L'Union Agricole 30 juillet 2020 à 07h00 | Par L'Union Agricole

Les vaches laitières dans les bâtiments même l'été

Conçus pour l'hiver, les bâtiments d'élevage le sont de plus en plus pour l'été. Les vaches laitières passent davantage de temps à l'intérieur avec le réchauffement climatique.

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A 22°C, une vache laitière est dans sa zone de confort. A partir de 25°C, elle doit s'adapter, entre 30°C et 35°C, elle est déjà dans une situation de souffrance, à plus de 42°C, elle peut mourir.
A 22°C, une vache laitière est dans sa zone de confort. A partir de 25°C, elle doit s'adapter, entre 30°C et 35°C, elle est déjà dans une situation de souffrance, à plus de 42°C, elle peut mourir. - © © d.R.

Lors des pics de chaleur, il est recommandé de mettre les vaches laitières à l'abri. Météo France, qui a travaillé avec l'Institut de l'élevage sur le sujet, annonce que le phénomène de réchauffement climatique va s'accentuer à la fin du siècle.
A cela s'ajoutent d'autres facteurs. Les troupeaux s'agrandissent, produisant eux aussi de plus en plus de chaleur à l'intérieur du bâtiment. Des travaux financés par le Cniel (interprofession laitière) portent sur la ventilation estivale et des solutions techniques ont été testées grandeur nature.
A 22°C, une vache laitière est dans sa zone de confort. A partir de 25°C, elle doit s'adapter, entre 30°C et 35°C, elle est déjà dans une situation de souffrance, à plus de 42°C, elle peut mourir. Et quand une vache souffre de la chaleur, sa production laitière baisse (de -1 à -4 kg), de même que les taux de protéines et des matières grasses du lait. On peut craindre, en raison du stress, une augmentation du taux de cellules et une baisse des performances de reproduction. Une vache qui a trop chaud peut présenter des oestrus silencieux ainsi qu'une baisse des taux de fertilité et de fécondité. Enfin, une vache qui a chaud, mange moins et boit plus.

Mieux ventiler les bâtiments
Pour le confort de leurs animaux mais aussi de meilleures conditions de travail pour eux-mêmes et pour assurer la rentabilité de leur élevage, de plus en plus d'éleveurs se demandent comment mieux ventiler leurs bâtiments pour faire baisser la température en été. Evidemment, il est plus facile avec des bâtiments neufs de prévoir le coup et d'intégrer cette nouvelle donne climatique. Ainsi, en Loire Atlantique, des mesures faites dans un bâtiment très ouvert de type parasol, sans bardage, montrent l'intérêt de ce type de construction sur la façade atlantique - éventuellement avec des filets brise-vent sur les longs pans en fonction des conditions climatiques locales. Dans tous les cas, pour Jacques Capdeville de l'Institut de l'élevage : « l'idée est de supprimer les bardages fixes et d'adopter des solutions modulables sur les longs pans pour faire face à toute évolution du climat ».
Début 2018, l'Institut de l'élevage a conduit une étude, financée par le Cniel, pour apporter de premiers éléments de réponse. Elle a permis de mesurer les impacts d'un été particulièrement chaud dans neuf exploitations laitières réparties sur le territoire français. Des améliorations simples ont ensuite été testées au cours de l'été 2019. Pour mesurer les impacts, les chercheurs ont utilisé le « score de halètement ». Avec une notation de 0 à 5, c'est un indicateur de l'état de stress des vaches. Un autre critère appelé HLI permet d'objectiver finement le ressenti des animaux, il tient compte de la température globe noir, l'humidité relative et la vitesse du vent. Il a été utilisé pour cartographier le confort thermique dans les bâtiments d'élevage enquêtés. Dans un bâtiment quadrillé de 2m en 2m, on mesure la température, l'hygrométrie, la vitesse de l'air et le rayonnement. La température globe noir mesure les effets du rayonnement solaire, mesure quasi inconnue en France mais très utilisée en Nouvelle Zélande ou en Australie. Grâce à une méthode mise au point par l'Institut de l'élevage, on aboutit à une image en couleur qui traduit les différences de stress au sein d'un même bâtiment. Celle-ci permet notamment de prédire le niveau de stress les jours les plus chauds de l'été et de comparer des bâtiments entre eux. C'est un bon élément pédagogique intéressant pour les éleveurs et leurs conseillers, qui peuvent fournir des cartes bioclimatiques des élevages.
Pour les bâtiments existants, améliorer la ventilation naturelle du bâtiment peut apporter beaucoup en limitant les dépenses. Si cela ne suffit pas ou si l'on est dans des zones plus continentales, les solutions de ventilation mécanique peuvent être envisagées. En bâtiments anciens, l'enjeu est de transformer des pans fixes en bardages modulables. Par exemple, des volets qui peuvent s'ouvrir. Si l'éleveur le souhaite, il peut faire les travaux lui-même en conservant les matériaux initiaux pour préserver l'aspect du bâtiment sans être obligé d'avoir recours à des filets brise-vent. o

Ventilation forcée
Quand la ventilation forcée s'impose, plusieurs options existent. Les ventilateurs verticaux à flux horizontal permettent de grande vitesse d'air mais donnent des résultats mitigés et hétérogènes si les ventilateurs ne sont pas assez rapprochés les uns des autres. Les fournisseurs proposent désormais des matériels moins puissants, donc moins coûteux, qui pourraient être plus rapprochés et donc plus efficaces. Les ventilateurs horizontaux à flux vertical donnent des vitesses d'air moyennes et mieux réparties, ils présentent un bon compromis efficacité/bruit. Autre installation : la brumisation fonctionne en couplage avec les ventilateurs verticaux à flux horizontal. Son principal handicap est d'ajouter de l'humidité dans le bâtiment. Un autre handicap est son entretien, notamment dans les zones où l'eau est calcaire, les orifices se bouchant facilement. Bien positionnée, bien entretenue, la brumisation est un élément de confort supplémentaire.

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