L'Union Agricole 19 février 2021 a 10h00 | Par Catherine Hennebert

Adapter les bâtiments d’élevage laitier aux conditions chaudes.

Le centre national interprofessionnel de l’économie laitière (Cniel) propose un plan d’action pour protéger le troupeau laitier des chaleurs estivales.

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- © Franck Mechekour

Face au constat de températures estivales de plus en plus élevées, le Cniel a travaillé sur la gestion de la chaleur dans les bâtiments d’élevage et propose aujourd’hui un plan d’action. Avant d’investir, il y a parfois des solutions simples et efficaces à mettre en place. Elles ont été présentées lors du webinaire sur l’adaptation des bâtiments d’élevage laitiers aux conditions chaudes le 12 janvier dernier.Il a été rappelé qu’à partir de 21°C ressenti, une vache laitière commence à souffrir et son comportement en est impacté : « les animaux ne pâturent plus beaucoup, ils restent debout la plupart du temps pour évacuer la chaleur, le temps de rumination est raccourci, le temps de couchage également, il y a davantage de salivation. Une baisse de la production laitière est constatée, pouvant aller jusqu’à 9 litres, et la composition du lait est modifiée. Cela a également des impacts sur les vaches gestantes et sur la carrière des génisses » précise Bertrand Faggo, chef de projet à l’institut de l’élevage.

 

De l’eau à disposition et des fourrages appétents

Dans son plan d’action pour limiter l’impact du stress thermique, le Cniel propose de prendre les choses dans le bon ordre en commençant par s’inquiéter des conditions d’abreuvement. C’est souvent le parent pauvre. Il doit y avoir une bonne répartition des abreuvoirs dans le bâtiment (un tous les 15-20 mètres maximum), avec un bon dégagement autour pour éviter les agglutinements, une eau toujours propre et un bon débit (15-20 l/mn). Des abreuvoirs supplémentaires peuvent être apportés si nécessaire l’été.

En second lieu, il est important d’être vigilant sur la conservation des fourrages pour mettre à disposition des aliments qui restent appétents. Par rapport à la bonne conservation des fourrages, il faut contrôler la température du silo, veiller à un bon tassage à la récolte, orienter les silos d’été à l’ombre, respecter une vitesse d’avancement quotidienne de 30 cm en cas d’été très chaud. La distribution du fourrage peut être adaptée, plus tôt le matin et plus tard le soir pour garder une ration la plus fraîche possible. Il est très important de veiller à ce que l’auge soit protégée des rayonnements.

En prairies, les animaux ont besoin d’ombre. Si cela n’est pas possible, il peut être envisagé de garder les vaches en production dans le bâtiment durant les après-midis chaudes. La plantation de haies et d’arbres peut être envisagée à long terme mais pour agir rapidement, abris et voile d’ombrage peuvent être des solutions, elles sont coûteuses malgré tout.  En l’absence de prairies ombragées, le pâturage de nuit peut être privilégié.

 

De la lumière mais pas de rayonnement

Une des priorités pour augmenter le confort des animaux l’été est la réduction du rayonnement. Cela passe par plusieurs points : éviter le rayonnement direct, limiter les translucides en toiture, isoler les toitures sur le rampant sud, réduire les hauteurs de maçonnerie, fermer les ouvertures en fonction de la course du soleil, limiter les tôles éclairantes surtout sur les rampants sud et ouest. Le blanchiment des translucides avec de la peinture d’ombrage permet de laisser passer la lumière mais pas la chaleur. Une grande vigilance est à porter sur le côté ouest qui est souvent compliqué à gérer. Pour le côté sud, la solution peut être d’adopter les débords de toiture.

Il faut ensuite se pencher sur l’humidité du bâtiment. C’est un ennemi l’hiver mais également l’été : la ventilation par l’ouverture des bâtiments, le choix de matériaux absorbants en logettes, la fréquence de nettoyage des aires d’exercices sont des points importants pour améliorer l’ambiance de l’environnement.

Shelt-air est un nouvel outil de diagnostic et de dimensionnement pour une bonne ventilation naturelle des bâtiments. L’institut de l’élevage va démarrer son déploiement de façon imminente (www.shelt-air.com).

 

Ventilation mécanique pour augmenter les vitesses d’air

Dans le cas de l’implantation d’un nouveau bâtiment, il faut veiller à laisser la façade le plus possible exposée au vent. L’objectif est d’augmenter les vitesses d’air en ouvrant davantage les bâtiments et en créant des décalages de toitures et de casquettes.

Il existe un panel de solutions pour aménager des entrées d’air libre, afin d’apporter des vitesses d’air sans chaleur supplémentaire. Peut venir ensuite la solution mécanique pour favoriser le renouvellement de l’air. L’objectif de la ventilation mécanique est d’apporter de l’air sur le flan des animaux. L’aire d’attente, premier lieu d’inconfort, les aires de couchage et d’alimentation doivent être privilégiées dans ce cas, avec un objectif de vitesse d’air de plus d’un mètre par seconde au niveau de l’animal. En matière de ventilation mécanique, une nouvelle génération de matériels permet d’obtenir des longueurs et largeurs d’action plus importantes, avec un niveau sonore moindre.

 

Renseignements auprès de Bertrand Fagoo, chef de projet à l’institut de l’élevage : bertrand.fagoo@idele.fr et Dominique Lagel, ingénieur au bureau technique de la production laitière : d.lagel@btpl.fr

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