L'Union Agricole 16 juillet 2021 a 14h00 | Par L'Union Agricole

La moisson sous haute surveillance.

En 2019, une recrudescence des incendies déclenchés pendant la moisson a conduit la profession agricole et les pompiers à réfléchir comment mieux travailler ensemble.

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A l'approche de la moisson, il est important de bien réviser ses
matériels.
A l'approche de la moisson, il est important de bien réviser ses matériels. - © © JEAN-CHARLES GUTNER

Une collaboration entre le service départemental d'incendie et de secours (SDIS) et la profession
agricole s'installe progressivement. En 2020, un premier groupe d'échanges a été créé sur WhatsApp pour permettre aux agriculteurs d'informer les pompiers de l'état d'avancement de la moisson. La présidente de la chambre d'agriculture de Seine-Maritime, Laurence Sellos, assurait le lien avec le SDIS pour l'informer quotidiennement.
Cet échange a permis au SDIS de pouvoir anticiper et se tenir prêt en cas de nécessaire intervention, en mobilisant des moyens humains adéquats sur les points chauds.

UN RÉSEAU D'AGRICULTEURS

En 2021, les pompiers et la profession agricole sont allés plus loin en mettant au point une liste d'élus de la chambre d'agriculture pour être référents, que le lieutenant Lemesle, chargé de la mise en oeuvre opérationnelle, pourra contacter, toujours via l'application WhatsApp. « Ce réseau
d'agriculteurs, ce sont nos yeux qui nous permettent d'évaluer la situation, en fonction de la météo et de la pression du travail agricole. On peut alors s'organiser pour avoir une réponse plus rapide », explique le lieutenant Lemesle.
L'an dernier, ce partenariat a donné de bons résultats, « on ne s'est pas trompés là où il fallait renforcer les effectifs ». Le SDIS a également apprécié de connaître la fin de la moisson, car le département était en alerte canicule début août, au moment où la côte de Seine-Maritime accueille des vacanciers, une pression supplémentaire pour les services de secours avec la surveillance des plages. En 2022, cela pourra déboucher sur une convention, comme l'ont fait d'autres départements. « On ne se posait pas la question avant dans ce département, mais la
situation évolue avec le climat. Depuis quelques années, on a des étés très chauds. On doit s'adapter. » Parallèlement, le SDIS conseille aux agriculteurs d'entretenir leur matériel, ce
qui limitera l'ampleur des incendies. Il leur suggère aussi grâce à une vidéo sur leur chaine youtube, relayée par la profession agricole, de toujours avoir un téléphone à proximité pour pouvoir appeler les secours rapidement si besoin et de toujours connaître la localisation précise du chantier de moisson. Utiliser des tonnes à eau et des déchaumeurs attelés pour être en capacité de réagir rapidement est également un conseil avisé. « Ne pas hésiter non plus à vérifier la parcelle, voir s'il y a des cailloux », ajoute le lieutenant Lemesle. Avoir un extincteur peut être utile aussi, à condition de savoir s'en servir.
LAURENCE GEFFROY

2019, annus horribilis

Pour rappel, en 2019, l'Oise et l'Eure, deux départements voisins, ont été fortement touchés par des incendies qui ont ravagé la plaine. 2 000 hectares sont partis en fumée en quelques jours fin juillet rien que dans l'Oise. Evidemment, cette année, les conditions météo sont pour l'instant différentes de celles de 2019, mais il faut néanmoins rester sur ses gardes, l'été ne vient que de commencer.

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