L'Union Agricole 24 janvier 2019 à 12h00 | Par Christophe Savoye

PPA : extension en Belgique et vigilance absolue en France.

L’épizootie de peste porcine africaine (PPA) identifiée en Belgique depuis la mi-septembre 2018 ne connait pas de répit au sein des populations de sangliers. Deux cas positifs confirmés à l’extérieur de la zone noyau rapprochent la maladie de la frontière avec le France.

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345 cadavres ont été découverts en Belgique. Une clôture va être installée en frontière sur le territoire de 24 communes et définir ainsi une zone blanche de
80 km2 pour protéger la France des cas de peste
porcine africaine.
345 cadavres ont été découverts en Belgique. Une clôture va être installée en frontière sur le territoire de 24 communes et définir ainsi une zone blanche de 80 km2 pour protéger la France des cas de peste porcine africaine. - © SPW


Le ministère de l’Agriculture vient de prendre des mesures de protection drastique, clôture de la zone frontalière et création d’une zone blanche de sangliers. Un cas de PPA en France entraînerait une fermeture de marché sur les pays tiers et serait catastrophique pour la filière.

Préserver la filière porc
C’est la raison pour laquelle, les autorités françaises ont lancé une stratégie offensive ces derniers jours. Ainsi, une clôture va être installée en frontière sur le territoire de 24 communes et définir ainsi une zone blanche de 80 km2. Cette zone va faire l’objet d’un tir intensif des sangliers avec objectif de les éradiquer de la zone. Ces mesures seront appliquées par les autorités, ONF et ONCFS avec l’appui des Fédérations de Chasseurs.
Ces mesures draconiennes ont pour objectif de protéger les élevages de porcs français en retardant au maximum l’échéance. Il faut espérer qu’il n’est pas trop tard. En effet, l’état des lieux en Belgique montre une progression constante de la maladie sur le territoire.
Depuis septembre 2018, 345 cadavres de sangliers ont été trouvés porteurs du virus de la PPA. Le cœur de zone n’est plus uniquement touché. En effet, des sangliers positifs ont été trouvés morts ou abattus en dehors de la zone initiale. La situation n’est pas maîtrisée en Belgique. En dépit de l’installation de clôtures et du tir intensif en zone tampon, le nombre de cas positifs ne cesse de croître. L’ANSES estime que la vitesse de progression de la PPA en Belgique est de 2 à 4 km par mois.

Biosécurité et limitation des populations de sangliers
La biosécurité fait partie du quotidien des élevages de porcs. Néanmoins, il faut veiller à sa stricte application en particulier dans les élevages de porcs plein air ainsi que lors des parties de chasse. En effet, si le sanglier peut véhiculer le virus de la PPA, les activités humaines permettent au virus de faire des avancées phénoménales sur la surface du globe. La désinfection des véhicules, des bottes sont indispensables pour tous les chasseurs et forestiers qui fréquentent les massifs de l’Est ou de Belgique où les activités forestières sont encore autorisées.
D’une manière générale et pour rentrer dans un cercle vertueux, la collecte des viscères issus de la chasse ou leur destruction par traitement à la chaux permet de limiter tout risque de contamination quel qu’en soit la nature.
La réduction des populations de sangliers constitue le point clef pour freiner l’avancée sur le territoire de la PPA.  Diminuer les populations est primordial, avant que cela soit imposé comme en frontière aujourd’hui.
Les destins des chasseurs et des éleveurs de porcs sont liés. La solidarité et le bon sens doivent jouer.

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