L'Union Agricole 08 juillet 2020 à 08h00 | Par L.G., M.R.

Julien Denormandie, de la Ville à l’Agriculture.

Le nouveau gouvernement a été dévoilé lundi soir. A l’agriculture, c’est Julien Denormandie qui a finalement été choisi pour remplacer Didier Guillaume.

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Julien Denormandie, nouveau ministre de l'Agriculture.
Julien Denormandie, nouveau ministre de l'Agriculture. - © Wikipédia

Jean Castex a nommé son gouvernement le 6 juillet. Le successeur d’Edouard Philippe a déclaré dès sa nomination que « les priorités devront évoluer, les méthodes devront être adaptées », ajoutant sur TF1 que « l’écologie n’est pas une option ». La vague verte des municipales semble donc influencer au moins les propos de ce haut fonctionnaire issu des Républicains mais dont il a démissionné juste avant d’accepter le poste. A l’agriculture, il a nommé Julien Denormandie. A quelques jours près, Didier Guillaume n’aura pas eu le temps de finaliser sa réforme de la gestion des risques agricoles. Alors qu’il devait s’exprimer mi-juillet sur ce dossier qu’il porte de longue date, le Premier ministre lui a finalement trouvé un remplaçant. Né en 1980, Julien Denormandie est un ingénieur agronome (AgroParisTech) et un haut fonctionnaire rattaché au corps des Eaux et Forêts (Ipef), ce qui n’avait plus été le cas d’un ministre de l’Agriculture depuis le mandat de Pierre Méhaignerie (1977-1981). Il était jusqu’ici ministre en charge de la Ville et du Logement, et auparavant secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Cohésion des territoires. Proche d’Emmanuel Macron, il a été son directeur adjoint de cabinet lorsqu’il était ministre de l’Economie, et l’un des principaux artisans de sa campagne à l’élection présidentielle. Autre changement notable de ce remaniement : la députée LREM Barbara Pompili a été nommée ministre de la Transition écologique. Elue dans la Somme depuis 2012, cette ancienne d’EELV a été une fervente opposante au projet de Ferme des 1000 vaches dans son département. De 2016 à 2017, elle fut brièvement secrétaire d’État chargée de la Biodiversité, sous la présidence de François Hollande. Pas de fusion ministérielle donc ; la rue de Varenne n’a pas été rattachée à l’Ecologie ou à l’Economie, comme le craignait le syndicalisme majoritaire.Alors que des responsables de la majorité suggéraient ces dernières semaines de créer de grands pôles ministériels, notamment autour de l’écologie, Jean Castex a rejeté cette piste les colonnes du JDD, le 5 juillet : « Pour m’être souvent intéressé aux questions d’organisation et de management, je ne suis pas sûr que des périmètres trop étendus soient forcément la garantie d’une grande efficacité. »

 

Didier Guillaume surpris

Du côté de Didier Guillaume et de son équipe, c’est la surprise et la déception. « Si l’on m’avait dit il y a 48 heures que je serai là ce matin pour la passation de pouvoirs avec Julien (Denormandie, ndlr), je ne l’aurais surement pas cru ». C’est ainsi que l’élu de la Drôme a débuté son discours de passation, le 7 juillet, affichant sa surprise d’être démis de ses fonctions, et mettant en avant la dureté du jeu politique. Mais « les cimetières sont pleins de gens irremplaçables », a-t-poursuivi. Et d’enchainer par l’éloge de son successeur, de « ses qualités humaines, professionnelles, sa connaissance des dossiers agricoles et de la forêt ». Pour son premier discours, Julien Denormandie n’a pas donné signe de redirection particulière. « Je serai le ministre des agriculteurs, à leurs côtés, fier de leur travail que je connais bien, je serai le ministre également d’une alimentation française durable, accessible à tous », a conclu le nouveau ministre de l’Agriculture le 7 juillet lors de la passation de pouvoirs. Il s’est affiché dans la continuité de son prédécesseur et des Etats généraux de l’alimentation. Il n’a pas évoqué les dossiers d’actualité portés par Didier Guillaume, comme la gestion des risques climatiques, ou l’organisation d’une « grande conférence » à la rentrée sur la souveraineté alimentaire. Il a toutefois plaidé pour « renforcer à l’échelle européenne notre souveraineté », et affiché sa détermination pour que « l’agriculture et l’alimentation soient des éléments importants du plan de relance ». S’affichant enfin en homme de « dialogue », il a annoncé qu’il recevra « dans les prochains jours » syndicats et organisations professionnelles.

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