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Frelons asiatiques : anticiper les risques au printemps

Face à une prolifération record, le GDMA 76 et sa section apicole lancent ce printemps une nouvelle campagne de lutte contre le frelon asiatique en Seine-Maritime. L'objectif : protéger la biodiversité et la sécurité publique en imposant aux habitants un protocole rigoureux, du piégeage sélectif à la destruction subventionnée.

En Seine-Maritime, le frelon asiatique n'est plus seulement une menace pour les ruchers, c'est devenu un enjeu de sécurité publique et de budget pour les collectivités. Christophe Savoye, directeur du GDMA 76, rappelle que le conseil départemental apporte un soutien financier conséquent à la destruction des nids.

Le piège : l'erreur à ne plus commettre

Face à l'invasion, beaucoup de particuliers pensent bien faire en fabriquant des pièges avec des bouteilles plastiques. Pour Laure Bénard, technicienne sanitaire apicole au GDS de l'Eure, c'est une erreur écologique majeure. « Ces dispositifs sont de véritables abattoirs qui capturent tout et font autant de mal que le frelon lui-même », martèle-t-elle. En éliminant indistinctement les insectes utiles, ces pièges suppriment les proies naturelles du frelon, le forçant à se rabattre plus violemment sur les abeilles.

La stratégie repose désormais sur le piégeage sélectif de printemps. L'objectif est de capturer les reines fondatrices avant la fin mai. « On utilise des pièges à haute technicité, comme le VeluTrap de la société BeeVital, dotés de trous calibrés pour laisser entrer le frelon et de sorties pour les autres insectes », explique Laure Bénard.

Pour être efficace, le piège :

  • doit être placé près d'anciens nids, de ruchers ou de zones fleuries ;
  • situé à 1,20 m de hauteur, en plein soleil et à l'abri du vent ;
  • doit avoir un appât renouvelé tous les 8 à 10 jours pour rester attractif (mélange d'un tiers de bière brune, un tiers de vin blanc - le vin blanc repousse les abeilles - et un tiers de sirop de fruits rouges).

Si vous avez capturé un frelon, laissez-le dans le piège : il libère des phéromones qui attireront ses congénères.

Le mode d'emploi en cas de nid chez vous

Ne pas intervenir seul. Si une boule de cellulose apparaît dans votre haie ou sous votre toit, la consigne est de ne surtout pas intervenir seul, il s'agit d'un nid primaire. Christophe Savoye rappelle que l'insecte est particulièrement agressif dès qu'il ressent une agression : « Si vous taillez une haie et qu'ils se sentent agressés, ils piquent en masse. » De plus, une destruction sauvage du nid (tir au fusil...) favorise la dispersion des reines qui recréeront alors des nids satellites.

Identifier et signaler. Le nid primaire de printemps est petit, de la taille d'une orange. Dès sa détection, le réflexe à avoir est de vous connecter sur la plateforme départementale : frelonsasiatiques76.fr. « C'est notre point focal de réponse. On reçoit beaucoup d'appels, la plateforme permet donc de filtrer et de confirmer la présence du frelon », précise Christophe Savoye.

Choisir un professionnel habilité. Une fois le nid validé, la plateforme vous oriente vers une liste de prestataires. C'est un point sur lequel le directeur du GDMA 76 insiste : « Les entreprises sur notre liste sont les seules habilitées. Elles ont suivi une formation spécifique, possèdent les agréments pour l'usage des produits biocides et utilisent des méthodes respectueuses de l'environnement. » Ces professionnels injectent dans les nids du pyrèthre naturel, une solution efficace et peu rémanente.

Bénéficier des aides. Passer par ce réseau agréé est la condition sine qua non pour bénéficier de l'aide financière du Conseil départemental de la Seine-Maritime. En effet, le Département prend en charge 30 % du coût de la destruction (dans la limite de 30 euros). Certaines collectivités, comme la métropole de Rouen et la communauté urbaine du Havre participent aussi au coût de la destruction des nids. D'autres encore, des communautés de communes ou mairies sont de la partie, n'hésitez pas à les contacter.

Une course contre la montre

Pour les experts, l'efficacité de la lutte se joue maintenant. Intervenir au printemps sur un nid bas et peu peuplé évite de devoir gérer, en été, des colonies géantes perchées à 15 mètres de haut. « Il faut repérer et détruire les nids primaires », conclut Christophe Savoye. En suivant ce parcours officiel et sécurisé, chaque habitant participe à la protection de l'activité apicole sans mettre ni sa santé ni son budget en péril.•

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