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N°2043 (43)

22 octobre 2020 | Semaine 43 2043
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L'édito

Sanitaire.

La crise de la Covid-19 n’en finit pas.Chaque semaine se succèdent de nouvelles annonces de mesures destinées à freiner la progression du virus. Et chaque semaine nos concitoyens expriment leur fatigue de ces mesures qui entravent nos libertés dans l’espoir de vaincre cet ennemi invisible qui, faut-il le rappeler, altère gravement les capacités physiques de ses victimes, parfois jusqu’à la mort. Cette lutte contre le virus illustre parfaitement l’ampleur des moyens à mettre en œuvre et leur coût faramineux quand on doit se battre sans moyens adaptés contre un ennemi aussi destructeur. C’est pour éviter ces contraintes et ces coûts que nous avons accepté, en agriculture, de recourir, quand ils existent, à des traitements phytosanitaires sur nos cultures et à utiliser des médicaments pour soigner nos animaux. C’est aussi pour cela que le travail des instituts de recherche est essentiel. On mesure dès lors combien les agriculteurs sont démunis face aux maladies des plantes ou des animaux quand ils n’ont pas les moyens d’une lutte efficace ou, pire, quand on les en prive. On prend ainsi conscience de la nécessité de mesurer les avantages et les risques induits par les décisions d’autorisation de molécules à l’aune des « attentes sociétales ». Cela ne concerne pas que l’agriculture car, si nos concitoyens ont le ventre plein jusqu’à présent, il ne faudrait pas que des décisions dogmatiques aboutissent à créer des situations de pénurie.

Xavier Hay, vice-président de la FRSEA  de Normandie

N°2042 (42)

15 octobre 2020 | Semaine 42 2042
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L'édito

Femme rurale.

Aujourd’hui, 15 octobre, les femmes du monde rural sont à l’honneur puisque les Nations Unies leur consacrent une journée internationale dont l’ambition est de montrer, je cite, « le rôle et l’apport décisifs des femmes rurales, notamment autochtones, dans la promotion du développement agricole et rural, l’amélioration de la sécurité alimentaire et l’élimination de la pauvreté en milieu rural ». Cet événement a sans doute davantage de sens et d’importance pour celles qui portent à bout de bras le développement agricole et rural dans leur pays. Pour d’autres raisons, cette journée a aussi sa pertinence pour nous, femmes rurales françaises, alors qu’un agriculteur sur 4 est une femme et que 40 % des installations sont réalisées par des femmes. Plus personne ne remet en doute notre capacité à diriger une exploitation. Plus personne ne s’offusque d’être conseillé ou dépanné par une femme. Plus personne ne conteste notre rôle dans la vie sociale et politique de nos campagnes. L’action de nos organisations, de la commission nationale des agricultrices a participé à l’évolution des mentalités, à cette émancipation, à l’acquisition de droits nouveaux, et à la réduction des écarts entre les hommes et les femmes. C’est sans doute sur ce dernier point que nous aurons encore à travailler demain, pour tenter de faire enfin de la femme rurale, l’égale de l’homme rural.

Sylviane Lefez, présidente de la Commission des agricultrices de la FRSEA Normandie

N°2041 (41)

08 octobre 2020 | Semaine 41 2041
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L'édito

N’est pas fermier qui veut…

En plein débat sur le RIP et la condition animale, est née une nouvelle gamme de produits végétaux dénommée « les nouveaux fermiers ». Si a priori ces deux sujets ne sont pas liés, le fait que Xavier Niel soit à la fois le nouveau défenseur de la cause animale et le principal actionnaire de ce business sans viande florissant, n’est peut-être pas étranger à ce rapprochement. Mais là finalement n’est pas le sujet. Non, ce qui surprend le plus c’est d’abord que le nom choisi pour cette industrie fasse référence à notre métier et aux images d’Epinal que ce terme renvoie à l’esprit des consommateurs. Ensuite, et dans le même ordre d’idée, c’est que les produits commercialisés, 100 % d’origine végétale, continuent de s’appeler steak. Ce choix assumé de vouloir « garder le goût, la texture et les saveurs de la viande » alors même que les clients sont essentiellement encore des végétariens et autres vegans, relève sans doute des ficelles du marketing qui m’échappent. On sait que pour certains, pour vendre, tous les moyens sont bons, quitte à jouer sur les mots, sur les émotions, sur l’imaginaire collectif, voire même sur les peurs, pourvu que ça paye. En ça, ces fermiers-là, même nouveaux, ne nous ressemblent pas, assurément.

Patrice Faucon, président de la FNSEA 76

N°2040 (40)

01 octobre 2020 | Semaine 40 2040
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L'édito

Tourner la page.

Alors que la saison des ensilages bat son plein, beaucoup d’exploitants au nord de Rouen se remémorent sans doute ce matin du 26 septembre 2019 et l’arrivée du panache de fumée noire en provenance de l’incendie de l’usine Lubrizol. La suite de l’histoire, tout le monde la connaît et ceux qui voudraient l’oublier doivent se préserver des médias revenus en masse, en parler que de manière bien trop sombre. Alors, puisque nous commémorons le 1er anniversaire de cette catastrophe, quel bilan pouvons-nous en tirer pour le monde agricole ? D’abord, que c’est par notre union, et notre structuration que nous avons pu collectivement faire face à cette crise. Ensuite, que c’est par notre implication et notre organisation que nous avons su obtenir globalement, des indemnisations à hauteur de nos préjudices. Enfin, que c’est par notre sérieux et notre professionnalisme que nous avons regagné la confiance des consommateurs, en espérant que le négativisme médiatique ne vienne pas tout remettre en cause. Alors oui, nous devons continuer de nous battre pour solder les quelques dossiers d’indemnisation encore en cours, mais nous souhaitons aussi pouvoir passer à autre chose et nous concentrer pleinement sur notre beau métier de producteur.

Stéphane Donckele, secrétairegénéral de la FNSEA 76

N°2039 (39)

24 septembre 2020 | Semaine 39 2039
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Lin, patience!

55 jours. Voilà le délai qui nous sépare désormais des premiers coups de vent qui ont détruit un nombre conséquent d’hectares de lin dans le département, et dans les régions voisines. Depuis tout ce temps, la profession agricole, chambre, syndicalisme, remue ciel et terre pour que l’Etat apporte des solutions aux agriculteurs. Entre nous, la solution nous la connaissons tous, et, avec un peu de courage politique, le problème aurait pu être réglé rapidement. Mais non, simple n’est pas français. L’administration qui semble encline à autoriser le brûlage de ces lins continue de faire trainer et d’œuvrer pour compliquer la procédure, forcément individuelle et argumentée. Cet épisode résume malheureusement bien l’époque dans laquelle nous vivons et le travail syndical du moment : se battre pour expliquer que sans solutions, une interdiction ne devrait pas être imposée. C’est vrai pour le lin à brûler, pour les cultures à protéger, et pour les sujets autour des conditions d’élevage et tant d’autres. Malheureusement, au final, ce sont bien les agriculteurs qui pâtissent de ces décisions et qui doivent attendre, pour ce qui est du lin, que l’administration daigne leur permettre d’agir, en toute légalité.

Patrice Faucon, président de la FNSEA 76

N°2038 (38)

17 septembre 2020 | Semaine 38 2038
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Aberrant !

Alors que les négociations commerciales 2020 entre transformateurs et distributeurs se préparent, une question reste toujours en suspens  : quand les transformateurs laitiers arrêteront-ils de se regarder les uns, les autres afin de déterminer le prix du lait ? Pour la troisième année consécutive, les EGAlim sont sensés encadrer les négociations de fin d’année, et nous constatons que l’application de la loi est toujours plus que partielle ! Le prix du lait payé aux producteurs doit prendre en compte les coûts de production des éleveurs laitiers, ainsi que les spécificités des marchés sur lesquels se trouve le transformateur concerné. Mais plutôt que de respecter la loi, les industriels se plaisent encore à regarder ce que fait le voisin, afin de ne surtout pas faire plus ! Certains transformateurs sont même allés jusqu’à inscrire, dans leurs contrats avec les organisations de producteurs, des « clauses environnementales » afin de réaligner leur prix du lait sur la concurrence si jamais ils venaient à faire mieux ! C’est une aberration ! La FRSEA de Normandie, consciente de la difficulté que représente une négociation commerciale avec un acheteur de lait, condamne toutefois cette pratique, qui ne respecte en rien l’esprit de la loi EGAlim. Lors de l’assemblée générale du Cniel le 9 septembre dernier, les représentants de la transformation étaient présents, et l’hypocrisie autour des EGAlim était de mise ! Le ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie, également présent, a toutefois reconnu que la loi Alimentation n’avait pas encore atteint son objectif. Sera-t-il celui qui permettra la concrétisation de cette avancée législative ?

Ludovic Blin, président de la section lait de la FRSEA de Normandie

N°2037 (37)

10 septembre 2020 | Semaine 37 2037
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Faisons preuve de bon sens!

A l’aube du festival de la Terre, nous venons de passer en vigilance rouge Covid-19 sur le département. Ce festival, tant apprécié par notre réseau, nos collègues et amis agriculteurs ou ruraux est un lieu privilégié de rencontre et de partage d’après moissons. Nous nous efforçons d’année en année à le partager avec la population plutôt citadine et néorurale.Oui le festival de la Terre est un très bon moyen pour communiquer auprès de nos réseaux et aussi maintenant auprès de tous les Seinomarins. Covid-19 ou pas, l’ensemble du conseil d’administration des JA 76 a fait le choix d’emmener le projet au bout en respectant les restrictions pour contrer le risque sanitaire. Merci encore au canton de Montivilliers pour la co-organisation de cet événement et aussi aux JA de Boos-Buchy pour proposer une restauration de qualité, locale et respectant tous les gestes barrières.Venez nombreux, sereins et avec le sourire sous vos masques, ce week-end à Octeville-sur-Mer pour un festival exceptionnel entre mer et ville. Soyons disciplinés et je vous promets deux magnifiques journées sur cette belle commune aux portes du Havre.

Charles Vimbert, président de JA 76

N°2036 (36)

03 septembre 2020 | Semaine 36 2036
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Décryptage.

Comme chaque année, la chambre d’agriculture de Normandie a publié un document décryptant l’installation sur notre territoire. Les chiffres sont plutôt satisfaisants et témoignent d’une réelle attractivité de notre métier. Nous pouvons bien sûr nous en féliciter mais aussi, en ces temps de rentrée scolaire, se donner un « peut mieux faire » en guise d’encouragement. Un élément est, il me semble, à surveiller : l’évolution du montant des reprises. Naturellement, plus il est élevé, plus il sera compliqué pour un jeune de s’installer voire pour un cédant de transmettre son outil. Pour tenter d’enrayer ce phénomène, il est donc nécessaire d’établir une politique de renouvellement forte et durable basée à la fois sur des aides à l’installation soutenues mais aussi sur une politique foncière tournée vers l’installation. Le schéma des structures, la réforme de la PAC, l’éventuelle loi foncière, la question du transfert de parts de société et j’en passe, seront autant de leviers susceptibles de favoriser, ou non l’installation. Notre ambition pour l’installation des jeunes toujours plus formés est intacte. Mais parce que notre indépendance alimentaire passe aussi par notre capacité collective à renouveler les générations, nous comptons sur la mobilisation de tous.

Justin Lemaître, secrétaire général des JA 76

N°2035 (35)

27 août 2020 | Semaine 35 2035
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Oxygène

Les pluies de cette semaine ne doivent pas faire illusion : nous connaissons une année climatique très difficile. Et la Normandie n’échappe pas aux difficultés constatées sur l’ensemble du territoire national. En effet, les rendements en cultures céréalières et en oléagineux sont très hétérogènes, de -15 à -50 % selon les secteurs, les dates de semis ou la pression des parasites. La récolte de paille est très faible ce qui crée des difficultés à la fois pour ceux qui la vendent et pour ceux qui l’achètent, c’est-à-dire les éleveurs. En effet, le pâturage est arrêté depuis de longues semaines et les animaux sont nourris grâce aux stocks prévus pour l’hiver C’est pourquoi l’approvisionnement en paille est sensible, tant pour le paillage que pour l’alimentation des bovins. C’est aussi pourquoi nous demandons l’engagement des procédures de reconnaissance en calamités agricoles pour nos départements normands. Si nous savons que l’accès de nos exploitations aux aides du fonds national de gestion des risques agricoles (FNGRA) est difficile du fait de critères qui défavorisent les exploitations de polycultures, nous demandons aux représentants de l’État de procéder à un dégrèvement massif de la taxe sur le foncier non-bâti. Cette bouffée d’oxygène donnera aux agriculteurs quelques moyens pour compléter leurs approvisionnements et compenser, un tant soit peu, les pertes constatées sur nos cultures.

Arnold Puech d’Alissac, président de la FRSEA de Normandie

N°2034 (34)

20 août 2020 | Semaine 34 2034
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Enfin du bon sens.

En déplacement à Biarritz, Barbara Bompili, ministre de la Transition écologique a annoncé que le gouvernement proposerait à l’automne, une modification législative pour autoriser les agriculteurs à utiliser dès 2021 et jusqu’en 2023 maximum, sous « conditions strictes », des semences de betteraves enrobées de néonicotinoïdes, afin de « pérenniser » la filière sucrière française. En ouvrant cette porte pour une meilleure protection des betteraves, la ministre a entendu les arguments de la profession et compris que sans autres alternatives, le recours à l’enrobage des semences est la meilleure façon de protéger la culture et donc de pérenniser la filière. Même si rien n’est encore acté, cette décision politique montre qu’il reste une once de bon sens dans la tête de nos dirigeants. Interdire pour interdire ne mène à rien et peut même conduire toute une filière dans le mur. Encore une fois, le monde agricole est ouvert aux changements mais a besoin de temps et de solutions techniques autres pour continuer à produire en quantité et en qualité suffisantes pour tous. Et puisque la liste des impasses techniques dans laquelle la décision politique a conduit le monde agricole est encore longue, gageons que cette prise de conscience estivale pour le secteur betteravier en appellera d’autres.

Patrice Faucon, président de la FNSEA 76

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