Aller au contenu principal

La pyrale du maïs progresse en Normandie.

Présente depuis quelques années dans le sud de la Normandie, la pyrale du maïs gagne du terrain et se développe désormais dans toute la région.

file-alt-63643
Cumul de température sur la période du 1er janvier
au 14 juin 2020.
© Météo France - Arvalis

A l'origine de dégâts qualitatifs ou de perte de rendement, la pyrale du maïs est surveillée dans le cadre du réseau de surveillance sanitaire des cultures, le bulletin de santé du végétal (BSV). Cette année, le réseau suivra 30 parcelles sur l'ensemble de la région. Avec six pièges suivis pour le Calvados, quatre pour l'Eure, sept sites suivis pour la Manche, huit pour l'Orne et cinq pour la Seine-Maritime. Ce réseau est coanimé par la chambre régionale d'agriculture et Arvalis, avec l'implication de différents organismes (coopératives Agrial et de Bellême, négoce D²N, Fredon).

 

Des attaques à prendre en compte

En creusant des galeries dans les tiges, les larves de pyrale entraînent la casse des tiges et la verse, parfois des épis tombés au sol, causant ainsi des pertes de rendement et une dégradation de la qualité sanitaire, en maïs fourrage, comme en maïs grain. Sur ce dernier, la nuisibilité moyenne a été estimée à 7 % de perte de rendement par larve (ou galerie) par plante à la récolte (références Arvalis 1998-2015, Sud-Ouest, Centre et Alsace, 1 ou 2 générations). Sur maïs fourrage, la liaison entre niveau d'attaque et nuisibilité est plus difficile à établir. Cependant, sur 10 essais en situation de pression moyenne (Arvalis 2015-2019, Ouest, 1 génération), on a enregistré une perte de rendement de l'ordre de 5 % en absence de traitement, soit 750 kg MS pour un maïs à 15 t MS/ha. En situation très infestée, la perte de rendement peut être supérieure à 1 t MS/ha, avec des teneurs en mycotoxines pouvant engendrer une mauvaise conservation et problème sanitaire sur le troupeau.

 

Un pic de vol en 2020 qui s'annonce précoce

La somme des températures, en base 10, depuis le 1er janvier constitue un indicateur de la précocité des premiers vols de pyrale, en complément des relevés de piégeages. On considère que l'activité des pyrales débute au bout de 350°C jours (°CJ) cumulés et qu'entre 500 et 700°CJ (seuils indicatifs), les dynamiques de vols sont à leur intensité la plus importante. C'est sur cette fenêtre qu'il y a le plus de pontes et donc de larves. Cette année, le pic de vols est en avance, notamment à cause des températures très excédentaires du mois d'avril. En effet, depuis janvier 2020, les sommes de températures sont supérieures à la normale (médiane 20 ans) pour l'ensemble du territoire normand et se rapproche des 350°CJ pour certaines zones comme le montre la carte. Dans le sud-est de l'Orne, les sommes de températures en base 10°C atteignent les 375°C au 14 juin 2020. Cela coïncide avec les relevés effectuées au cours des dernières semaines à St-Fulgent (61). Sur un secteur donné, le risque de dégâts de pyrales dépend de l'historique des pratiques de cultures, de la fréquence de culture de maïs et du mode de gestion des résidus. Une rotation courte, voire une monoculture de maïs grain, l'absence de broyage des tiges et un travail du sol limité en post-récolte du maïs sont des facteurs favorisant l'infestation de la parcelle. L'indicateur de risque le plus pertinent est le nombre de larves et de galeries observées dans les parcelles de maïs du secteur l'année précédente.

 

Les trichogrammes, des micro-guêpes pour lutter contre ce ravageur.

Pour limiter les usages des produits phytosanitaires, tout en protégeant efficacement les cultures, des méthodes de lutte alternatives existent. C'est le cas du trichogramme, un petit hyménoptère qui détruit les populations de pyrales dans les champs de maïs. La femelle de ce parasitoïde pond directement dans les oeufs de son hôte, empêchant ainsi la naissance des chenilles ravageuses.Pour que cette technique soit efficace, un bon positionnement est nécessaire. Les trichogrammes doivent être appliqués avant la ponte des pyrales, puisqu'ils viennent parasiter les oeufs, c'est-à-dire dès le début du vol des papillons. L'insecte est apporté sous forme d'oeufs, contenus dans des diffuseurs à accrocher sur les maïs ou sous forme de capsules épandables mécaniquement. Les trichogrammes sont sensibles aux conditions d'application et au contact du sol. Exposés à la chaleur, leur efficacité peut être fortement réduite. En cas de lâchers précoces sur des maïs peu développés, les diffuseurs devront être accrochés à des tuteurs ou protégés par un étui pour préserver leur efficacité. La lutte biologique doit être anticipée, les commandes de trichogrammes doivent être anticipées plusieurs semaines avant la décision de traitement.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Union agricole

Les plus lus

Déchargement d'ammonitrate par cargo.
Guerre au Moyen-Orient : quels impacts pour l'agriculture ?

Lors de la dernière session de la Chambre d'agriculture départementale le 13 mars à Bois-Guillaume, Florian Fougy, responsable…

Guerre en Iran : l’agriculture française face à un nouveau choc économique

Le 30 mars, Thierry Pouch, responsable du Service études économiques et prospective de Chambres d’Agriculture France, a fait…

Participants et intervenant réunis lors de la première journée de formation ovine du GDMA 76.
Succès pour la première journée de formation ovine organisée par le GDMA 76

Le GDMA 76 a organisé le 24 février sa première journée de formation auprès des adhérents de la section ovine. Cette…

Principales mesures de la loi de finances 2026 : quels impacts ?

Comme chaque année, la loi de finances comporte son lot de mesures générales relatives à l'impôt sur le revenu (IR), qui…

Forum des races à viande à Forges-les-Eaux

Lundi 23 mars

Organisé par le comité du concours régional et l’Association des races à viande, ce rendez-vous majeur,…

Didier Avenel, éleveur à Écretteville-lès-Baons, avec son mâle super champion blanc bleu et croisement blanc bleu et sa génisse normande au second plan.
L'excellence bovine au cœur de Forges-les-Eaux

Le 23 mars, la filière viande est passée à l'offensive lors du Forum des races à viande de Forges-les-Eaux. Sous un…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 300 €/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site L'Union agricole
Consultez le journal L'Union agricole au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal L'Union agricole