggère de « regarder le chemin qui a été fait. La marée verte est en passe d'être résolue en Bretagne, la responsabilité exclusive des pesticides pour la mort des abeilles est loin d'être démontrée et nous n'utilisons pas les produits phytosanitaires comme autrefois ». Il pense qu'il faut « parler à nos voisins de nos pratiques simplement, faire tomber les barrières».

Hommage
Stéphane Donckele, secrétaire général, a rendu hommage à Arnold Puech d'Alissac, pour sa dernière assemblée générale en tant que président. « Plus de 25 ans de syndicalisme à ton actif, tu laisses ta place pour te consacrer à la FRSEA Normandie, au national et certainement à d'autres horizons très importants. Avoir été président des JA avec un président de fédé comme toi a été agréable car ta patience avec les novices est tellement perceptible qu'elle met en confiance, facilitant la mise en route de responsables professionnels. C'est ça aussi le syndicalisme, savoir attendre tout le monde ! C'est une de tes nombreuses qualités. »

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Union agricole

Les plus lus

Les Prés d’Artemare à Saint-Vaast-Dieppedalle (22 juillet).
Concerts à la ferme : carton plein en Seine-Maritime

Près de 900 personnes sont venues assister aux cinq concerts à la ferme qui se sont tenus en Seine-Maritime du 20 au 24…

L'aide à l'achat d'engrais minéraux azotés simples va de 50 à 70 € la tonne. Épandage d'engrais azoté sur blé.
Plan engrais 2026 : l'aide est aujourd'hui disponible

Le dispositif d'urgence exceptionnel qui accompagne les exploitations agricoles face à la hausse des coûts des intrants liée…

Philippe Sellier, membre du bureau de la FNB et éleveur allaitant dans l'Eure, martèle, devant le directeur de l'abattoir, que Bigard, leader français des abatteurs, orchestre une baisse continue des prix qui in fine se retournera contre toute la filière.
Les éleveurs bovins dénoncent des baisses de prix injustifiées

Dès 4 heures du matin, mardi 28 juillet, près d'une centaine d'agriculteurs venus de tous les départements normands ont bloqué…

Adoption définitive de la loi d'urgence agricole le 21 juillet 2026. Pour la FNSEA, « cette loi constitue une véritable bouffée d'oxygène pour les exploitations agricoles ».
Adoption définitive de la loi d'urgence agricole

L'Assemblée nationale puis le Sénat ont définitivement adopté le projet de loi d'urgence agricole mardi 21 juillet au soir.…

Au printemps, David Léger composte la litière deux fois à 15 jours d'intervalle. Il l'épand ensuite, sans l'incorporer sur ses prairies temporaires.
Une litière en plaquette bois pour booster la vie du sol

À Esteville, les vaches de David Léger logent sur une litière mixte construite sur de la plaquette bois. Sans impact sur le…

Au 20 juillet, les prairies sont fortement touchées par la sécheresse. Les éleveurs s'inquiètent pour les fourrages à venir.
Sécheresse : mobilisation autour des fourrages

Face à la baisse des fourrages, les éleveurs s'inquiètent. Le réseau FDSEA-FRSEA de Normandie lance une enquête afin d…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 300 €/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site L'Union agricole
Consultez le journal L'Union agricole au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal L'Union agricole