L'Union Agricole 05 octobre 2017 à 12h00 | Par Christophe Savoye

Les dangers du botulisme

La période des ensilages est propice à la montée de cadavres d'animaux dans les silos. Ces cadavres peuvent générer le botulisme et entrainer de lourdes mortalités dans les cheptels. Soyez vigilants.

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La barre d'effarouchement peut faire fuir les animaux qui sont présents au sol dans les foins ou les ensilages.
La barre d'effarouchement peut faire fuir les animaux qui sont présents au sol dans les foins ou les ensilages. - © D.R.

Autrefois associé au gonflement des boites de conserve, le botulisme peut aujourd'hui être constaté en élevage suite à la souillure des sources alimentaires par la décomposition de cadavres. C'est la toxine botulique qui provoque la pathologie par le bovin. Elle est secrétée
par la bactérie Clostridium botulinum, présente dans l'environnement sous la forme de spores. Lorsque les spores trouvent un milieu favorable, un cadavre en décomposition, elles sécrètent la toxine botulique, un puissant poison, qui agit en bloquant l'influx nerveux.
Assez rapidement - de quelques heures à 3 jours  - après l'ingestion de la toxine, les bovins présentent une paralysie flasque : perte d'appétit, abattement, démarche vacillante, chute, puis ils restent couchés, ont des difficultés pour mastiquer, pour avaler, la langue peut rester pendante à l'extérieur de la bouche mais la température reste normale. Classiquement, la situation évolue progressivement vers la mort par asphyxie. La guérison est très rare. Dans de très rares cas, la forme suraiguë peut entrainer une mort en quelques heures.

Quand suspecter le botulisme ?
Il convient de suspecter le botulisme lors d'apparitions successives de signes de paralysies flasques (les bovins sont « mous ») évoluant en quelques jours vers la mort, sur plusieurs bovins d'un même lot. Dès le premier suspect, il faut appeler son vétérinaire. Ce dernier effectuera les prélèvements nécessaires à la confirmation ou l'infirmation du cas. Il n'y a pas de contagion d'un animal à l'autre. La multiplication des cas dans un élevage est liée à la consommation de la même source d'aliment ou d'eau. L'usage de la mélangeuse un facteur d'extension du nombre de cas par démultiplication de la partie contaminée.

Limiter les risques
Seules des mesures de préventions sanitaires limitent le risque d'apparition de cas de botulisme dans le cheptel. Par exemple, proscrire l'élimination de cadavres (volailles, rats, avortons...) dans le fumier. L'épandage de fumier contaminé sur des herbages est un facteur de risque important du botulisme ; éviter l'épandage de fumier de volailles sur les pâtures (ou au voisinage d'herbages), surtout si ce fumier a pu contenir des cadavres de volailles. Ou encore retirer les cadavres de petits animaux trouvés dans la source d'alimentation (ex : oiseau mort ou un rat dans le concentré). Lors des chantiers d'ensilage ou de fauchage, être vigilant afin de ne pas piéger du gibier dans l'ensileuse. La mise en place d'une barre d'effarouchement (avec des chaines suspendues jusqu'au sol) à l'avant du tracteur peut diminuer ce risque lors du fauchage. La vigilance sanitaire seule permet de prévenir l'apparition de cas de botulisme. Restez vigilants !

Contamination
On peut distinguer plusieurs voies de contamination :
la contamination de l'eau ou d'aliments ;
l'épandage du fumier de volailles sur une pâture ;
l'épandage du fumier de volailles un jour de grand vent à proximité de bovins.

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