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230 anciens numéros

N°1925 (25)

19 juin 2019 | Semaine 25 1925
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L'édito

Marges
La cuvée 2019 du rapport Chalmin est parue. Elle produit une multitude de chiffres sur les constitutions des marges tout au long de la chaîne alimentaire, du producteur au consommateur. Le rapport confirme le constat dressé par les syndicats, FNSEA en tête : producteurs et consommateurs sont toujours étrillés sur l’autel de la guerre des prix. Et comme d’habitude, Philippe Chalmin pointe les limites à l’exercice de son observatoire des prix et des marges. Effectivement, tant qu’il ne maîtrise pas l’affectation des charges de structure à l’intérieur des magasins, la transparence qu’il apporte demeure toute relative puisqu’il travaille avec les données fournies par les magasins. On ne s’étonne pas dans ce contexte que les marges des rayons alimentaires soient réputées faibles puisque c’est la conclusion que recherchent les distributeurs. En somme, le rapport de l’observatoire ne montre que ce que les distributeurs veulent bien nous montrer. Alors que la loi Egalim est entrée en application, il est désormais temps de passer à la vitesse supérieure et de transformer cet observatoire gadget en outil de transparence. Cela passe par des pouvoirs d’investigation accrus. Et une fois encore, la balle est dans le camp du gouvernement. Donnera-t-il à l’observatoire les moyens de son ambition ?

Anne-Marie Denis vice-présidente de la FRSEA Normandie

N°1924 (24)

13 juin 2019 | Semaine 24 1924
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L'édito

Sucré salé !
Le moins que l’on puisse dire est que la filière betterave traverse une zone de turbulences marquée d’une part par une baisse des prix à la production et d’autre part et pire encore, par une volonté forte de certains industriels de se restructurer en fermant de ci de là, quelques usines. Le syndicalisme, et la CGB notamment s’est pleinement saisi de ce sujet crucial pour l’ensemble de la filière. Car derrière la question de la place que tiendra demain la betterave dans nos assolements, découle immédiatement celle de la capacité de nos outils à exister. Il faut ajouter à la réflexion que dans l’équilibre de nos filières végétales, l’affaiblissement de l’un des maillons peut avoir de graves conséquences sur les autres. N’oublions pas non plus que la force de l’économie agricole seinomarine réside dans la diversité de ses systèmes d’exploitation et de ses productions. Pour toutes ces raisons, nous devons nous battre pour conserver en France, notre capacité de production, sans pour autant que les logiques industrielles ne pénalisent les producteurs. Alors oui l’équation est complexe, mais il est du rôle et du devoir du syndicalisme de la poser et de tenter de la résoudre.

Patrice Faucon, président de la FNSEA 76

N°1923 (23)

06 juin 2019 | Semaine 23 1923
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L'édito

Pétrole vert
Lundi 3 juin, la FNSEA 76 et JA 76 ont reçu à Bois-Guillaume les parlementaires du département pour un large tour de l’actualité agricole. Vous découvrirez dans cette édition le contenu de nos échanges. Nous avons alerté les élus, sur l’impérieuse nécessité de redonner aux secteurs agricole et agroalimentaire, la compétitive nécessaire, vitale à nos entreprises et plus largement, à l’économie du pays. Toutes les études le montrent. Jour après jour, la France perd des parts de marché et si le solde de la balance commerciale du secteur est encore excédentaire, on se demande pour combien de temps encore. Pendant qu’en France, nous nous interdisons certaines molécules, et je parle ici de néonicotinoïdes sur betteraves par exemple, d’autres s’octroient des dérogations pour les utiliser encore et pour mieux nous tailler des croupières demain. Hasard du calendrier ou vraie stratégie industrielle, dans le même temps, c’est en France qu’on ferme des sucreries. Alors, nous avons rappelé aux élus qu’il est urgent de changer de paradigme. En leur temps, des hommes politiques avaient considéré l’agriculture comme le « pétrole vert de la France » et placé « l’agriculture parmi les secteurs d’avenir de notre économie ». Nous en appelons aux élus d’aujourd’hui, pour qu’ils aient rapidement, le courage d’une telle ambition.

Patrice Faucon, président de la FNSEA 76

N°1922 (22)

29 mai 2019 | Semaine 22 1922
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L'édito

Happening

Certains appellent cela un « happening », d’autres le qualifient de « buzz », mais l’intrusion la semaine dernière d’un député de la France Insoumise de la Seine-Saint-Denis dans l’exploitation d’un éleveur de porc n’est pas autre chose qu’une effraction. Et ce doit être sévèrement réprimé. Qu’un élu de la République se permette de surfer sur l’actualité avec l’arrestation de certains membres de la secte Boucherie abolition la semaine dernière est simplement pitoyable et démontre totalement l’ignorance des élus urbains de la réalité de l’agriculture française et de son élevage. Les élus et responsables de la politique publique de la France ne doivent pas, par leur comportement, dénigrer l’un des secteurs économiques du pays les plus encadrés et surveillés et qui permet de fournir à nos concitoyens une alimentation saine et variée. Les agriculteurs ne doivent plus subir les attaques de certains illuminés et la remise en cause permanente de leur travail. Aujourd’hui, le ministre de l’Agriculture, le Premier ministre et l’ensemble du gouvernement doivent dénoncer d’une même voix ces comportements irresponsables d’autant plus quand ils proviennent d’élus de la République.

Philippe Sellier, FNSEA 27

N°1921 (21)

23 mai 2019 | Semaine 21 1921
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L'édito

Lobbies
L’élection des députés européens aura lieu ce dimanche 26 mai. Au cours de cette campagne, la notion de lobbies, de leur puissance, de leur influence, et de leur nuisance, a largement été évoquée, bien plus que l’agriculture et ses enjeux, ses projets, les solutions qu’elle peut constituer face à certains défis auxquels notre société doit faire face. Sur l’agriculture, nous avons davantage entendu le lobby de la peur, celui qui déclame tous les maux et les risques, réels ou supposés, auxquels nous sommes exposés. Celui qui omet de dire que l’agriculture et l’alimentation française sont les plus sûres et le modèle de production le plus durable du monde selon « The Economist Intelligence Unit », relayé par le ministère de l’agriculture. Un ministre de l’agriculture qui participe à ce marché de la peur en prônant le retour aux méthodes de nos grands-parents, oubliant les acquis et la valeur de l’agriculture française dont il a pourtant la charge. L’agriculture que nous pratiquons est raisonnée et ne se contente pas de réagir ou sur-réagir au gré des émotions relayées par ce lobby de la peur. Raisonnée et raisonnable, notre agriculture est durable, n’en déplaise. Aussi, face à ces candidats qui n’ont pour projet que des interdictions, nous rappelons que nous n’acceptons pas d’interdiction sans solution et qu’il ne saurait y avoir d’interdiction sans raison. Les émotions médiatiques se succèdent à un rythme effréné. Pour être durable, l’agriculture, elle, s’inscrit dans un temps long. La politique agricole doit suivre le même rythme. C’est aussi un enjeu de ces élections.

Arnold Puech d’Alissac, président de la FRSEA Normandie

N°1917 (17)

25 avril 2019 | Semaine 17 1917
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Phytosanitaire.
La vue d’un pulvérisateur déclenche des réactions agressives chez certains individus, faibles. Des associations «environnementalistes» appellent à ces débordements quotidiennement par les réseaux sociaux! Eaux et Rivières de Bretagne invite à la délation de pratiques pourtant autorisées! Cela a même conduit un hurluberlu à s’en prendre à un producteur d’olives bio!
Le respect des règles et des normes est l’affaire de l’Etat et de son administration avec des agents formés et assermentés. L’Etat doit faire respecter le droit et ne pas laisser des pseudo-écolos s’arroger le pouvoir de décider ce qu’il est possible de faire ou non. L’utilisation des produits phytosanitaires est encadrée, règlementée, soumise à des autorisations de mises sur le marché. Comme l’ensemble des produits utilisés par la médecine humaine. Ce sont des composés chimiques pas plus dangereux, pas moins dangereux que ceux-ci. Les cultivateurs ont enclenché une grande campagne de communication, cela s’avère primordial pour recréer le lien et expliquer les méthodes culturales auprès de nos concitoyens.

Philippe Sellier FNSEA 27

N°1916 (16)

18 avril 2019 | Semaine 16 1916
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L'édito

Indexer
La proposition d’indexer les retraites sur l’inflation semble avoir cours actuellement dans les coulisses du pouvoir. C’est une bonne chose et ce n’est pas trop tôt. Cela fait de longs mois que nous réclamons cette mesure de maintien du pouvoir d’achat des retraités. Il est juste dommage qu’il faille des semaines de contestation pour que le gouvernement se rende enfin à l’évidence des arguments que nous lui avons maintes fois expliqués. En effet, comment maintenir le pouvoir d’achat de personnes qui vivent de leur pension de retraite si la valeur du point ne suit pas les hausses du coût de la vie ? C’est d’autant plus vrai que les pensions sont faibles, ce qui est le cas pour les retraités agricoles, plus encore que pour d’autres. Couplée à la hausse de la CSG, la désindexation des retraites a eu des effets dévastateurs sur notre pouvoir d’achat. Avant qu’il s’attaque à l’inégalité des prélèvements sociaux selon qu’on soit retraité salarié ou non-salarié, il est plus que temps que le gouvernement ouvre les yeux et mette fin à un matraquage fiscal aveugle qui pénalise les retraités agricoles sous prétexte de redresser les finances publiques. Si un effort doit être produit, il doit être partagé et équitablement réparti. Quant aux retraites, bien sûr qu’il faut les indexer sur l’inflation !

François Legras, président de la section régionale des anciens exploitants

N°1914 (14)

04 avril 2019 | Semaine 14 1914
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L'édito

Pas convaincant
Le ministre de l’agriculture Didier Guillaume est intervenu en clôture du congrès de la FNSEA jeudi dernier à Nancy. Le moins que l’on puisse dire est que son discours nous a laissés sur notre faim. Certes, il a répété sa reconnaissance pour ce que les agriculteurs apportent à la société en termes d’alimentation, de qualité, de protection de l’environnement. Il a aussi convenu que les agriculteurs sont les premiers défenseurs de l’environnement et du bien-être des animaux. Il s’est érigé une nouvelle fois en défenseur des agriculteurs contre l’agri-bashing. Mais tout cela ne suffit pas. Car il a aussi longuement insisté sur la désormais fameuse « montée en gamme » nécessaire de la production agricole, une montée en gamme qui passe par la réduction, voir la suppression des molécules chimiques. Bref, il a fait du « en même temps » ainsi que le veut la marque de fabrique de ce gouvernement. Enfin, il a affirmé qu’il n’y aurait pas d’accord avec le Mercosur. Cela devrait nous réjouir mais l’absence d’explication et d’argumentation nous laisse dubitatif. Et ce d’autant plus qu’il a rappelé qu’il ne fallait pas écouter les promesses des politiques. Dans ces conditions, on ne peut pas dire que Didier Guillaume ait été convaincant.

Arnold Puech d'Alissac, président de la FRSEA Normandie

N°1913 (13)

28 mars 2019 | Semaine 13 1913
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Prairies
En Normandie et donc en Seine-Maritime, les exploitants ont reçu de la DDTM des courriers les sommant de remettre en herbe les parcelles retournées en 2018. En 2019, du fait de l’amélioration du fameux ratio, le retournement est à nouveau possible sous réserve d’avoir sollicité l’avis du bassin versant. Dans les faits, un exploitant pourrait donc être amené a retourner une parcelle de blé pour la remettre en herbe et dans le même temps, labourer une prairie pour y semer du blé… Ce nouvel épisode témoigne de la place qu’a pris l’herbe dans la société et dans les politiques publiques. Certains n’hésitent plus, en évoquant nos herbages, à parler de « bien commun », légitimant ainsi toutes les prises de position des acteurs en lien avec l’eau, l’érosion, la biodiversité, les paysages et j’en passe. Tous ont un avis sur ce qu’il faudrait faire et surtout ne pas faire avec l’herbe. On a parfois le sentiment, que dans cette agitation ambiante autour de l’herbe, on a oublié d’intégrer le principal intéressé, l’éleveur. Alors oui, l’herbe est au cœur de nombreux enjeux. Nous en sommes conscients et sommes prêts à y travailler. Mais n’oublions pas que l’herbe est surtout un élément clé dans l’équilibre économique de nos exploitations et que seule l’amélioration des revenus en élevage permettra de préserver durablement l’herbe.

Patrice Faucon, président de la FNSEA 76

N°1912 (12)

00 0000 | Semaine 12 1912
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SIE
Nous avons de cesse de dénoncer dans les colonnes du journal et ailleurs, le mal français que constitue la surtransposition de la réglementation européenne. Le dernier cas recensé concerne les dates d’implantation des surfaces d’intérêt écologique (SIE) « cultures dérobées » pour lesquelles l’administration départementale doit se positionner pour 2019. A l’été 2018, la FNSEA 76 s’est déjà insurgée contre la date unique choisie à l’époque (20 août – 14 octobre) et a demandé pour 2019, et comme le règlement européen le précise, que la gestion de cette période d’implantation se fasse à l’échelle individuelle. Depuis un an, le gouvernement s’y refuse en invoquant comme toujours, des « difficultés administratives et techniques de mise en œuvre ». En clair, l’administration centrale refuse de mettre à jour son outil informatique. Excuses tant de fois entendues, et toujours aussi insupportables. Nous attendons juste du gouvernement qu’il se contente, pour une fois, d’appliquer à la lettre le règlement européen. Le candidat Macron s’était engagé à mettre fin à toute surtransposition et à imposer même
« que les démarches administratives soient simplifiées avec une administration facilitatrice ». Pourrait-on imaginer, cette fois, que la parole politique soit tenue ?

Patrice Faucon, président de la FNSEA 76

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