L'Union Agricole 30 août 2018 à 10h00 | Par Charles Baudart

Les leviers agronomiques aussi importants que la lutte chimique.

Les limaces peuvent entrainer des dégâts importants aux cultures, à la levée. La chimie n’est pas le seul moyen de lutte.

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Trois déchaumages seraient idéaux mais si un seul devait être effectué, le mieux serait de le réaliser juste après la récolte.
Trois déchaumages seraient idéaux mais si un seul devait être effectué, le mieux serait de le réaliser juste après la récolte. - © Arvalis institut du végétal D. Brun


Comment empêcher le développement des limaces et éviter leurs dégâts ? D’abord en perturbant leur milieu de vie. Le travail du sol pendant l’interculture est aussi important que l’épandage de molluscicides. Ces deux leviers réduisent sensiblement les populations.
Pour se développer, la limace a besoin d’un milieu de vie stable. Le travail mécanique du sol durant la période phare de reproduction et de développement des limaces présente l’avantage de retirer la nourriture ;  d’assécher et émietter le biotope pour le rendre défavorable, d’éliminer directement des individus ; de détruire les œufs en surface.

Effectuer plusieurs passages d’outils
L’idéal est de répéter plusieurs fois les passages d’outils. Trois déchaumages seraient idéaux mais si un seul déchaumage est effectué, l’idéal est de le réaliser juste après la récolte du précédent.
Le labour est également utile, en particulier dans les sols limoneux. Réalisé juste avant le semis, le labour va émietter le sol et perturber l’activité des limaces jusqu’à la levée de la culture.
Il agit davantage par enfouissement que par destruction des limaces. La remontée des limaces peut s’étaler de 10 à 45 jours selon la structure du sol et le climat.
Entre le semis et la levée, le roulage est également bénéfique : il rend plus difficile le déplacement des limaces et limite les attaques après le semis.
Le roulage est particulièrement judicieux sur les sols motteux (argileux et argilo-calcaire) ou il modifie la porosité et la structure du sol par tassement : les limaces sont incapables de creuser le sol et ne se déplacent que grâce aux interstices.
Un roulage espacé d’une dizaine de jours de l’application de granulés permettra de tirer le meilleur parti de chacune des opérations.

Allongement des rotations
Parmi les mesures agronomiques, l’allongement des rotations, si possible avec l’introduction de plantes peu appétentes, est utile. Des rotations courtes du type colza-blé-orge s’avèrent favorables aux limaces. L’introduction de cultures de printemps va permettre de conserver un sol nu durant une interculture longue. Les limaces seront privées de nourritures et d’abris.
Les cultures intermédiaires peuvent favoriser le développement de limaces. Ce couvert végétal apporte une humidité du sol et une stabilité du biotope favorables à leur développement. Le choix de l’espèce peut jouer : le colza et le seigle sont très prisés par les limaces.  A l’inverse, la moutarde, le radis et la vesce sont peu appétents. On peut au mieux espérer stabiliser le niveau de population.
Quant à la lutte chimique, elle doit être réalisée avant la levée.
En effet, lorsque le sol est nu, les limaces se déplacent à la recherche de nourriture ; la probabilité de rencontre avec les granulés est alors maximale.
Après la levée, les granulés anti limaces se retrouvent en concurrence avec les plantes et leur efficacité s’en trouve réduite.

Performance des granulés
La performance des granulés dépend de leur bonne répartition (25 à 60 grains/m2 selon les spécialités) et surtout de leur appétence, de leur persistance et de leur date d’application.
Il existe deux substances actives homologuées : le métaldéhyde et le phosphate ferrique. Ce dernier, utilisable en AB, affiche une efficacité et une tenue au délitement du même ordre de grandeur, comparables aux spécialités commerciales à base de métaldéhyde, pour un impact faible sur les auxiliaires.
Quel que soit le produit utilisé, l’épandage est inutile dès que la température devient inférieure à 5°C car l’activité des limaces est alors très réduite. En l’absence de pluie, l’épandage est à effectuer en fin de journée : les limaces ont une activité nocturne.

- © Réseau

 

 

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Limaces, protéger vos cultures et préserver la ressource en eau
8 pages, gratuit, édité par Réseau en partenariat avec la Chambre d’Agriculture du Calvados et les instituts techniques Terres Inovia et Arvalis - Institut du végétal.

- © Arvalis Institut du végétal

Rien ne sert de traiter si les limaces ne sont pas actives
Le piégeage permet d’estimer le risque sur la culture et d’adapter sa stratégie de lutte.
1- Si les risques sont faibles (1 à 20 limaces/m2 piégées), traiter uniquement une fois les premiers dégâts observés et planifier une lutte agronomique sur l’interculture suivante.
2- Si les risques sont plus importants (+ ou - 20 limaces/m2 piégées), un traitement au semis est nécessaire. En présence de limaces grises, traiter en plein, entre le semis et la levée. Face à des limaces noires, il faut compléter cette application dès le semis en mélangeant des granulés à la semence
L’épandage de granulés entre le semis et la levée est une bonne option car c’est la meilleure date d’application.
3- Si les risques sont très élevés (plus de 50 limaces/m2 piégées), un traitement 15 jours avant le semis est conseillé en complément du traitement «au semis». Un tel niveau de population impose l’usage des moyens agronomiques pour réduire leur densité.

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