L'Union Agricole 18 octobre 2019 à 06h00 | Par Catherine Hennebert

L'oignon fait la force, une histoire d'union en toute simplicité.

Avec son activité de livraison de produits fermiers, Florent Caté veut être permettre au plus grand nombre de consommer local, sain et frais.

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- © Catherine Hennebert


L'oignon fait la force est né de l'énergie de Florent Caté, un jeune homme de 27 qui a pris conscience de l'importance du bien manger suite à une grave maladie. Le principe de son entreprise créée en avril 2019 est de livrer sur tout le département des produits locaux aux consommateurs qui sont loin des centres urbains ou des magasins fermiers.
« J'ai eu une maladie grave en 2017 et cela a remis en question mon alimentation. Je mangeais n'importe quoi. De plus, j'avais très envie de monter mon entreprise. Je sentais une vraie demande de consommer local dans mon entourage. Mais tout le monde n'a pas un magasin fermier à côté de chez soi ou ne peut pas passer son temps à aller faire ses courses dans les fermes. Alors j'ai eu l'idée de créer une entreprise de livraison de produits fermiers frais sur des points relais répartis sur le département ».

Interface entre producteurs-points relais-consommateurs
L'idée était de proposer du circuit court à des clients un peu éloignés des points de vente. Florent Caté se rapproche de la chambre de commerce et d'industrie pour faire une étude de marché. Le projet va faire écho. En accompagnement avec la CCI et Rouen Normandie Création, le jeune homme est hébergé, pour un loyer modéré, dans un local de 77m² sur Seine Créapolis Sud à Petit-Couronne. Il a bénéficié d'une subvention
« Coup de Pouce » de la Région et d'un prêt d'honneur de « Initiative Rouen » qui l'ont aidé à aménager son local, installer une chambre froide et acheter un camion frigo.
« L'Oignon fait la Force » fonctionne comme une épicerie en ligne. « Les clients font leurs courses sur le site avant mercredi soir. Je passe ensuite toutes les commandes aux producteurs et je récupère tout en vrac le jeudi dans les fermes. Ensuite, le vendredi matin, il y a un travail de préparation des commandes avant la livraison, sur toute la Seine-Maritime. Tout est mis dans des sacs réfrigérés et chargé dans le camion frigorifique. Nous faisons en moyenne 350 kilomètres pour livrer environ 40 points relais. Nous livrons aussi des comités d'entreprise avec qui j'ai établi des partenariats. L'objectif est de regrouper toutes les livraisons pour mutualiser les besoins du client avec une seule livraison pour différents produits », explique le jeune homme qui était auparavant acheteur pour de grandes industries de la région. Il a donc une solide expérience professionnelle dans la logistique dont il s'est inspiré pour son nouveau métier.

Un rythme de commande soutenu
« Au début, la recherche de producteurs a été un peu hasardeuse. Certains étaient très partants, d'autres pas du tout. C'est un rythme de commande assez serré qui ne convient pas à tout le monde. Aujourd'hui, j'ai une quinzaine de producteurs de l'Eure et de Seine Maritime qui sont soit en agriculture raisonnée, soit en agriculture biologique. La gamme s'élargit au fur et à mesure. Pour le moment, je propose des légumes, des fruits, des produits laitiers, du jus de pomme, du boeuf, des volailles et du porc...Je recherche des produits secs, tels que la farine, les lentilles. ».
La communication se fait sur les réseaux sociaux et la presse locale mais c'est surtout le bouche à oreille qui profite à l'activité qui a bien démarré.  C'est pourquoi, Simon, étudiant en BTS logistique à l'Aftral (formation en transport logistique), a été embauché en apprentissage.
J'attends les analyses et je maintiens le partenariat
L'objectif de Florent Caté est de consolider la base client, qui est au nombre de 200 à ce jour, la faire grandir et élargir la gamme de produits « Pour le moment, ce sont des volumes assez restreints pour les producteurs mais ils sont très compréhensifs et me laissent du temps ».
Concernant l'accident industriel de Lubrizol, il n'y a que l'éleveur de viande bovine avec lequel il travaille qui est dans la zone touchée par le nuage de fumée. « La semaine dernière, j'ai bien senti une baisse des commandes. Je communique sur les réseaux sociaux, j'ai envoyé des mails à tous mes clients pour les rassurer sur la provenance des produits, avec une carte sur laquelle tous mes producteurs sont localisés. Pour le moment j'attends les résultats des analyses et je maintiens évidemment mon partenariat avec l'éleveur touché. On verra ensuite ».o

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