Anciens numéros

321 anciens numéros

N°2113 (13)

01 avril 2021 | Semaine 13 2113
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L'édito

Souveraineté !

Ce mot qui caractérise l’indépendance ou le fait qu’un État ne dépende pas d’autres pays pour lutter contre une pandémie... La souveraineté sanitaire aurait fourni des vaccins français en masse, à l’image de ce que font les États-Unis. Après avoir perdu sa souveraineté sanitaire, nos dirigeants politiques s’en prennent à la souveraineté alimentaire. Revirement de situation puisqu’au début de la pandémie, Macron a dit qu’il ne fallait pas déléguer notre alimentation. Force est de constater que le contraire va se passer. Est-ce l’échéance électorale de l’année prochaine qui rend fou nos décideurs ? En tout cas, notre métier est menacé, car notre revenu baissera par la diminution des aides PAC. Nos volumes de production sont tirés vers le bas par les ZNT riverains, les impasses techniques, le retour des surfaces non productives à la PAC, la modification du plan pollinisateur... Nos charges progresseront encore avec la taxe sur l’azote achetée et produite (sujet débattu en ce moment à travers la loi climat et résilience), les contraintes liées à la loi EGA sans contrepartie sur le prix de nos productions. En tout cas, une chose est sûre, pas d’agriculteurs français, pas d’alimentation de qualité ; pas de revenus, pas d’agriculteurs. Les dirigeants de ce pays doivent le comprendre ! Pour nourrir les Français et participer à la croissance économique de la France : arrêtez la démagogie, soutenez l’agriculture française. Agriculteurs, défendez-vous, mobilisez-vous ce vendredi 2 avril.

Stéphane Donckele, secrétaire général de la FNSEA 76

N°2112 (12)

25 mars 2021 | Semaine 12 2112
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L'édito

Confiance et persévérance.

Un an après le début de la pandémie, la situation sanitaire a malheureusement peu évolué. Le nouveau confinement va encore davantage nous brimer dans nos déplacements, nos interactions, notre vie tout simplement. Si ces mesures sont sans doute nécessaires, elles sont de moins en moins comprises et accentuent le sentiment de ras-le-bol généralisé. Tout ce que nous avions l’habitude de faire, y compris dans notre section, nous avons dû partiellement y renoncer. Pour autant, vous avez continué à nous faire confiance, à croire que votre section est utile et les combats qu’elle porte avec la SNAE, légitimes. C’est ensemble que nous avons obtenu une élévation du niveau des retraites, c’est collectivement que nous obtiendrons que les « oubliés » de cette revalorisation les aides-familiaux et les conjoints-collaborateurs ne le soient plus, en attendant une réforme plus globale des retraites en France. Nous pouvons être fiers de notre système par répartition, probablement le plus égalitaire qui soit et qui permet aux plus fragiles de bénéficier d’une retraite minimum bientôt revalorisée. Vous le voyez, même au plus fort de la crise, notre action syndicale ne faiblit pas, notamment autour de la délicate question de la dépendance. Alors une nouvelle fois et parce que c’est l’ADN de nos organisations, nous aurons besoin de vous pour continuer à agir dans l’intérêt de tous. Merci de votre confiance renouvelée.

Jean-Paul Lecourt, président de la section des seniors agricoles FNSEA 76

N°2111 (11)

18 mars 2021 | Semaine 11 2111
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L'édito

C’est pas bien.

Alertés par un agriculteur attentif, nous avons signalé aux autorités une étiquette frauduleuse rencontrée dans un magasin Leclerc de Neufchâtel-en-Bray. La barquette contenant de la viande allemande était en effet frappée du logo VBF. Récemment, nous avons reçu une réponse de la DDPP, dont voici un extrait « il s’avère que cette anomalie d’étiquetage est le fait d’une erreur humaine, [NDLR : qui soit dit en passant, arrange bien la GMS tant le logo VBF est vendeur]… L’établissement a mis en place une cellule de crise interne et des mesures correctives afin de ne plus être confronté à des anomalies de ce genre. Toutefois, je vous informe que des suites appropriées ont été dressées à l’encontre de l’établissement ». Du coup, je me suis mis à imaginer la réponse que pourraient nous faire nos organes de contrôle (ASP, DDTM, DREAL…), en constatant une erreur dans nos fermes : « bon, ce n’est pas bien, mettez en place une cellule de crise et surtout, qu’on ne vous y reprenne plus ». Dans la vraie vie, la vérité est tout autre. Nous n’avons pas le droit à l’erreur, jamais, et tout manquement, parfois même minime et de bonne foi, est toujours sanctionné. Alors, nous demandons à l’Etat la même impartialité vis-à-vis de la GMS, et que « les suites appropriées » évoquées dans la réponse soient réelles et dissuasives. L’Etat le doit aux consommateurs trompés et aux producteurs engagés dans une traçabilité drastique.

Stéphane Donckele, secrétaire général de la FNSEA 76

N°2110 (10)

11 mars 2021 | Semaine 10 2110
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Nous paysannes

La semaine qui aurait dû être celle du salon de l’agriculture a donné lieu à de nombreuses émissions et documentaires sur l’agriculture. S’il a été évoqué, le rôle des femmes dans l’agriculture et son évolution n’a été mis en relief que trop rarement. Il est pourtant nécessaire de rappeler la masse de travail qui leur était dévolue, mêlant les tâches professionnelles, les tâches familiales et les tâches ménagères auxquelles, jusqu’à il y a peu, les hommes ne mettaient pas la main. Et si le tracteur a symbolisé la modernisation de l’agriculture et la baisse de la pénibilité du travail, c’est à la machine à traire et au lave-linge que les femmes doivent une amélioration incontestable de leurs conditions de travail et de vie dans nos régions d’élevage. De fait, pour ces travaux comme pour d’autres, pour rien au monde nous ne voudrions revenir aux temps anciens que certains semblent regretter. Les temps ont changé et c’est tant mieux. Quant à la place des femmes en agriculture, là aussi les choses changent. Le statut de la femme est mieux pris en considération et nous avons accès à une protection sociale que nos mères nous envieraient : retraite, congé maternité, remplacement. Nos droits se renforcent grâce au travail et à la persévérance des commissions des agricultrices départementales et au niveau national. C’est la raison d’être de notre syndicalisme au féminin et c’est pourquoi j’invite toutes celles qui le souhaitent à se rapprocher de leur commission départementale.

Sylviane Lefez, présidente de la commission des agricultricesde la FRSEA

N°2109 (09)

04 mars 2021 | Semaine 09 2109
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L'édito

La visite du ministre pour conclure.

Depuis plusieurs jours, nos réseaux FNSEA 76 et JA 76 sont mobilisés pour tenter d’obtenir des négociations commerciales, une réelle application de la loi alimentation, et une juste rémunération de nos produits. Nous avons ainsi rencontré les directeurs, paralysé symboliquement les caddies, dénoncé publiquement les agissements de la grande distribution et provoqué au niveau régional, des échanges avec les transformateurs. Cette action syndicale en quatre actes s’est en quelque sorte conclue ce lundi avec la visite du ministre de l’Agriculture. Tout au long de la matinée dans l’enceinte du MIN de Rouen, nous lui avons redit nos attentes vis-à-vis de la loi et l’urgence d’obtenir enfin le retour de la valeur ajoutée sur nos exploitations. A partir d’exemple, de témoignage, de facture, nous avons montré au ministre, et aux décideurs présents, que la situation n’est plus tenable, que les prix de nos produits n’ont que peu ou pas évolué depuis 25 ans. Sans doute le savait-il déjà, mais nous lui avons rafraîchi la mémoire, avec force et conviction. Syndicalement, nous avons, me semble-t-il fait le job, la balle est maintenant dans le camp du ministre. A lui de mettre efficacement la pression sur la grande distribution, qui avec la crise sanitaire, a repris son costume de super héros volant au secours du pouvoir d’achat des Français. Notre ministre semble à notre écoute, mais nous le jugerons aussi sur sa capacité à sanctionner les dérives de la grande et moyenne distribution, à taper du poing sur la table, bref, à faire preuve de courage politique. Osera-t-il, là est la question ?

Patrice Faucon, président de la FNSEA 76

N°2108 (08)

25 février 2021 | Semaine 08 2108
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L'édito

D’essentiel à indispensable.

En auditeur avisé des antennes de France Bleu Normandie, vous avez sans doute savouré les nombreux reportages et émissions consacrés à l’agriculture la semaine dernière. Si vous êtes habitués à d’autres ondes, les replays et autres podcasts vous offriront une séance de rattrapage. Car pour une fois, il faut bien le reconnaître, le service public s’est attaché à donner la parole à de vrais agriculteurs, le plus souvent en direct et donc sans filtre. Pas question ici d’orienter les débats, ni d’accuser ou de calomnier, mais bien de montrer la réalité du métier, la vraie, avec ses bons comme ses mauvais côtés. Et puisque le Salon de l’agriculture n’aura pas lieu, la sphère médiatique va se ruer sur les exploitants pour combler le vide laissé dans leurs grilles de programme par cette annulation sanitaire. A nous de profiter de la tribune qui nous est offerte pour expliquer nos pratiques, raconter notre métier, présenter nos produits, mais aussi expliquer nos difficultés. Avec nos mots, des mots simples, n’ayons pas peur de communiquer, de raconter nos histoires. La crise sanitaire nous a rendus « essentiels » aux yeux des Français. A nous, par l’image renvoyée et les messages délivrés, d’apparaître comme carrément « indispensables ».

Sylviane Lefez, membre du bureau FNSEA76

N°2107 (07)

18 février 2021 | Semaine 07 2107
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L'édito

Les grandes écoles.

Il y a avec la crise de la Covid-19 un sujet qui devient récurrent, insistant, c’est la gestion de la dette la plus abyssale que notre pays ait connu. Comment diable des banques peuvent-elles prêter autant d’argent à des Etats dont elles savent parfaitement qu’ils ne pourront peut-être jamais en assurer le remboursement ? Nous assistons donc à un véritable concours Lépine des meilleures idées. Vainqueur haut la main, Guillaume Peltier, le député du Loir-et-Cher propose très habilement d’étaler la dette sur 100 ans. Je tombe dans un abîme de perplexité et me demande s’il est bien judicieux d’avoir fait les grandes écoles pour tirer pareille conclusion. Est-ce que nos aïeux nous auraient fait hériter des ardoises de la grippe espagnole et de la grande peste ? Cela doit nous interpeller sur la transmission de nos exploitations, pour qu’un jour également personne n’ait l’idée mortifère d’étaler la reprise sur plusieurs générations… Qu’est-ce que Monsieur Peltier proposerait si nous connaissions une autre crise à court terme ? Faudrait-il prévoir un remboursement de la dette sur 200 ans ? Nul besoin d’infantiliser le contribuable-citoyen, il sait très bien que, quoiqu’il arrive à l’économie mondiale, toute solution aux catastrophes passe obligatoirement par ses économies à lui, et ça, même ceux qui ont fait les petites écoles l’ont compris depuis longtemps malheureusement.

Stéphane Lecarpentier

N°2106 (06)

11 février 2021 | Semaine 06 2106
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PAC, l’heure des choix.

Alors que l’échéance approche, la construction de la PAC d’après est encore en discussion. L’échelon européen planche sur les règlements qui permettront sa réalisation, les états réfléchissent à leur plan stratégique, et la profession dans sa diversité, tente d’imaginer le meilleur scénario possible. La FNSEA 76, au sein de la FRSEA participe aux débats avec une seule idée en tête : peser dans l’élaboration de la PAC pour qu’elle soit la plus en adéquation possible avec le développement de nos exploitations et qu’elle accompagne au mieux leur adaptation. Plusieurs leviers existent, parmi lesquels les éco-régimes. Souhaités par l’Europe pour répondre à des enjeux en matière d’environnement et de climat, ils sont l’un des axes de l’architecture verte de la PAC de demain. Intégré au premier pilier, ce dispositif est à imaginer au sein de chaque Etat. La FRSEA réfléchit aux mesures que nous pourrions proposer pour qu’un maximum d’exploitants puisse toucher ainsi ce complément environnemental, rappelons-le, découplé du soutien au revenu de base, en faisant reconnaître (et donc financer) ce que nous faisons déjà, l’existant, et par exemple, autour de la valorisation des prairies ou de la production de protéines. En consommant en quelques jours les aides du plan de relance, les exploitants ont montré qu’ils sont prêts aux changements souhaités par la société. Reste donc à bâtir une PAC facilitatrice et adaptée pour cela. A notre niveau, à notre échelon, nous y travaillons ardemment.

Daniel Couckuyt, vice-président de la FNSEA 76

N°2105 (05)

04 février 2021 | Semaine 05 2105
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Une autre idée de la relance.

Le plan de relance dédié à l’agriculture a donc été lancé en fin d’année 2020, avec une enveloppe d’un milliard d’euros. Initialement, le chiffre pouvait laisser penser que tout le monde pourrait y accéder. La réalité est tout autre car les crédits ont été consommés et les dispositifs temporairement fermés. On peut se féliciter de l’existence de ces budgets, qui, au regard de leur assèchement express, témoigne d’un réel besoin. La FNSEA va solliciter de l’Etat des rallonges pour tenter de satisfaire un maximum de demandes. Mais il me semble que la réponse à la crise, de la relance souhaitée pourrait se faire autrement. Si l’Etat veut réellement relancer notre secteur, qu’il commence par faire appliquer les Egalim, qu’il remette de l’ordre dans certaines filières (et je pense ici à la viande bovine), et qu’il arrête enfin de nous attacher des boulets aux pieds en limitant nos moyens de productions ou en alourdissant les démarches administratives. L’Etat doit comprendre, vite maintenant car l’urgence est là, que les agriculteurs français n’aspirent qu’à une seule chose : travailler, entreprendre sans contrainte et vivre simplement des fruits de leurs exploitations. Plus que des pourcentages d’aides, ce qu’il nous faut, c’est une grande ambition pour notre secteur, une politique volontariste. Voilà le plan de relance que nous attendons, depuis longtemps.

Stéphane Donckele, secrétaire général de la FNSEA 76

N°2104 (04)

28 janvier 2021 | Semaine 04 2104
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L'édito

1 centime vaut 96 euros.

Comme chaque année, les négociations entre transformateurs et distributeurs battent leur plein. Avec la section laitière régionale, nous avons décidé d’aller discuter avec tous nos industriels laitiers pour prendre des tendances, et aussi pour réitérer que la survie des exploitants laitiers passent par un prix rémunérateur ! La valeur de notre produit sur l’année passée ne nous satisfait pas mais nous devons tout de même constater des effets stabilisateurs de la loi Egalim quand elle est appliquée. Aujourd’hui un prix de revient de 388 € / 1000 l sur les produits commercialisés en GMS devrait être appliqué ! Qu’en-est-il ? La grande distribution se retranche derrière la crise sanitaire qui se traduit par une crise économique. Pour elle, la motivation est de ne pas baisser le pouvoir d’achat! La même qui a fait augmenter son prix de vente du lait demi-écrémé de 2004 à 2019 de 40 % au détriment de la plus-value au producteur. La même qui a surfé il y a deux ans sur la « pénurie de beurre » sur leurs étals alors qu’elle ne voulait pas mettre un iota de plus à l’achat face au marché haussier. Que des prétextes! Un chiffre simple : une hausse de 1 centime sur un yaourt nature augmente la valorisation de 96 €/1000 l, est ce que la juste rémunération des producteurs met en péril le panier du consommateur ? Une aide de nos représentants de l’Etat pour l’application des Egalim serait nécessaire avant la révolte des producteurs excédés.

Franck Grémont, président de la section laitière de la FNSEA 76

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