L'Union Agricole 30 septembre 2020 a 19h00 | Par L.G.

En lait, l’alimentation s’automatise de plus en plus.

Une conférence sur les bâtiments s’est tenue lors du Space à Rennes, de façon virtuelle le 15 septembre, coronavirus oblige. Thème : l’automatisation de l’alimentation des bovins laitiers et son impact sur les bâtiments.

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Robot d’alimentation Lely.
Robot d’alimentation Lely. - © PIXABAY

En atelier bovins lait, il existe deux contraintes majeures pour l’éleveur. La traite, estimée à 50 % du temps total d’astreinte. Pour y remédier, les robots de traite se sont fortement développés ces quinze dernières années. En seconde place, l’alimentation représente 28 % de ce temps. Pour l’automatiser afin de faire baisser le temps d’astreinte, il existe aujourd’hui cinq familles d’équipements, selon le niveau d’automatisation : le robot mélangeur/distributeur, avec stockage en cellules ou au sol, les mélangeuses fixes avec robot distributeur, avec ou sans stockage, les robots distributeurs pour les rations de foin et le robot complet qui s’approvisionne en cellule, mélange et distribue.

Les conseillers bâtiments sont de plus en plus souvent questionnés sur ce type de robots et l’aménagement des bâtiments.

Une étude a été mise en place par l’institut de l’élevage et ses partenaires des chambres d’agriculture il y a trois ans. Les résultats seront communiqués dans un document écrit en octobre 2020, mais le Space a permis de médiatiser quelques éléments. Les enquêtes en élevage ont été menées dans l’Ouest de la France.

Depuis 2012, l’offre en robot d’alimentation s’est multipliée avec l’augmentation de la taille des troupeaux, la conduite en lots et la diminution du pâturage. On recense une douzaine de marques de constructeurs sur ce créneau. Positionnement d’une cuisine (où sont stockées une partie des ingrédients et la ration préparée de façon automatisée), circulation…

Quelles sont les conséquences, ainsi que le temps gagné et les coûts ? Il existe plusieurs systèmes de locomotion des robots. Sur roues ou suspendus sur rails. Les premiers étaient sur rail mais il est préférable d’opter pour les roues s’il y a plusieurs bâtiments loin les uns des autres ou pour éviter une contrainte sur la charpente. Le rail permet de pousser au dessus des circuits sales, il permet le mélange et la distribution en simultané sans apporter de contraintes au sol. La conception des bâtiments est alors différente (bétonnage du sol, type de charpente, pente, largeur des couloirs…). Chaque modèle a néanmoins sa place.

 

Réduire le temps en cuisine

L’enquête révèle que l’alimentation est optimisée avec six distributions par jour. Le temps passé à l’alimentation, 50 à 70 % correspond à l’approvisionnement de la cuisine, c’est donc ce que l’on cherche à réduire en premier. Le reste concerne le nettoyage de la cuisine, l’entretien du matériel. Pour réduire le temps passé à approvisionner la cuisine, cela dépend du type d’équipement mais aussi de l’éloignement du stockage primaire de la cuisine, la fréquence d’approvisionnement, la durée de conservation des aliments et du type d’approvisionnement (1 à 2 jours en vrac ; 2 à 3 jours en cube).

Quel gain de temps peut-on espérer ? Par exemple, pour un élevage moyen de 280 vaches laitières, le calcul a été fait. Le temps passé par jour en hiver avant automatisation est de deux heures en moyenne, il est de 53 minutes après automatisation, dont 33 minutes pour l’approvisionnement. Le gain n’est pas que sur le temps mais aussi sur la pénibilité pour l’éleveur, davantage de flexibilité et plus de facilité pour être remplacé le week-end. Concernant le coût, il se divise en trois parties : investissement, fonctionnement et main-d’œuvre.

Pour l’investissement, il est compris entre 150 000 à 350 000 euros. Il y a des coûts induits non négligeables à avoir en tête : cuisine à construire, (150 euros le m2), cheminement bétonné avec les systèmes à roues (35 euros le m2), portails à automatiser, silos à reconstruire si trop éloignés… Le taux d’équipement progresse en France, avec d’après l’Institut de l’élevage, une quarantaine par an en bovins, soit 200 élevages équipés en 2020.

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