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Guilène Duboc, femme de terrains.

Passionnée de football et par son métier d’agricultrice, Guilène Duboc ne veut pas sacrifier sa vie sociale. Son efficacité et sa motivation pour son travail en dépendent.

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« Quand je joue au foot, je ne pense pas à mon travail. Ce que j’aime c’est le jeu et l’esprit d’équipe.»
© CATHERINE HENNEBERT

Guilène Duboc s’est installée en 2016 sur l’exploitation familiale (Gaec des Petits Vaux) à Saint Vincent Cramesnil. Elle est associée à son frère Edouard qui s’est installé en 2010. Elle est depuis un an la nouvelle présidente du groupement des exploitants des prairies alluvionnaires de la Seine (Gepaes). Entre son métier qui la passionne, ses responsabilités et  sa passion pour le football, la jeune femme a trouvé un équilibre de vie qu’elle juge indispensable pour être plus efficace dans son travail.
L’exploitation a 60 hectares de cultures céréalières et 65 hectares de prairies dont les deux tiers sont des parcelles inondables situées dans le marais de la Vallée de Seine et soumises au cahier des charges de réserve naturelle. Le troupeau laitier est composé de 145 vaches montbéliardes qui produisent 1,2 million de litres de lait.
« Quand j’avais 10 ans, je ne voulais pas traire, je voulais conduire le tracteur. Aujourd’hui ce sont les productions animales qui m’intéressent le plus ». Guilène Duboc a un bac S passé au lycée agricole d’Yvetot. Ensuite a elle suivi un DUT de génie biologique option agricole à Angers puis est entrée à l’Agro de Rennes. « Après mes études j’ai été embauchée au contrôle laitier de l’Orne où, durant 5 ans, j’ai appris beaucoup de choses d’un point de vue technique. Quand je suis revenue sur la ferme, j’avais un bon bagage technique qui me permet de rester critique sur les produits que l’on veut nous vendre. Nous avons deux salariés à mi-temps sur l’exploitation et mon expérience professionnelle m’a également aidée car c’est plus facile de manager quand on a été salariée soi-même ».


Taper dans le ballon et rigoler
Le football ! Cela 26 ans que Guilène le pratique et il n’est pas question d’arrêter. « J’ai toujours été mordue, c’est mon échappatoire, j’en ai besoin ! ». Elle a démarré à jouer à l’âge de 6 ans à St-Vigor-d’Ymonville. Elle a joué avec les garçons jusqu’à l’âge de 15 ans. Quand elle travaillait dans l’Orne, elle a rejoint le FC de Flers où sa combativité et son esprit d’équipe ont été très appréciés. Depuis son installation, elle a rejoint le club de Gonfreville- l’Orcher. Un week-end par mois de repos et une soirée par semaine lui permettent de participer aux entraînements et de faire quelques matchs. « Chacun a une soirée libre par semaine. J’ai bien sûr choisi le jeudi, jour d’entraînement. Quand je joue au foot, je ne pense pas à mon travail. Ce que j’aime c’est le jeu et l’esprit d’équipe. Je ne regarde pas les matchs à la télé, cela ne m’intéresse pas mais bien sûr j’ai pris des places pour aller voir les matchs de la Coupe du Monde féminine au Havre ».
Avec son travail à la ferme, ses responsabilités professionnelles qui lui permettent de défendre les intérêts des agriculteurs et sa pratique du football, Guilène a trouvé un équilibre dans sa vie. « Mon objectif était d’avoir du temps libre pour faire autre chose et ainsi rester motivée et efficace dans mon travail. Mes activités extérieures sont programmées dans la semaine, c’est très important car si je ne prenais que le temps qui me reste pour jouer au football, je ne jouerai jamais. Pour les responsabilités à l’extérieur, l’associé doit également accepter que l’autre parte en réunions. Mon frère comprend très bien mon besoin de sortir de la ferme car il a eu lui aussi une expérience professionnelle à l’extérieur avant de s’installer et il est conseiller municipal ».

Défendre les intérêts des agriculteurs
Depuis l’an dernier, Guilène Duboc est la nouvelle présidente du Gepaes. L’association regroupe une centaine d’agriculteurs, représentant environ 2000 hectares de surfaces agricoles situées dans l’estuaire de la Seine. « Notre but est de défendre les intérêts des agriculteurs et rappeler le rôle de l’activité agricole sur le marais auprès de la sous-préfète et la DREAL. En 2018, la discussion sur le 4ème plan de gestion a été houleuse. La maison de l’Estuaire part du principe que toute activité humaine est néfaste. Ils font tout pour nous mettre des bâtons dans les roues. Il a fallu se battre contre la volonté de supprimer la fertilisation des pâtures dans le marais. Nous avons avancé nos arguments et nous avons été entendus malgré tout, avec la décision d’une baisse des doses. Une étude dira s’il y a un impact ou pas sur les prairies. Il y a aussi des discussions compliquées sur les dates de fauche et sur la gestion des niveaux d’eau dans le marais que nous souhaitons plus raisonnée. Il faut être présent à toutes les réunions pour maintenir la pression en permanence. Mes études et mon expérience professionnelle m’aident dans les discussions et dans la gestion des différences de points de vue.  Avancer des arguments, trouver un compromis, tout cela me permet une ouverture vers les autres dont j’ai besoin. Cela fait même du bien parfois de se chamailler un peu pour défendre nos intérêts ».

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