L'Union Agricole 30 avril 2020 à 07h00 | Par L'Union Agricole

Viande bovine : la FNB lance un bras de fer.

Dans un communiqué du 15 avril, la FNB appelait les éleveurs à retenir leurs animaux pour obtenir de meilleurs prix. D'après Interbev, les abattages et la consommation repartent, mais les prix à la production restent en retrait.

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Les éleveurs sont appelés à retenir leurs animaux en ferme afin d'obtenir de meilleurs prix.
Les éleveurs sont appelés à retenir leurs animaux en ferme afin d'obtenir de meilleurs prix. - © François d'Alteroche

Vers un retour à la normale en viande bovine ? Après plusieurs semaines chahutées, « on retrouve l'équilibre en termes d'abattage et de consommation », assure Guy Hermouet, président de la section bovine d'Interbev (interprofession bétail et viandes), le 16 avril. « On observe une reprise des abattages en semaine 15, au niveau d'une année normale. Ils ont augmenté de 12 % en jeunes bovins allaitants et de 8 % en jeunes bovins laitiers, après un repli global de 7 % entre les semaines 11 et 15. »
Autre signe encourageant : « Les distributeurs et les enterprises nous disent que la consommation évolue en mode estival et se tourne vers les pièces à griller », relève Guy Hermouet. De quoi améliorer l'équilibre carcasse, penalisé depuis le début du confinement par l'envolée des ventes de steak haché.

Polémique sur le niveau des stocks sur pied
Un travail est en cours au sein d'Interbev pour « avoir un peu plus de transparence, sur le segment du haché », rappelle Guy Hermouet. Mais la prépondérance du haché n'est pas la seule explication de la faiblesse des prix payés aux éleveurs. « Des opérateurs proposent des animaux à n'importe quel prix, du moment qu'ils partent des fermes », constate M. Hermouet. « Certaines organisations de producteurs ont parlé de 11 000, voire 18 000 animaux en stock, ajoute-t-il. Ces chiffres démentiels ont provoqué la panique. » D'après Interbev, ces chiffres comprennent le total des animaux présents dans les fermes par rapport à 2019. Ils reflètent un pic des naissances observé à l'automne 2018, mais ils comptabilisent aussi les animaux destinés à être vendus... sachant que la France « abat ou exporte en vif 14 000 animaux par semaine ».

« Les exportations vers la Chine repartent »
Le surstock réel tournerait plutôt « autour de quelques milliers d'animaux au 1er avril », estime Guy Hermouet. Un niveau « résorbable » par l'export, en vif comme en viande. « Les exportations vers la Chine repartent », rapporte l'éleveur, après avoir été bloquées au début de l'année par l'immobilisation des containers. Dans le meilleur des cas, les différents débouchés à l'export pourraient permettre de réduire le surplus dans les élevages à « environ 600 animaux supplémentaires par semaine », espère M. Hermouet.o

Il a dit

Il n'y a ce jour aucune raison objective pour que les prix à la production soient en baisse. Certes la modification des modes de consommation a perturbé la filière mais les chiffres le montrent, la consommation ne faiblit pas et l'équilibre carcasse existe toujours. Il faut absolument, et dans la mesure du possible, que les éleveurs refusent de brader leurs animaux. Notre métier a un prix, et on ne peut accepter une nouvelle fois d'être la variable d'ajustement .
Patrice Faucon, président de la FNSEA 76 et vice-président de la FNB.

Une situation dénoncée par la FNB
Dans un communiqué du 15 avril, la FNB appelle les éleveurs « à retenir, au maximum, leurs animaux en ferme ». Un bras de fer qui vise à faire aboutir sa demande, formulée le 29 mars, d'instaurer « un prix minimum payé aux éleveurs à hauteur de notre coût de production » pendant l'état d'urgence sanitaire. La FNB demandait alors - comme avant la crise du covid-19 - une revalorisation de 1 EUR/kg, soit « une hausse théorique du prix consommateur de 15 centimes par steak ». Sa requête n'a reçu aucune réponse de la part des pouvoirs publics, regrette le syndicat, qui dénonce aussi « l'attitude irresponsable des acteurs de l'aval de sa filière ».

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