L'Union Agricole 01 juin 2017 a 08h00 | Par C.D.

Comment améliorer la manipulation de ses animaux

A l'Inra, Xavier Boivin a travaillé sur l'amélioration de la relation homme-animal.

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Xavier Boivin, éthologiste à l'Inra de Theix : « Les vaches aiment particulièrement les caresses sous le cou. Lorsqu'elles apprécient, elles tendent le cou et baissent les oreilles. »
Xavier Boivin, éthologiste à l'Inra de Theix : « Les vaches aiment particulièrement les caresses sous le cou. Lorsqu'elles apprécient, elles tendent le cou et baissent les oreilles. » - © D.R.

Une interaction positive avec son troupeau permet à l'exploitant de travailler en sécurité, sans perte de temps et de manière agréable. « La satisfaction de l'agriculteur est aussi un enjeu. Il est toujours plus valorisant de montrer un troupeau calme, sachant qu'il est à l'image de l'éleveur. L'impact économique est également à prendre en considération. En effet, la peur et le stress de l'animal engendrés par des manipulations aversives de l'homme aboutissent à des conséquences sur la quantité et la qualité de la production », constate Xavier Boivin, éthologiste à l'Inra de Theix. Le dernier enjeu, si on se place du point de vue de l'animal, tient compte des questions de bien-être et des souffrances animales pour lesquelles le grand public porte de plus en plus d'intérêt.
La généralisation de la mécanisation, l'augmentation de la taille des troupeaux... ont eu pour résultats une diminution du nombre de contact direct entre l'éleveur et ses animaux. « Les contacts aversifs stressants (fouille, interventions vétérinaires douloureuses...) sont importants, d'où une peur accrue des animaux face à l'homme. Il faut avoir conscience qu'un nombre d'interactions positives supérieures (distribution de l'alimentation, caresses...) à celles négatives est absolument nécessaire pour obtenir une bonne relation et ainsi faciliter la manipulation », évoque Xavier Boivin. « Il faut en outre changer son comportement au quotidien. Lors d'une réaction non souhaitée de l'animal, il faut essayer de comprendre pourquoi celui-ci a réagi ainsi avant d'agir. Par exemple, un animal se met de travers dans le couloir de contention et bloque les autres. Au lieu de taper sur le dernier du groupe (non fautif) pour faire avancer l'animal en cause, il est plus judicieux de se rendre vers celui-ci et analyser la situation pour adapter la solution. Sinon l'animal « puni » inutilement ne peut que se souvenir de ce mauvais traitement.»

La méthode « Quality Handling »
« En collaboration avec des Australiens, le projet européen de recherche Welfare Quality a développé un kit de formation multimédia construit pour aider les éleveurs à améliorer leurs rapports avec les animaux. Intitulé « Quality Handling », il a pour objectif de réduire le stress à la manipulation et dans le même temps d'améliorer le bien-être, la facilité de manipulation et la productivité. Il s'agit d'une formation par petits groupes, incluant des espaces de discussions. Un logiciel de formation a été développé et adapté en français. Il utilise une approche cognitive et comportementale afin de cibler les habitudes des éleveurs qui peuvent apparaître comme difficiles à changer », explique Xavier Boivin. « Welfare Quality » lancé en 2004 pour sept espèces animales a été conduit par 13 pays européens et 4 pays d'Amérique.

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