Anciens numéros

288 anciens numéros

N°2031 (31)

30 juillet 2020 | Semaine 31 2031
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L'édito

Incontournable
La  moisson est pour beaucoup d’entre nous, un moment clé dans la vie de nos entreprises. Après des orges et des colzas aux résultats pour le moins disparates, les rendements en blé s’annoncent également inégaux que l’on soit à l’est ou à l’ouest du département, dans des bonnes ou des petites terres. A cela, nous sommes préparés et puisque cette incertitude est l’essence même de notre métier, nous l’acceptons volontiers. Ce que nous refusons en revanche, c’est que nos rendements, la qualité de nos récoltes dépendent de facteurs exogènes, imposés par la décision politique, au nom parfois d’une idéologie sans fondement. Il n’est en effet, et par exemple, pas normal que des maladies ou des ravageurs, contre lesquels nous pourrions nous défendre, viennent réduire nos récoltes sans que nous puissions réagir. Le défi de l’indépendance alimentaire ne pourra être relevé que si nous, producteurs français, sommes en capacité de produire comme nos voisins et concurrents. A défaut, il faudra se résoudre à importer toujours plus, sans trop regarder comment ces denrées sont produites. Là est le vrai enjeu de demain. En attendant, nous vous souhaitons une bonne et fructueuse moisson.

Patrice Faucon, président de la FNSEA 76

N°2030 (30)

23 juillet 2020 | Semaine 30 2030
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L'édito

Au pied du mur.
Tout juste nommé ministre, Julien Denormandie sillonne la campagne à la rencontre du monde agricole. L’exercice qui consiste à prendre le pouls du secteur dont on vient d’hériter la charge, est un classique politique. De son côté, par exemple, le nouveau garde des Sceaux s’est fendu d’une visite dans une prison et dans un centre de rétention pour mineurs. Si la tradition est ici respectée donc, on est en droit de se demander ce qu’il ressortira de ces échanges ministériels. En tant que syndicaliste réaliste, on serait tenté de dire « rien, comme d’habitude  ». Comme responsable positif, nous espérons toujours qu’enfin un (grand) ministre prendra la réelle mesure des difficultés du monde agricole pour y apporter des réponses concrètes. En Ile-de-France, les responsables agricoles ont montré au ministre les conséquences de la suppression des néonicotinoïdes sur betteraves, particulièrement frappées cette année par la jaunisse. Cet exemple betteravier doit faire prendre conscience au ministre, de formation agricole, que toutes les décisions prises doivent être évaluées scientifiquement. Depuis des mois, s’agissant des produits phytos, notamment mais pas uniquement, la FNSEA martèle « qu’il ne peut pas y avoir d’interdiction sans solution ». Le ministre, qui vient d’être confronté à la réalité du terrain, a maintenant toute latitude pour agir. Et puisque que c’est au pied du mur qu’on voit le maçon, nous saurons dans quelques mois sur quel ministre nous pourrons compter !

Patrice Faucon, président de la FNSEA 76

N°2029 (29)

16 juillet 2020 | Semaine 29 2029
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L'édito

Déplacement virtuel !

Le nouveau ministre de l’agriculture, Julien Denormandie, a choisi notre région pour faire sa première sortie sur le terrain. Il est vrai que la Normandie est une région idéale pour se confronter aux réalités de l’agriculture dans sa diversité et prendre le pouls de la situation actuelle. La Normandie a aussi l’avantage d’être très proche de Paris et de permettre un aller-retour sans trop manger sur l’emploi du temps d’un ministre bien occupé. Il doit prendre connaissance de son nouveau portefeuille ministériel. N’oublions pas qu’il est diplômé d’Agro Paris Tech !Bref ! le ministre est venu dans l’Eure en catimini, incognito, en coup de vent. Il n’a souhaité croiser personne ! Juste se rendre dans une exploitation. Il n’a pas pris la peine de rencontrer les forces vives du monde agricole. Il voulait sûrement voir à quoi ressemblait un tracteur. Mais de l’actualité agricole, nenni, de l’état des récoltes actuelles, de la problématique des ZNT, de l’état du marché laitier, il n’a pas voulu en entendre parler. Monsieur le ministre, votre déplacement est un coup d’épée dans l’eau ! Si ce n’était organisé que pour alimenter votre compte twitter. Car de cela vous n’en n’avez pas fait l’impasse. A quand une confrontation en réel et non virtuelle, vous qui vous vous voulez le ministre des agriculteurs ?

Philippe Sellier, FNSEA 27

N°2028 (28)

09 juillet 2020 | Semaine 28 2028
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Hésitation

Julien Denormandie a été nommé ministre de l’Agriculture. Il succède à Didier Guillaume qui aura fait preuve de bonne volonté au ministère, sans vraiment donner l’impression de peser sur la politique du gouvernement. Le nouveau ministre a désormais la responsabilité d’un secteur qui hésite entre l’espoir suscité par la reconnaissance spontanée de son apport essentiel à la société pendant la crise sanitaire et cette impression d’être toujours accusé de tous les maux de notre société. Les agriculteurs attendent de leur ministre, à la fois jeune et agronome, une compétence et une conscience des enjeux agricoles qui dépassent les velléités bien-pensantes. Chacun à notre place, nous exerçons notre métier avec la conscience aigüe de notre rôle dans la société : mettre à la disposition de nos concitoyens des produits abondants, sains et bon marché, préserver notre environnement et favoriser le renouvellement de nos ressources naturelles, entretenir nos paysages, la faune et la flore de nos campagnes. En échange, nous demandons seulement à vivre dignement de notre métier. Pour ce faire, le ministre devra compléter le dispositif issu de la loi Egalim pour le rendre efficace en termes de revenu agricole. Il aura aussi sur son bureau le dossier de la future PAC dont le caractère agricole est de plus en plus menacé et qui promet d’âpres négociations. C’est à l’aune des résultats sur ces sujets qu’il obtiendra que nous porterons un jugement sur son action.

Arnold Puech d’Alissac, président de la FRSEA de Normandie

N°2027 (27)

02 juillet 2020 | Semaine 27 2027
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Vague verte

Après bien des péripéties, les 35 000 communes françaises ont donc renouvelé leurs équipes municipales. Comme à chaque fin de scrutin, les grands appareils politiques comptent les points et y vont de leurs bilans en n’hésitant pas, comme Jacques Martin en son temps, à se déclarer tous vainqueurs. Parmi ceux qui se sentent pousser des ailes, le mouvement vert peut indéniablement revendiquer une certaine progression avec la « prise » de plusieurs grandes villes. L’urgence climatique, renforcée en ces temps confinés, a donc trouvé un certain écho dans les urnes. Au-delà même de ce scrutin et avec les travaux de la convention citoyenne, la protection de l’environnement et du climat apparaît comme Le sujet du moment, que tout décideur politique désireux de bien faire ou de surfer sur la vague, devra prendre en compte. Reste à savoir comment ce virage va se traduire concrètement. Est-ce que l’écologie intelligente, incitative, encourageante, progressive, pragmatique, va remplacer la version coercitive, punitive, contraignante et accusatrice que nous connaissons aujourd’hui ? Comment cette vague verte, dont l’épicentre semble être en milieu urbain, va-t-elle déferler sur le monde rural et agricole ? Et puisque nous nous positionnons clairement du côté des apporteurs de solution au changement climatique, espérons que le politique et le citoyen sauront partager et accompagner notre ambition.

Fabrice Moulard, président de la FNSEA 27

N°2026 (26)

25 juin 2020 | Semaine 26 2026
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L'édito

La vraie question.

Les 150 citoyens en charge de la convention pour le climat ont donc rendu leurs 149 propositions. Pour le secteur agricole, l’une des préconisations est une « diminution de l’usage des produits phytopharmaceutiques de 50 % d’ici 2025 ». On ne va pas ici tirer à boulets rouges sur l’ambition de ces citoyens qui ont sans doute réfléchi en toute sincérité aux actions à mener pour sauvegarder la planète. Mais quand même. Il me semble que la vraie question n’est pas de savoir s’il faut ou non des phytos, sans préciser d’ailleurs le sort réservé à ces produits utilisés en usage domestique, mais bien de mesurer notre capacité à nourrir une population toujours plus nombreuse sans l’aide précieuse  de ces produits. On peut tous incanter, espérer, réclamer qu’on utilise moins de phytos. C’est sans doute bon pour la conscience, très populaire, mais cela ne résout rien. Plutôt que de nous dire comment ne pas faire, dites-nous plutôt comment faire. Dites-nous, par exemple, comment apporter durablement aux 820 millions de personnes qui souffrent encore de la faim dans le monde, une nourriture saine et de qualité. Je vous l’accorde, il est plus facile de prôner la réduction des phytos et l’abaissement de la vitesse sur autoroute que de répondre à cette question, pourtant centrale, il me semble.

Patrice Faucon, président de la FNSEA 76

N°2024 (24)

11 juin 2020 | Semaine 24 2024
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Un foncier à taille humaine

Et si la première loi de la reconquête de notre autonomie alimentaire était « la » loi foncière tant attendue ? On le sait tous, qu’on en profite ou que l’on s’en insurge, les règles sur le foncier sont contournées. Il n’y a plus de concurrence saine et loyale réelle entre les acteurs. Une grande partie des terrains libres se retrouve absorbée dans de grands ensembles qui, une fois le temps de la succession venu, risquent de passer sous le contrôle d’ensembles financiers qui n’ont rien à voir avec l’agriculture familiale, où le chef d’exploitation est celui qui décide. En attendant ce débat national, JA Normandie a décidé de souscrire au capital de la « SCEA Safer » pour entrer en concurrence avec des agrandissements abusifs. Cette arme, qui se veut de dissuasion, a pour but de faire barrage aux prédateurs fonciers, et de bousculer le législateur dans son attentisme. L’installation massive de jeunes agriculteurs est la fondation de notre capacité à nourrir notre pays en cas de trouble mondial et gage de triple performance économique, sociale et environnementale. C’est un enjeu qui ne peut plus attendre.

Pierre Le Baillif, président de JA Normandie.

N°2023 (23)

04 juin 2020 | Semaine 23 2023
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La Commission fait fausse route !

Les incohérences des orientations adoptées par la Commission dans les stratégies « De la fourche à la fourchette » et « biodiversité », conduiront l’agriculture européenne dans une impasse. (…) Les enjeux de souveraineté alimentaire de l’Union européenne, largement déclamés par les dirigeants européens et l’impérieuse nécessité de conserver une activité de production sur le sol européen imposent une vision de croissance durable. (…) Alors que toutes les agricultures du monde seront nécessaires pour nourrir l’humanité en 2050, la Commission propose notamment de mettre sous cloche, 10 % de la SAU (surface agricole utile) en « surfaces paysagères diversifiées ». (…) Est-ce ainsi que l’on assurera la souveraineté alimentaire de la France et de l’Union européenne ? Est-ce ainsi que l’on permettra aux agriculteurs de vivre dignement de leur métier et d’assurer le dynamisme économique des territoires ruraux ? Face à ces propositions décalées, la FNSEA appelle de ses vœux un Pacte vert, qui défend une triple performance, économique, sociale et environnementale, et s’appuie sur un plan de relance financé à la hauteur de l’enjeu pour renforcer la souveraineté alimentaire européenne. Elle appelle à une véritable stratégie de transition environnementale et climatique, qui favorise les investissements innovants, en particulier dans le numérique, et qui est dûment soutenue par une PAC rénovée définissant des orientations européennes et un cadre commun d’exigences et de droits entre les Etats membres. La FNSEA milite pour que dynamisme économique et durabilité environnementale aillent de pair. C’est ainsi que l’on permettra à l’agriculture de jouer son rôle central dans la lutte contre le changement climatique, le maintien de nombreux emplois et la préservation de la biodiversité.

FNSEA

N°2022 (22)

28 mai 2020 | Semaine 22 2022
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Clarifier les objectifs

La réforme de la PAC connaît bien des soubresauts. Après un premier report lié aux interminables négociations sur le plan de sortie du Royaume-Uni, les dossiers européens sont aujourd’hui relégués à l’arrière-plan, loin derrière la nécessaire et urgente question de traiter la crise sanitaire. Ainsi, la consultation publique qui devait débuter en mars est reportée à septembre. La question du futur budget n’est toujours pas tranchée. Enfin, les travaux engagés au niveau national pour identifier les priorités françaises de la PAC sont mis en sommeil. Aujourd’hui, il est grand temps de poser les stylos et de réfléchir sérieusement à la future PAC. En commençant par les objectifs, et en poursuivant par un budget. Il sera alors temps de se pencher sur les outils. Car la crise sanitaire est passée par là. Elle a mis en lumière de la manière la plus vive les lacunes du libre-échange prôné par les instances européennes. La libre concurrence ne règle pas tout, certains sujets recouvrent une dimension que les seuls aspects économiques ne suffisent pas à gérer. L’alimentation, et donc l’agriculture, en fait partie. Il est alors question de sécurité alimentaire, de puissance stratégique, d’indépendance. Les pères de l’Europe l’avaient bien identifié il y a soixante ans. Il faut revenir aux fondamentaux de la construction européenne. L’Europe, l’agriculture et les consommateurs européens ont tout à y gagner.

Anne-Marie Denis, vice-présidente de la FRSEA de Normandie

N°2021 (21)

21 mai 2020 | Semaine 21 2021
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Vagabondez local !

Il y a quelques jours, le Gouvernement a annoncé un grand plan de soutien à destination des acteurs du tourisme, particulièrement fragilisés par les longues semaines de confinement. Vous découvrirez dans ce journal, une double page sur la façon dont les professionnels du tourisme rural et agricole vivent cette crise et s’organisent pour tenter d’y faire face. Naturellement, ce soutien de l’Etat sera nécessaire pour, sinon combler le manque à gagner, au moins pour apporter la trésorerie nécessaire à toutes ces entreprises. Là encore, comme pour le reste, le citoyen aura son rôle à jouer. Comme pour l’alimentation, il est primordial que les français aient le réflexe du consommer local y compris pour ses vacances ou ses loisirs. Et puisque le consommateur semble avoir retrouver le goût de l’achat en direct chez le producteur, il faut aussi que le touriste, le vacancier aient le même réflexe. Nos campagnes regorgent de gîtes, de chambres d’hôte, d’accueils à la ferme capables, comme les grands groupes et mieux encore, d’apporter le service recherché. L’Etat, dans cette crise ne pourra pas tout. Aux consommateurs et aux citoyens de prendre aussi leurs responsabilités pour que l’économie, et celle du tourisme si pourvoyeuse de richesse pour notre pays, reparte au plus vite.

Patrice Faucon, président de la FNSEA 76

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