L'Union Agricole 04 janvier 2018 à 08h00 | Par Catherine Hennebert

L'histoire fécampoise valorisée

Le nouveau musée des Pêcheries de Fécamp, inauguré le 8 décembre, prend place dans une ancienne usine de traitement de poisson, réhabilitée après neuf ans de travaux.

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En 1876, le doris remplace la chaloupe. C'est un petit bateau d'Amérique du Nord, à fond plat, qui présente l'avantage de ne pas mettre tout l'équipage en difficulté. Seulement deux hommes montent sur le doris. Chaque voilier est équipé de douze doris.
En 1876, le doris remplace la chaloupe. C'est un petit bateau d'Amérique du Nord, à fond plat, qui présente l'avantage de ne pas mettre tout l'équipage en difficulté. Seulement deux hommes montent sur le doris. Chaque voilier est équipé de douze doris. - © Catherine Hennebert

Mélange d'ancien et de contemporain, le nouveau musée des Pêcheries de Fécamp s'est installé sur 4 700 m2, sur sept étages renfermant des collections très diverses toutes liées à la ville de Fécamp : la pêche, les Beaux-Arts, le musée de l'enfance et le musée cauchois.
Après avoir admiré le port du haut du Belvédère, le visiteur est très vite plongé dans l'atmosphère qui régnait à Fécamp à l'époque où la ville était un grand port de pêche morutière et harenguière.
Fécamp arme ses navires pour la morue depuis le 16ème siècle. Sous Louis XIV, une vingtaine de voiliers morutiers sont en activité. Le poisson est pêché aux larges des côtes d'Amérique du Nord sur le grand banc de Terre-Neuve. A bord du bateau, l'équipage est composé d'une trentaine de pêcheurs et un chirurgien fait partie du voyage.

Une longue campagne

La campagne de pêche dure plusieurs mois et le poisson est conservé salé dans les cales. Avant 1820, la morue est pêchée du bord du navire à partir de lignes à main. Ensuite les bateaux adoptent la ligne de fond. Longue de plusieurs centaines de mètres et munie de milliers d'hameçons, elle est posée au fond à l'aide de chaloupe. Une dizaine d'hommes prennent place dans cette grosse barque dangereuse. Le risque est grand de revenir avec seulement la moitié de l'équipage. En 1876, le doris remplace la chaloupe. C'est un petit bateau d'Amérique du Nord, à fond plat, qui présente l'avantage de ne pas mettre tout l'équipage en difficulté. Seulement deux hommes montent sur le doris. Chaque voilier est équipé de douze doris.
Fécamp arme son premier chalutier morutier à vapeur en 1905, provoquant la disparition totale de la flotte de voiliers en 1931. La propulsion moteur écourte le temps de traversée permettant d'organiser trois voyages par an. La production s'accroît mais les conditions de travail se détériorent car les pêcheurs travaillent maintenant 40 heures durant sans décoller du pont. Sur les voiliers, le travail s'arrête la nuit.

Salage en cale
Chaque jour, après avoir relevé leur ligne chargée de morue, les dorissiers rejoignent le navire. Une fois les doris remontés à bord, les hommes travaillent le poisson sur le pont avant qu'il ne soit salé en cale. A la fin de la campagne, les hommes sont payés selon le nombre de morues pêchées.
Après la seconde guerre mondiale, Fécamp est le premier port morutier de France mais le déclin débute en 1970. La pêche morutière prend fin avec la vente du dernier chalutier Le Dauphin. Le visiteur découvre la vie à bord des bateaux de pêche, les différentes techniques pour trouver le poisson, le sauvetage en mer, les différentes activités autour de la pêche qui ont fait vivre les Fécampois (tonneliers, charpentiers, fumaison du harengs...), une très riche collection de maquettes de bateaux et d'aquarelles illustrent aussi cette époque.

Les Pêcheries de Fécamp - Musée de Fécamp, 3, quai Capitaine Jean Recher à Fécamp. Tél. 02.35.28.31.99 - musee@ville-fecamp.fr

 

- © Catherine Hennebert

 

 

Le musée des pêcheries de Féccamp abrite le musée de l'enfance du docteur Dufour

A redécouvrir dans ce nouvel espace, le musée de l'enfance créé par le Docteur Dufour en 1874.
Dans les années 1890, un bébé fécampois sur quatre n'atteint pas l'âge d'un an, victime de gastro-entérite mortelle. Léon Dufour (1856-1928) est un médecin fécampois qui va lutter contre ce fléau. Ce précurseur de la puériculture attribue ce fléau au lait frelaté et au biberon au long tuyau impossible à nettoyer. Il fonde la Goutte de Lait qui distribue tous les jours des biberons de lait aux enfants des quartiers pauvres. Dans les années 1920, la mortalité à bien baissé. Parallèlement, le docteur collectionne les objets qui témoignent des soins donnés aux enfants dans toutes les cultures du monde. Il ouvre le musée de l'enfance dans les locaux de la Goutte de Lait dans lequel il rassemble biberons, berceaux, vêtements et remèdes, espérant sensibiliser les mères aux bons et mauvais comportements pour leur nourrisson.

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