L'Union Agricole 08 novembre 2018 à 18h00 | Par Catherine Hennebert

Connaître le cycle biologique du frelon asiatique.

Eric Darrouzet travaille à la mise au point d'outils de lutte contre le frelon asiatique, prédateur de nombreux insectes dont notre abeille domestique.

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Une étude a montré que la destruction de 95% des nids pourrait faire descendre de façon drastique la population de frelons
Une étude a montré que la destruction de 95% des nids pourrait faire descendre de façon drastique la population de frelons - © D.R.


Organisé par le Syndicat national d'apiculture, l'association francophone d'apithérapie et le syndicat apicole de Haute- Normandie, le premier congrès international d'apiculture et d'apithérapie s'est déroulé à Rouen du 25 au 28 octobre. Durant ces trois jours une trentaine de conférences de haut niveau scientifique a été proposée à destination des apiculteurs professionnels et amateurs. L'une d'entre elles a attiré beaucoup de monde : la conférence du docteur Eric Darrouzet sur le frelon asiatique (vespa velutina) .
Le frelon asiatique vient de Chine, de la province de Shanghaï. Il a été introduit en France de façon tout à fait accidentelle il y a 14 ans. A l'époque, il est vraisemblable qu'une seule reine ait voyagé dans un camion jusqu'en France et aujourd'hui, ce sont les transports humains qui restent responsables de son extension rapide dans toute l'Europe. Aujourd'hui que savons-nous de cette espèce invasive qui pose des problèmes d'ordre écologique, économique et sanitaire ?

Transport humain responsable
Les apiculteurs sont largement touchés mais le secteur viticole commence à l'être également, ainsi que les élagueurs.
L'abeille domestique Apis mellifera semble incapable de se défendre contre ce prédateur et depuis quelques années maintenant des travaux de recherche ont été entrepris pour mieux connaître la biologie et l'écologie du frelon asiatique dans le but de mettre en place des outils de lutte adaptés, sélectifs et efficaces.
L'individu est donc arrivé il y a 14 ans, libre de tous prédateurs. Il a connu une période bénie où il a pu se reproduire. Aujourd'hui il est en interaction avec des parasites (conops vesicularis), des virus, des bactéries et des prédateurs (pic épeiche, mésange, corneille, guépier).
Les scientifiques ont également observé l'apparition d'une forte homogénéité génétique et des conditions de consanguinité qui ont des conséquences sur les colonies qui s'appauvrissent. Elles sont plus petites et ont moins d'ouvrières et de reines à féconder.
En matière de lutte, une étude a montré que la destruction de 95% des nids pourrait faire descendre de façon drastique la population de frelons à un niveau socialement acceptable.

Des pièges sélectifs
Pour Eric Darrouzet, des campagnes de lutte soutenues doivent donc être mises en place au sein des communes. Le frelon ayant une activité essentiellement diurne, il est conseillé de traiter le nid de jour et de le retirer au bout de 48 heures, une fois que toute la colonie y est revenue.
Aujourd'hui, le problème est de trouver les nids. Des études de repérage avec une caméra thermique fixée sur un drone semblent donner des résultats encourageants.
D'autres études sont réalisées sur le piégeage sélectif qui utilise les systèmes de communication chimique du frelon (phéromone d'alarme et phéromone sexuelle). Des tests seront réalisés sur le terrain en 2019 avant de pouvoir le proposer aux apiculteurs.

Bien connaître  le cycle biologique du frelon asiatique pour mieux lutter
De janvier à mars, les futures reines sont endormies. Elles se sont isolées dans des litières, de vieux troncs d’arbres ou des cavités creusées par d’autres insectes. Une forte mortalité, de 95% en moyenne est observée au cours de cette période de dormance
De mars à mai, les futures reines qui ont résisté sortent de leur état de dormance et vont commencer à établir un premier nid, appelé nid primaire, pour fonder une colonie. La fondatrice va produire et élever les premières ouvrières.
Jusqu’à fin août-septembre, la reine va développer sa colonie. Elle construit un nid principal, de plus grande taille. Les ouvrières qui ont une durée de vie de 30 jours environ grandissent en taille tout au long de la saison. A la fin de cette période de croissance du nid, il est possible d’y dénombrer jusqu’à 2 000 individus.
Début octobre, c’est la phase de reproduction. Les femelles sexuées et les mâles quittent le nid pour s’accoupler. Le plus souvent, la reine qui a fondé la colonie initiale meurt avant que les individus sexués quittent le nid. Seules les futures reines (les gives) vont hiverner, les mâles, les larves et ouvrières restantes meurent. Le nid est alors abandonné et fini par être détruit par les intempéries.

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