L'Union Agricole 02 septembre 2020 à 20h00 | Par Catherine Hennebert

A la découverte des plus beaux colombiers normands.

Sabine Herouard est une passionnée des colombiers depuis qu’elle est enfant. Elle vient de sortir son second livre sur le sujet : « Colombiers remarquables de Normandie » aux éditions des Falaises.

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La façade en silex noir du colombier de Cauville-sur-Mer est unique.
La façade en silex noir du colombier de Cauville-sur-Mer est unique. - © Sabine Derouard

Autrefois, il y avait un colombier par paroisse en Normandie. Aujourd’hui il en reste environ 1 000 en bon état dans notre région. « Les colombiers, je suis plongée dedans depuis ma jeunesse. Je parcourais la campagne cauchoise à bicyclette pour les débusquer, la passion est née doucement et a progressé en fonction de mon temps disponible », explique Sabine Herouard dont c’est le second livre. En 2000, était paru Colombiers du Pays de Caux aux éditions Charles Corlet. « J’ai écrit le premier livre pour sensibiliser les propriétaires à la sauvegarde de leur colombier. En 1998, le petit patrimoine n’était pas très côté ». Sabine Herouard a travaillé au centre départemental du tourisme et quand elle a pris sa retraite, elle s’est remise à travailler sur un second ouvrage. Durant 30 ans elle a réalisé une sorte d’inventaire des colombiers en Normandie. Pour son livre, elle a parcouru près de 5 000 kilomètres pour les revisiter et sélectionner les plus beaux, les mieux entretenus et les plus visibles.« Certains sont visibles de la route. D’autres se trouvent dans des propriétés privées qui ouvrent leurs portes une à deux fois dans l’année. Mon livre n’est pas un inventaire. L’ouvrage aborde la grande histoire des colombiers et développe les spécificités architecturales normandes. J’ai ensuite sélectionné 50 colombiers qui sont particulièrement exceptionnels dans les 5 départements. Pour chacun, j’explique son histoire par rapport à son environnement, dans un clos-masure, près d’un château… ». Même si Sabine Herouard reconnaît que le colombier du Manoir d’Ango à Varengeville-sur-Mer est parmi les plus beaux.

 

SES COUPS DE COEUR

Le colombier de Cauville-sur-Mer en Seine- Maritime, construit en silex taillé noir et blanc. « Il n’y a pas de silex noir ailleurs. Ce matériau vient des falaises ». En Seine-Maritime, beaucoup de colombiers ont été modifiés dans les années 50 et sont devenus des poulaillers, des bâtiments pour le bétail. Aujourd’hui certains retrouvent une seconde vie en devenant des hébergements touristiques. Autre bâtiment remarquable, le colombier octogonal du château du Troncq dans l’Eure. « Ouvert au public, on peut encore y voir le système pivotant et un lanterneau, là où les pigeons entraient ». Dans le Calvados, deux types de matériaux sont utilisés, le bois et la pierre. « Le pays d’Auge est le seul endroit où on trouve des colombiers à pans de bois. J’aime particulièrement le colombier du Manoir de Livarot qui est muni de boulins en argile ». Dans la Manche, il y a un peu moins de colombiers que dans les autres départements mais celui de l’abbaye de la Lucerne est vraiment très particulier car il est à ciel ouvert. « Cela est très rare. L’intérieur est habillé de boulins en schiste ». Dans l’Orne, dans le joli village du Val au Perche, le colombier du château de l’Hermitière est d’accès libre à l’extérieur et se visite lors des journées du patrimoine. « Les colombiers de l’Orne sont restés très authentiques avec leur boulins.» En Normandie, le « colombier à pied » est unique. Symbole de pouvoir et de richesse, il exprimait l’autorité seigneuriale. « Les seigneurs voulaient montrer leur puissance et apportaient un certain raffinement à ces édifices construits à proximité des manoirs et châteaux ». Le droit de colombier a été l’un des premiers droits qui a été supprimé à la Révolution française. Mais il était important d’allier élégance et fonctionnalité car le colombier était destiné avant toute chose à l’élevage intensif des pigeons. La chair des pigeonneaux était très recherchée car c’était de la nourriture fraîche à l’époque où on mangeait de la viande fumée et salée. Et puis les fientes de pigeon, la colombine, fournissait également de l’engrais pour les jardins.

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