L'Union Agricole 15 mars 2019 à 09h00 | Par L'Union Agricole

« Apporter de la valeur ajoutée à nos produits. »

Les participants à l'assemblée générale de la FNSEA 76, mardi 5 mars à Fauville-en-Caux, ont souligné la nécessité de renforcer les agriculteurs dans leurs négociations avec l'aval.

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Stéphane Donckele, secrétaire général de la FNSEA 76, a commencé son rapport d'activités en rappelant les pressions autour de l'eau et de la biodiversité qui pèsent sur les agriculteurs.
Stéphane Donckele, secrétaire général de la FNSEA 76, a commencé son rapport d'activités en rappelant les pressions autour de l'eau et de la biodiversité qui pèsent sur les agriculteurs. - © L.G.

Stéphane Donckele, secrétaire général de la FNSEA 76, a commencé son rapport d'activités en rappelant les pressions autour de l'eau et de la biodiversité qui pèsent sur les agriculteurs. « Les relations avec les syndicats des bassins versants se tendent un peu, sur le dossier des retournements de prairies. J'appelle au bon sens. Je rappelle que les bassins d'alimentation de captages pour l'instant sont le fruit de démarches volontaires. L'exception, c'est la protection des bétoires, mais qui peut permettre de résoudre 80 % des problèmes ».

Sur le dossier du lait, le secrétaire général, appuyé par Marie-Thérèse Bonneau, représentant la FNPL, a rappelé que les effets des Etats généraux de l'alimentation ne sont pas encore visibles, le léger mieux provenant davantage d'un effet conjoncture. Un éleveur dans la salle s'interroge sur les promotions de Carrefour avec 50 % de remise sur le deuxième produit Danone ou 60 % sur des lardons. D'après lui,« de sacrées sommes qui nous passent sous le nez ». Marie-Thérèse Bonneau regrette que les hypermarchés misent « toujours sur le prix le plus bas ».

 

Table ronde sur la PAC

Stéphane Donckele rebondit en rappellant l'importance d'aller vérifier régulièrement les étiquettes dans les magasins pour pouvoir signaler les anomalies et les fraudes,comme de la viande étrangère étiquetée viande bovine francaise, par exemple. « Le signaler à la DGCCRF n'est pas inutile. »Interpellé, Jocelyn Pesqueux, de l'interprofessionlaitière régionale, insiste sur le pas à faire vers le consommateur, en relançant les fermes ouvertes ou en médiatisant la charte des bonnes pratiques d'élevage. Soigner son image est un nouvel enjeu pour les agriculteurs trop souvent victimes d'agribashing. Cela concerne le bien-être animal, mais aussi l'utilisation des phytos.« Une bataille difficile », souligne Daniel Peyraube, président de l'AGPM, remplaçant au pied levé Philippe Pinta de l'AGPB.« La réduction de l'utilisation des phytos,ce n'est pas zéro phytos »,rappelle-t-il. La recherche et l'expertise scientifique doivent permettre d'avancer sur le dossier.

La table-ronde proposée par la FNSEA 76 a porté sur la PAC, avec des témoignages de représentants espagnol et belge. Joseph Puxeu est agriculteur en Espagne, viticulteur et producteur d'olives et de cerises. Pieter Verhelst est salarié de la Boerenbond,équivalent de la FNSEA en Belgique flamande. La question posée par Arnold Puech d'Alissac qui animait les débats est simple : est-ce que l'Union européenne(UE) vaut le coup ? « On est challengé par les pays de l'est qui de concurrents, sont passés membres de l'UE ». Daniel Peyraubesouligne qu'il faudrait qu'ils soient plus autonomes. Pour Marie-Thérèse Bonneau, la question n'est pas de sortir du marché unique mais d'avoir les mêmes règles du jeu à l'interieur. « Les produits que l'on exporte sont de plus grande qualité que ce que l'on importe. »

Pour la Belgique, le marché national intérieurest très petit et le marché extérieur très grand.« Nous allons vers de la valeur ajoutée plutôt que du standard, explique Pieter Verhelst. On exporte de plus en plus de frites congelées par exemple. » Pour le Belge, la PAC n'est plus « politique mais davantage économique ».

Pour l'Espagnol,« le marché européen paye bien mais n'est pas suffisant en taille. De nouveaux acteurs, la Chine et l'Inde, sont très actifs. Le marché intérieur de l'UE doit être notre priorité sion ne veut pas que d'autres y arrivent. »Concernant les nouveaux membres del'UE, pour lui, « beaucoup sont disposés à prendre l'argent mais pas à en mettre sur la table ».

Marie-Thérèse Bonneau pense qu'il va être« difficile de donner davantage de valeuraux produits avec les entreprises qui le sont volontairement standardisés pour en faire un minerai. Comment rendre la valeur à la matière première ? On est arrivé enbout de course ou quand c'est gratuit, c'est encore trop cher. » En conclusion, tous sont d'accord sur le fait qu'il faille renforcer les agriculteurs dans leurs négociations,car la pression est toujours très forte.

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