Anciens numéros

245 anciens numéros

N°1941 (41)

10 octobre 2019 | Semaine 41 1941
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L'édito

Tous mobilisés !
L’actualité agricole du moment, et même au-delà de notre sphère professionnelle, est bien sûr centrée sur les suites de l’incendie de Lubrizol. Parce que la situation est grave pour les agriculteurs concernés, la mobilisation professionnelle est nécessaire et salutaire. Chacun en conviendra aisément. Pour autant, il nous a semblé important de participer à la mobilisation nationale portée par la FNSEA et JA. Un peu partout, les agriculteurs se sont rassemblés pour demander aux citoyens, au gouvernement, si la France veut encore de ses paysans. L’interpellation peut paraître brutale. Mais, mise bout à bout, le dénigrement ambiant, les importations demain plus nombreuses à cause du Ceta et du Mercosur, les projets de ZNT, tout cela dans un contexte économique compliqué, nous interroge sur la volonté tout entière du pays de conserver son agriculture, ses agriculteurs. Cette action nationale doit servir de prise de conscience de ce mal-être agricole. C’est le sens de l’action que nous avons mené mardi, et que nous conduirons encore s’il le faut. Merci à ceux qui se sont mobilisés. Plus que jamais, dans cette double actualité chargée, nous nous devons d’être unis et solidaires, pour l’intérêt général.

Daniel Couckuyt, vice-président de la FNSEA 76

N°1940 (40)

03 octobre 2019 | Semaine 40 1940
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L'édito

Victimes
En début de semaine, le ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume, s’est déplacé dans le département pour évoquer, enfin, les suites de l’incendie de Lubrizol. Dans sa communication, le ministre a affirmé avec aplomb et forte conviction, comme il sait le faire, que nous agriculteurs « étions les victimes » de cet événement et qu’à ce titre, nous devions être « indemnisés totalement » en ne manquant toutefois pas d’ajouter, « que ce n’était pas à l’Etat de le faire ». On ne peut toutefois que se réjouir de ces annonces, qui ne sont encore que des annonces. Les questions qui se posent maintenant, et auxquelles nous n’avons pas eu de réponses, sont « qui »,
« quand » et « combien ». Pour ce qui est du « qui » et du « quand », il est clair pour nous que les responsables doivent mettre la main à la poche, sans attendre la fin de la procédure qui sera de toute façon trop longue. Pour le
« combien », nous avons ré-affirmé au ministre que la perte subie par les agriculteurs devait être en totalité compensée. Pour l’heure et encore une fois, nous devons faire face à cette catastrophe. Jeter notre lait, consigner certaines de nos productions et demain, rassurer nos clients. Avancer sur le dossier de l’indemnisation, parer au plus pressé pour ceux qui sont en difficulté, rien n’est négligé. Espérons juste maintenant, que les retours d’analyses nous permettent au plus vite de reprendre notre activité. Vous pouvez compter sur notre engagement et notre détermination.

Stéphane Donckele, secrétaire général de la FNSEA 76

N°1939 (39)

26 septembre 2019 | Semaine 39 1939
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L'édito

La campagne est en feu.
Depuis plusieurs mois, nous sommes la cible de toutes les attaques, montrés du doigt, parfois caricaturés, en tous cas désignés comme les responsables de tous les maux de la planète. Dernièrement, en plus des attaques contre l’élevage, ce sont nos pratiques, en lien avec l’utilisation des phytos aux abords des habitations qui sont au cœur de la polémique, injuste. Oui, injuste, n’ayons pas peur de le dire. N’ayons pas peur de dire que nous sommes tous titulaires de certiphytos, que nos pulvés sont contrôlés régulièrement, que nos produits ont des AMM, que nous utilisons ces phytos à des doses calculées au plus juste et dans des conditions optimales, que nos buses anti-dérives sont efficaces. Osons dire tout cela. Nous n’avons rien à nous reprocher, nous qui n’avons qu’une seule ambition, nourrir nos concitoyens en leur offrant une alimentation saine et de qualité, à des prix raisonnables pour tous. Les procès qui nous sont faits ne sont pas acceptables. Allons le dire, ce soir à partir de 20 h  30 dans nos cantons. Allons alerter, en nous rassemblant autour des feux allumés dans la campagne, sur notre état d’exaspération. Nous devons nous mobiliser en masse pour défendre nos moyens de production et appeler les citoyens et le gouvernement à nous faire davantage confiance.

Patrice Faucon, président de la FNSEA 76

N°1938 (38)

19 septembre 2019 | Semaine 38 1938
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L'édito

Hallali
L’hallali est le dernier temps de la chasse à courre, celui où la bête pourchassée est mise à mort. Les chasseurs s’appellent réseaux sociaux, Internet, croyants et prédicateurs de toutes sortes. La bête à terre c’est la paysannerie dans le sens noble du terme. J’utilise le mot croyants à dessein : il faut désacraliser le débat, atomiser les idéologies. Le débat phyto sort de toute rationalité, fait fi des connaissances acquises depuis des décennies. Nous subissons une suspicion généralisée : on se débarrasse des idées factuelles qui dérangent en les transformant en opinions, aussi nombreuses qu’il y a d’individus. Qu’il est facile de statuer du bien et du mal derrière son smartphone. Qu’il est étrange ce sentiment d’être aimé et détesté à la fois. Nous avons la conviction d’être moteur d’une agriculture de qualité dans l’UE et dans le monde, et pourtant… La connaissance, c’est dire qu’il n’y a pas qu’une agriculture, c’est expliquer le labour, le sans labour, les semis sous couverts, les phytos, le bas volume, les engrais verts, la modulation, les cultures associées, le bio, la vente directe, la viande, le lait, l’élevage hors-sol, l’intensif et l’extensif. Toutes ces pratiques ont, à un moment donné, été choisies pour leur pertinence par rapport à des critères objectifs qui répondaient à des enjeux climatique, stratégiques, de qualité des sols, de débouchés, de sécurité alimentaire... L’idéologie cède à la facilité alors que la connaissance nécessite des efforts. L’heure est à sonner du cor pour qui veut défendre son modèle.

Stéphane Lecarpentier, directeur de la rédaction

N°1937 (37)

12 septembre 2019 | Semaine 37 1937
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L'édito

Air du temps
La mairie de Sotteville-lès-Rouen, charmante bourgade nichée dans les méandres de la Seine, a pris début septembre, un arrêté visant à interdire « l’utilisation de tout produit de type herbicide sur le territoire de la commune ». Quand on sait que l’agriculture a déjà quitté la commune, que les particuliers ne peuvent déjà plus utiliser de produits phytos, la mairie ne vise plus, en gros, que la SNCF pour l’entretien des voies, et ses propres services municipaux qui avaient encore quelques dérogations. Sur le fond, donc, cet arrêté présente peu d’intérêt. Sur le principe en revanche, il nous interpelle et nous a conduit à alerter les autorités. Il nous semble, qu’à Sotteville comme à Langouët, le maire outrepasse ses droits. Nous demandons à M. le préfet qu’il fasse respecter la loi, et annule, ici comme ailleurs, tous les arrêtés aux mêmes finalités. La loi alimentation, a prévu que les chartes riverains abordent cette question de zone de non-traitement. La profession agricole du département sollicitera très prochainement les associations des maires pour débattre du contenu de ces chartes et sortir, par le haut et collectivement, de cette situation.

Patrice Faucon, président de la FNSEA 76

N°1936 (36)

04 septembre 2019 | Semaine 36 1936
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L'édito

ZNT
Voilà donc l’acronyme le plus en vue en cette fin d’été. ZNT pour zone de non-traitement, en l’occurrence ici à proximité des habitations. Depuis l’arrêté cassé du maire de Langouët, plusieurs élus lui ont emboité le pas. Dans cette course à l’échalote, chacun y va de sa distance comme si avoir la plus longue serait un signe de maturité démocratique. 2, 100, 150 mètres, qui dit mieux. Alors oui, les tribunaux cassent pour l’heure ces arrêtés. Mais qu’en sera-t-il demain alors que le gouvernement affiche clairement sa volonté de légiférer en la matière ? De combien d’hectares de nos moyens de productions serons-nous spoliés ? Quelles indemnités la collectivité sera-t-elle prête à nous verser pour notre manque à gagner ? Les maires iront-ils jusqu’à bloquer tous projets de constructions en bordure de terres agricoles, au nom du principe de l’antériorité ? Crier au loup est une chose, en mesurer toutes les conséquences, une autre. Les évolutions du matériel, la formation des utilisateurs, et la réglementation assurent à tous, déjà, un maximum de garantie. Professionnellement, nous sommes en mouvement pour que nous soyons toujours plus efficients dans l’utilisation de ces produits. Nous nous battrons syndicalement pour que nos démarches volontaires, traduites dans les chartes signées avec les acteurs concernés priment sur toutes réglementations absurdes, abruptes et sans aucun fondement scientifique.

Stéphane Donckele, secrétaire général de la FNSEA 76

N°1935 (35)

29 août 2019 | Semaine 35 1935
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L'édito

A chacun son travail
Depuis toujours, le prix du lait préoccupe les producteurs. Même ceux qui n’en produisent pas ne manquent pas de m’interroger sur le sujet ! Qu’on ne se leurre pas, le prix du lait « conventionnel  » suit de près ou de loin un cours mondial sur lequel nous n’avons qu’une très faible influence. Toute l’énergie engagée dans les EGAlim n’a servi pour l’instant qu’à gratter quelques centimes. Pour avoir un prix plus élevé, il faut le justifier. Donc produire un lait « officiellement différent » pour un marché qui réclame cette différence. L’idéal étant d’avoir à l’intérieur de ce marché une offre inférieure à la demande, seule solution pour négocier un bon prix. Les signes officiels de qualité (AOP, agriculture biologique…) sont le moyen le plus connu pour répondre à cette problématique. Depuis le 15 décembre 2017, j’ai participé à 33 réunions, souvent d’une journée, souvent à Paris ou à Caen, pour que l’AOP camembert évolue et ouvre ses portes à un plus grand nombre de producteurs normands, tout en gardant ses valeurs. Malheureusement, l’aire géographique proposée par l’Inao n’a intégré que deux communes seinomarines. Avant le 9 septembre prochain, chaque producteur motivé peut demander que sa commune soit intégrée si cela est justifié. Pour ma part, la demande est faite. Et vous, avez-vous fait votre part de travail ?

Jocelyn Pesqueux, président de la section lait de la FNSEA 76

N°1934 (34)

22 août 2019 | Semaine 34 1934
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L'édito

La moitié du chemin...
A quelques ares près peut-être, la moisson 2019 est donc terminée dans notre département. Pour la deuxième année consécutive, elle s’est achevée dans les premiers jours du mois d’août. L’avenir nous dira s’il s’agit d’une tendance de fond, conséquence directe du changement climatique, ou d’un simple hasard historique. En attendant, l’heure est aux comptes. Globalement, je crois pouvoir dire que si le bilan est mitigé pour le colza, le cru 2019 des céréales à paille est bon et pour la plupart d’entre nous, satisfaisant. Pour autant, et nous le savons, notre revenu n’est pas assuré par ces bons rendements. Nous serons naturellement attentifs à l’évolution de la production mondiale, élément déterminant pour l’avenir des prix et particulièrement vigilants pour que de nouvelles charges et contraintes ne viennent pas rogner la marge nécessaire à la vie de nos entreprises et de nos familles. Sur bon nombre de ces sujets, la rentrée de septembre sera cruciale pour la compétitivité de nos exploitations. L’été fut chaud, la rentrée syndicale pourrait l’être aussi.

Patrice Faucon, président de la FNSEA 76

N°1932 (32)

08 août 2019 | Semaine 32 1932
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L'édito

Nous pouvons tous agir.
Nos concitoyens s’interrogent de plus en plus sur nos pratiques. La forte cam-pagne de dénigrement lancée contre l’agriculture « conventionnelle » au profit d’une agriculture « haut de gamme » est source d’inquiétude pour l’économie agricole dans son ensemble. Le syndi-calisme travaille mais les agriculteurs peuvent légitimement défendre direc-tement leur point de vue car ils sont perçus comme dignes de confiance et travailleurs par la très grande majorité des consommateurs (enquête Ipsos de juillet 2018).
Un collectif d’agriculteurs, dénommé #iciLaTerre, s’est créé dans les Yvelines le mois dernier pour apporter une réponse professionnelle à toutes les questions que se posent nos concitoyens, sans prosélytisme ni parti pris mais avec bon sens. Ils ouvrent en septembre le 1er numéro vert des agriculteurs, le numéro qui permet à chaque consommateur de joindre gratuitement un agriculteur au téléphone pour échanger avec lui ! Nous trouvons cette initiative très positive car il faut reconquérir l’espace médiatique que nous avons perdu. N’hésitez pas à soutenir leur démarche sur leur cagnotte Leetchi https://www.leetchi.com/c/icila-terre et à participer à cette action si vous le souhaitez.

Fabrice Moulard, FNSEA 27

N°1931 (31)

01 août 2019 | Semaine 31 1931
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85 % du Smic
Jean-Paul Delevoye a remis récemment son rapport sur la réforme des retraites au Premier Ministre. Il préconise une réforme profonde du système généralisant un régime de retraite par points dans un système unique accompagné de la suppression des régimes spéciaux. Il prévoit par ailleurs l’instauration d’un « âge pivot » qui don-nerait accès à la retraite à taux plein, l’âge légal demeurant à 62 ans avec une minora-tion avant 64 ans. Enfin, il propose la mise en œuvre d’un minimum de retraite à 85 % du Smic. Nous approuvons cette dernière orientation et nous allons plus loin : elle ne doit pas attendre 2025 pour ne s’ap-pliquer qu’aux futurs retraités d’alors. Elle doit s’appliquer au plus vite aux nouveaux retraités, ceux dont la retraite sera liquidée d’ici la mise en œuvre de la réforme. Quant aux retraités actuels, ils doivent aussi voir le minimum de retraite augmenter sans délai. En agriculture, le plancher de 75 % du Smic a du mal à tenir, c’est dire si l’Etat doit dès maintenant engager le mouvement pour atteindre ces 85 % du Smic, qui n’est que la traduction d’un engagement du Président de la République dans le cadre du Grand Dé-bat : aucune retraite ne doit être inférieure à 1000 €. Tout cela s’entend pour une carrière complète, bien sûr. Les agriculteurs retraités actuels dont la retraite n’atteint pas 75 % du Smic n’ont pas le temps d’attendre. Ils exigent une application immédiate.

François Legras, président régional des anciens exploitants.

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