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1 200 fidèles pour célébrer le centenaire de l'Œuvre du Blé eucharistique

La fête du Blé eucharistique est un moment de fraternité entre l'Église et le monde rural seinomarin. Son centenaire a été célébré le 20 mai dernier dans la cathédrale de Rouen. Un très beau programme attendait les 1 200 fidèles du monde rural présents pour l'occasion.

Depuis sa création en 1926, l'Œuvre du Blé eucharistique récolte la farine ou l'argent nécessaire pour la fabrication des hosties destinées aux diocèses de Rouen et du Havre (lire aussi p. 13 de l'Union agricole du 26 mars). Le centenaire du Blé eucharistique a été célébré dans une atmosphère de grande ferveur et de profonde gratitude, marquant les 100 ans d'une œuvre spirituelle et pastorale au service de l'Eucharistie et de la vie chrétienne.

Au cours de cette journée anniversaire, les participants jeunes et adultes ont pu revisiter l'histoire de l'Œuvre du Blé eucharistique, découvrir ou redécouvrir l'intuition fondatrice de cette œuvre, et mesurer combien son message demeure actuel. Un colloque sur le thème "De la terre à l'autel, quand le grain de blé devient corps du Christ" était animé par Catherine Manné, rédactrice en chef à RCF en présence de trois intervenants sensibles au monde agricole, à savoir le Père Arnaud Favard (délégué des évêques de France pour la Mission rurale), le Père Frédéric Louzeau (membre du pôle de recherche du Collège des Bernardins), et bien sûr Arnold Puech d'Alissac, membre du bureau national de la FNSEA et élu de la FNSEA 76.

S'appuyant sur l'encyclique du pape François, Arnold Puech d'Alissac a rappelé les « ordres de grandeur vertigineux » auxquels l'humanité fait face pour nourrir sa population : une population mondiale multipliée par quatre en un siècle, passant de 2 milliards en 1926 à environ 8,3 milliards en 2026. Si les progrès techniques et recherches agricoles ont permis d'accompagner cette explosion démographique, elle pose fondamentalement la question du sens : « produire plus, pour quoi et pour qui ? » En Seine-Maritime, département clé en matière agricole et où le port de Rouen s'impose comme le premier port céréalier d'Europe, le constat est sans appel : il y a moins d'agriculteurs, mais chacun nourrit désormais environ 60 personnes, contre seulement 15 il y a quarante ans. Et face à l'obligation de « produire environ 50 % de nourriture en plus d'ici 2050 », l'agriculture se retrouve ainsi au croisement de trois réalités : « nourrir une population en forte croissance, protéger la création - préserver la biodiversité, les ressources naturelles comme l'eau et l'air, les sols, les arbres, les haies ainsi que l'ensemble des êtres vivants qui composent les écosystèmes -, et garantir la dignité de ceux qui travaillent la terre ».

« Pas d'écologie sans revenu »

Abordant le défi climatique et la mondialisation, qui déconnecte trop souvent le producteur du consommateur et écrase les exploitants agricoles sous le poids de règles, Arnold Puech d'Alissac a souligné la résilience historique de la Normandie, région favorisée par ses conditions pédoclimatiques et la fertilité de ses sols. Mais pour construire un avenir agricole pérenne, il convient de s'attaquer aux points faibles actuels du secteur, notamment « aux fragilités socio-économiques que rencontrent les agriculteurs ». Citant le pape François qui affirme qu'« il n'y a pas d'écologie sans justice sociale », Arnold Puech d'Alissac y a ajouté une condition indispensable : « la question de leurs revenus ».

Une intensité particulière

Le point culminant de cette fête a été la célébration de l'Eucharistie, source et sommet de toute la vie chrétienne, vécue avec une intensité particulière en ce jour symbolique. Elle a rassemblé les six évêques de Normandie, vicaires généraux, prêtres, collecteurs, donateurs, agriculteurs, officiels et fidèles dans une même prière, tournés vers le Christ, pain de vie donné pour le monde.

Cette célébration a permis de rendre grâce pour l'héritage transmis au fil des générations. Elle a été « l'occasion de renouveler l'appel à vivre toujours plus profondément de l'Eucharistie, à en faire le cœur de nos communautés et la force de notre témoignage », ont souligné les membres du clergé.

Ses organisateurs remercient tout spécialement les bénévoles et les Jeunes agriculteurs du département (JA 76) qui ont largement participé à ce moment.•

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