L'Union Agricole 25 janvier 2018 à 12h00 | Par Laurence Geffroy

Sodiaal réagit à l'émission Cash Investigation

Les réunions d'hiver de Sodiaal Union ont commencé en Haute-Normandie. L'occasion pour Pierre Poixblanc, administrateur, de répondre aux questions suscitées par l'émission Cash Investigation.

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« En tant que coopérative, nous avons des devoirs que n'ont pas des entreprises privées. Nous avons le devoir de collecter le lait de tous nos adhérents, où qu'ils soient. Il n'y a pas de sélection » rappelle Pierre Poixblanc, ancien président de la CLHN qui a fusionné avec Sodiaal.
« En tant que coopérative, nous avons des devoirs que n'ont pas des entreprises privées. Nous avons le devoir de collecter le lait de tous nos adhérents, où qu'ils soient. Il n'y a pas de sélection » rappelle Pierre Poixblanc, ancien président de la CLHN qui a fusionné avec Sodiaal. - © Jérôme Chabanne

En choisissant de parler de Lactalis en pleine affaire du lait infantile contaminé, la chaîne était sûre de faire de l'audience. Cependant, la coopérative Sodiaal, maintenant implantée en Haute-Normandie depuis son rapprochement avec la CLHN en 2016, a fait également les frais du ton polémique de l'émission présentée par Elice Lucet et diffusée la semaine dernière sur France 2.
Damien Lacombe, président de Sodiaal Union, a été interviewé par la journaliste, qui lui demande des explications sur les comptes de la coopérative, sur sa politique d'après-quotas et sur le prix du lait. Ceux qui ont regardé l'émission n'ont sûrement pas été éclairés sur ces points, l'interview étant plutôt à charge, sans laisser le temps nécessaire à l'interviewé de donner ses explications. C'est du moins l'avis de Pierre Poixblanc, ancien président de la CLHN, aujourd'hui administrateur chez Sodiaal et producteur de lait à Saint-Pierre-de-Varengeville, en Seine-Maritime.

Un SMS
« J'ai reçu un SMS d'une productrice qui demande des explications. Mais pour certains chiffres, on ne sait pas où ils ont été les chercher », explique Pierre Poixblanc. Comme ces 3,5 millions de dividendes reversés aux producteurs, selon les journalistes. « En 2017, c'est 25 millions d'euros qui ont été redistribués aux coopérateurs, une partie en capital social et une partie en cash. Cela équivaut à cinq euros les mille litres de lait ».
Sur les 526 millions d'euros présentés comme « trésor de guerre » ou « report à nouveau » par l'émission, le représentant de Sodiaal explique qu'il s'agit d'une plus-value comptable correspondant aux 51 % de parts revendues par BNP Paribas à General Mills dans Yoplait il y a six ans. « C'est comme si on vendait un bâtiment, ce sont les dividendes qui vont avec ». Sodiaal restant actionnaire de Yoplait, « l'argent n'est pas disponible, ce n'est pas de la trésorerie. » Dernier point soulevé par Cash Investigation, celui du prix du lait après la fin des quotas. Les journalistes sous-entendent qu'un prix B inférieur au prix A conduit à l'endettement des producteurs. « Après les quotas, nous avons fait le tour des régions. Certains ont eu envie de se développer et la coopérative a décidé de les accompagner avec un prix différent -le prix B - pour ne pas pénaliser celui qui ne le souhaitait pas », explique Pierre Poixblanc. Le prix B n'est d'ailleurs pas forcément inférieur au prix A, il a été au-dessus cet automne par exemple. Ce prix B suit les cotations mondiales tandis que pour le prix A, il est fixé en fonction de la valorisation en France et à l'export en Europe. En 2016, 91 % du lait a été rémunéré au prix A.

Comparaison incompréhensible
Sodiaal ne comprend pas pourquoi elle a été comparée à Lactalis. « En tant que coopérative, nous avons des devoirs que n'ont pas des entreprises privées. Nous avons le devoir de collecter le lait de tous nos adhérents, où qu'ils soient. Il n'y a pas de sélection ». Les producteurs eux-mêmes sont à l'origine des choix comptables et stratégiques par le biais de leurs représentants.
« Nous avons décidé de changer de directeur l'an dernier pour accompagner un projet qui permettra de chercher de la valeur ajoutée, un peu à l'image de ce que fait « C'est qui le patron ? ! », sans ajouter de volumes, afin de redistribuer la plus-value aux producteurs », ajoute Pierre Poixblanc. Ce lait sera vendu comme lait de consommation de pâturage, sans OGM, avec des vaches nourries à l'herbe et des critères de bien-être animal. Il sera vendu plus cher au consommateur, et la plus-value dégagée sera reversée à tous les coopérateurs. Ce produit sera en vente en septembre 2018. « On collectera sur des zones bien ciblées. Pour Sodiaal Union Nord, ce sera autour de l'usine d'Awoingt pour ne pas impacter les coûts de collecte, mais cela profitera à tout le monde, car la marge sera redistribuée à tous ». La coopérative a aussi décidé d'engager un plan d'amélioration de la performance de 150 millions d'euros sur quatre ans pour une meilleure utilisation des outils.

Les réunions d'hiver

Pierre Poixblanc invite les producteurs de lait de Haute-Normandie à venir dans les réunions d'hiver pour s'exprimer. Il répondra aux questions
« en toute transparence ». Sodiaal est divisé en quatre sections, dont la section Normandie. Dans celle-ci, des délégués sont élus pour aller représenter la section à l'assemblée générale qui a lieu en juin. Les prochaines réunions auront lieu le 31 janvier à Criquetot-l'Esneval, le 5 février à Maromme et le 7 février aux Grandes-Ventes. Celles de Verneuil-sur-Avre et Aumale ont déjà eu lieu.

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